L'édito : Au nom du pote

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L'édito par Léo Faure... 

On est tous ou presque venus à ce sport par ce biais-là. Un mimétisme. Un pote, un jour, une école : « Tu viens au rugby ? ». Le premier réflexe sportif, en France comme partout sur la planète, se nommait pourtant football. Le sport roi, qui écrase tout, s’impose comme une évidence quand, à l’heure de rentrer à l’école primaire, l’enfant choisit une activité du mercredi après-midi.

Évidemment, tous n’y sont pas restés. Le sport individuel, l’accomplissement pour soi, a pris sa part du grand gâteau. D’autres sports collectifs également. Le basket-hand-volley, répondant au sarcasme de « sports de gymnase », ont profité de leur exposition scolaire pour se trouver des initiés. Et le rugby, donc ? On y vient presque toujours par la transmission.

C’est un père qui a joué, Serge Blanco du village, Richie McCaw du quartier dont on a, enfant, entendu mille fois compter les exploits un brin romancés. C’est un oncle qui vous jure que vous trouverez au rugby toute la convivialité qui vous manque ailleurs, confortablement assis sur ces sacro-saintes valeurs.

C’est un copain, surtout, qui vous prend par la main pour vous y conduire. On va au rugby pour les potes, avant d’y rencontrer une passion. On y va pour le « chocolat chaud du samedi », comme le rabâche Bernard Laporte dans ses tournées de clubs amateurs. Ce sont les bagarres de boulettes de boue, le ventriglisse sous l’orage, les séants collés aux vitres et les douches trop chaudes en été, trop froides en hiver. Et au milieu, il y a un ballon.

C’est cette histoire que nous raconte ici Anthony Jelonch. Celle d’un gamin de la terre, un rural, fier représentant d’un Gers bocager et adorable, parti à Castres pour voir plus grand et parti à Toulouse pour voir plus proche. Jelonch voulait se rapprocher de son Gers. Il voulait aussi se rapprocher de son pote, Antoine Dupont, avec qui il faisait les ventriglisses, les boulettes et les douches quand ils étaient enfants.

C’est l’histoire du rugby. C’est encore celle de Louis Carbonel et Melvyn Jaminet, minots de Toulon, éduqués à la passion de Mayol et qui ne rêvaient que de revêtir le Muguet. Carbonel l’a fait, Jaminet s’est épanoui ailleurs. Mais l’amitié, qui les tient depuis l’école de rugby, est plus forte que l’export. Ils nous parlent ici de rugby (page 26) sans vraiment en parler : ils racontent l’amitié, les goûters, les tournois de beach rugby où le sportif fait moins de souvenirs que les apéros. Carbonel et Jaminet, qui s’affrontent ce week-end, se jurent qu’ils rejoueront ensemble, un jour. Ils l’ont déjà fait en bleu. Ils aimeraient le faire en club. Au nom de l’amitié. Au nom du pote.

Midi-Olympique.fr
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