L'UBB, les moissons du ciel

  • L’alignement girondin, dont Cameron Woki et Alexandre Roumat, est un point fort reconnu par tous les observateurs.
    L’alignement girondin, dont Cameron Woki et Alexandre Roumat, est un point fort reconnu par tous les observateurs. Midi Olympique - Aurélien Delandhuy
Publié le , mis à jour

Les Girondins s’appuient sur une touche de premier plan. Un atout maître que les joueurs policent chaque jour un peu plus.

L’UBB est revenue de Castres avec le regret de la victoire évaporée mais la satisfaction des deux points ramenés d’une destination à risque. De ces quatre-vingts minutes riches en péripéties, on conserve aussi ce souvenir : onze ballons adverses piqués en touche. La bataille des airs fut la colonne vertébrale de la performance bordelaise, ce sera l’un des fils rouges de la saison qui s’annonce. Mais on sait que cette moisson divine résulta d’un vrai choix du staff de Christophe Urios qui avait décidé de "grandir" son alignement, au risque de souffrir sur des ballons portés.

Les sessions spéciales ont lieu le mardi matin sous l’autorité de Julien Laïrle. Un travail acharné si l’on en croit les protagonistes, pas une simple série de répétitions. Jandré Marais, le deuxième ligne sud-africain, a participé à l’orgie de Castres. Il nous explique : «On travaille très très fort là-dessus. J’espère que cela intimide un peu les adversaires. Je me dis que si je me retrouvais face à une équipe capable de chiper onze ballons, je me poserais des questions. Je pense que je vais être opposé mon frère Retief, qui est un très bon contreur aussi. On l’a vu ce matin à la vidéo. Nous nous sommes lancé une sorte de défi.»

Les Bordelais retrouveront en face d’eux une autre connaissance : l’entraîneur Jeremy Davidson qui fit partie du staff de l’UBB en 2017-2018. «Il connaît quelques joueurs. Il a travaillé avec Alexandre Roumat, Cameron Woki avec Mahmadou Diaby. Mais tout a beaucoup changé avec l’arrivée de Guido Petti.» Le joueur argentin est en Australie. Il participe au Rugby Championship avec les Pumas. Mais Christophe Urios nous avait confiés un jour que ce Petti était un vrai passionné de la touche. Marais confirme : «Il nous a amené beaucoup de confiance et d’expérience. Il aime prendre la charge de ce secteur. Je pense qu’il a apporté beaucoup de confiance à Alex et à Cameron.» Le Sud-Africain poursuit : «On ressent tellement de plaisir quand on prend un ballon sur lancer adverse. Normalement, ça arrive quand tu es sous pression. À Castres, nous avons pris deux ou trois ballons dans nos 22 mètres. C’est comme quand on prend un ballon en mêlée à cinq mètres de notre ligne, tu prends une confiance énorme pour la suite du match. Parce que si tu fais une bêtise, tu te dis que tu as la touche pour la rattraper. C’est associé à de bons souvenirs. Je me souviens que l’an passé, nous avons gagné à Clermont et au Racing grâce à des ballons interceptés près des lignes.»

La touche reste un chantier

Jandré Marais ne cache pas que derrière chaque touche "sensible", il reste un dilemme : «Quand tu sais que ton point fort ce sont les airs, tu sais aussi que si tu ne prends pas le ballon, tu te retrouves en position de faiblesse à la retombée face au ballon porté adverse. C’est donc un risque que tu prends et tu dois donc être très fort. C’est le capitaine de touche qui décide et c’est vrai, c’est une grosse responsabilité. En principe, c’est Guido qui occupe cette fonction. En ce moment, c’est Alexandre Roumat puis Cameron. Il existe une liste sur laquelle je suis sept ou huitième et j’espère que ça ne va pas m’arriver», ajoute-t-il en riant.

Mahamadou Diaby n’est pas un pur sauteur mais il sait parfaitement ce qu’il doit faire dans chaque "ballet" qui s’enclenche quand un talonneur esquisse son lancer. Il y a l’avant - les blocs qui se mettent en place - et l’après : «Je peux vous dire que les séances du matin sont très dures. Mais nous avons des joueurs intelligents, tout notre boulot commence à porter ses fruits. Mais ce n’est pas facile, c’est un chantier. Personnellement, j’aime contrer sur les touches défensives, il peut m’arriver de sauter sur nos lancers. Mais l’équipe va en principe se concentrer sur les joueurs plus grands que moi. Mais il faut prendre en compte qu’après la touche, il y a tout un déroulé d’action prévu. Par rapport à l’endroit où je dois me trouver par la suite, il peut m’être difficile de sauter. Après, je participe forcément aux blocs de saut (comme lifteur, N.D.L.R.), tous les joueurs de l’alignement y sont impliqués. Mais il y a des sauteurs prioritaires…»

Le flanker évoque un vrai plan de bataille détaillé comme il se doit dans les entrailles du stade André-Moga. «C’est l’un des secteurs où il y a le plus de stratégie. Julien Laïrle insiste énormément dessus. On bosse ça dès le lundi, quand on reçoit des vidéos des adversaires. Il y a des joueurs qui sont dédiés à ça. On pense qu’il suffit de sauter et d’annoncer alors que c’est un gros boulot d’analyse. Mais en fait tout le monde regarde la vidéo, on n’a pas trop le choix (rires). Le staff sait qui a regardé ou pas les images. Même les demis de mêlée participent à notre préparation pour avoir cette connexion quand on livre le ballon.»

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Jérôme PREVOT
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