Dans les pas du staff des Bleus, pour leur rentrée des classes

  • Au CREPS de Toulouse, Fabien Galthié et ses adjoints se sont entraînés à entraîner pendant trois jours cette semaine
    Au CREPS de Toulouse, Fabien Galthié et ses adjoints se sont entraînés à entraîner pendant trois jours cette semaine Midi Olympique.
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Au CREPS de Toulouse, Fabien Galthié et ses adjoints se sont entraînés à entraîner pendant trois jours cette semaine. L’occasion de peaufiner le cadre de préparation mais aussi de se pencher sur les dossiers chauds du moment dont la constitution du groupe de quarante-deux éléments amenés à défier l’Argentine, la Géorgie et la Nouvelle-Zélande.

Lundi, tous les regards du rugby français étaient rivés sur l’Olympia où Antoine Dupont, meilleur joueur du Tournoi 2021, et Melvyn Jaminet, révélation de la tournée australienne, se voyaient couverts d’honneurs. Pendant ce temps, à 600 kilomètres de là, Fabien Galthié et ses adjoints travaillaient dans l’ombre, au CREPS de Toulouse. Les têtes pensantes du XV de France ont passé trois jours dans ce complexe sportif de la Ville rose aux airs de mini-Marcoussis. Toutes les habitudes du CNR étaient fidèlement respectées, à la minute près, chronomètre en main ou compte à rebours installé au bord du terrain et ponctué par une sonnerie pour signifier la fin d’une séquence : le cadre, le contenu des entraînements, le travail d’analyse vidéo. Le discours de Fabien Galthié, aussi, avec quelques grandes leçons assénées à la volée, comme lors de la présentation de mardi après-midi : « On ne s’enlise pas à faire du rugby devant la défense », « d’abord on joue l’homme puis après les espaces » ou même « va sur le terrain, participe, ne sois pas timide »…

Les conditions du réel

À la place des habituels internationaux, les entraîneurs nationaux se sont retrouvés face aux moins de 16 et de 17 ans de l’académie de Toulouse puis face aux moins de 20 ans. Ces deux groupes de quarante-deux joueurs ont pris la place de leurs glorieux aînés afin de permettre à l’encadrement de s’entraîner à entraîner dans les conditions du réel. Mardi après-midi, une séance de deux heures a ainsi donné lieu à un entraînement grandeur nature : on a vu Laurent Labit, Shaun Edwards, Karim Ghezal et William Servat enchaîner les ateliers, Jérôme Garcès - qui a intégré définitivement le staff et noté que « 66 % des pénalités siffles contre nous en Australie l’ont été pour des hors-jeu de ligne » - distiller ses conseils d’expert de l’arbitrage, avec les nouvelles règles en fil directeur, et Fabien Galthié superviser l’orchestre à distance raisonnable.

Le lendemain, même répétition avec notamment des mises en situation, comme lorsque Laurent Labit lançait un scénario à une équipe : « Vous avez deux points d’avance, il reste quarante secondes à jouer. » Le procédé a déjà été expérimenté dans les Landes l’an passé. Il a été renouvelé. Avec un même but, selon William Servat : « Après chaque compétition, on essaye de voir les petits ajustements à apporter à la structure de nos entraînements. Si le cadre de départ reste le même, on amène des nouveautés pour englober les critères liés à la performance et aussi faire évoluer la partie rugby. »

Quelques retouches ont été esquissées : « Au niveau du contenu, c’est sensiblement la même chose qu’avec l’équipe de France, poursuit l’ancien talonneur. Ce qu’il était important de voir, c’était l’articulation de l’entraînement avec les changements de joueurs. Vous avez pu voir que Fabien envoyait des mecs dans l’en-but pour travailler pendant que les autres étaient sur le terrain. Ceci afin d’optimiser le temps de travail. Il y a des joueurs à qui l’on peut faire pratiquer d’autres séances afin, on l’espère, de progresser sur les attitudes, notamment sur le jeu offensif. » Le souci du détail, encore et toujours. En toile de fond de cette reprise sur la pelouse, la tournée d’automne se dessine à l’horizon des techniciens.

« Être prêt à annoncer une sélection vite »

Le compte à rebours est déjà lancé comme l’explique Thibault Giroud, directeur de la performance : « À partir de cette semaine, on a envoyé des prérequis aux clubs pour leur demander de toucher certaines zones pour le niveau international. » Et de se réjouir des données reçues : « Les clubs ont joué le jeu de reposer les cadres cet été. Cela a permis d’avoir des joueurs relativement frais, c’était un choix judicieux. »

Avec l’annonce de la liste programmée au 18 octobre, les jours sont désormais comptés : « La tournée arrivera rapidement, il faut être prêt à annoncer une sélection très vite. » Karim Ghezal illustre : « On a fait un bilan en revenant d’Australie pour sélectionner cinquante-six joueurs, soit quasiment quatre par poste. Depuis, on regarde tous les matchs et on fait une liste chaque semaine en vue des tests de l’automne. On fait un « ranking » du un au quatre sur chaque poste. On discute, on échange. Il y a toujours des débats, tant mieux. » En la matière, l’embarras du choix donne lieu à réflexion. Le séminaire du lundi 4 octobre à Biarritz permettra d’y voir plus clair : « Les joueurs sont impliqués et il y a beaucoup de belles choses sur le début de saison, reprend William Servat. Les internationaux qui n’ont pas eu la possibilité de partir en Australie sont au niveau et sont agréables à voir jouer. Ceux qui y sont allés ont accumulé de la confiance et sont aussi très performants et agréables à voir jouer. C’est un réel plaisir de se rendre compte que le rugby français donne la possibilité à énormément de joueurs de se développer. Et c’est bien pour nous car c’est incroyable d’avoir autant de joueurs à disposition. C’est une chance. »

En tournée dans tout l’Hexagone, ces dernières semaines, allant de Toulon à La Rochelle en passant par Clermont ou Toulouse, l’encadrement a pu le voir de ses propres yeux. Dans moins d’un mois, il se retrouvera avec son groupe de quarante-deux joueurs à Marcoussis pour lancer la trilogie de novembre. Il aura alors l’occasion de mettre à profit tout le travail de l’ombre. À commencer par ces trois jours de répétition générale dans la Ville rose.

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