Super-Dupont, le joyau qui change tout

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Jamais peut-être depuis Serge Blanco, le rugby français n’avait pu s’enorgueillir d’un phénomène de la trempe d’Antoine Dupont. On parle ici d’un joueur de classe mondiale, peut-être le meilleur tous postes confondus à l’heure actuelle, susceptible de faire basculer n’importe quelle rencontre à lui seul. Le problème, avec les joyaux ? C’est qu’à force de les voir scintiller, on en vient forcément à craindre de le perdre…

On peut penser ce que l’on veut des distinctions individuelles dans un sport collectif. Reste que si Antoine Dupont a tout raflé lors de la Nuit du Rugby (meilleur joueur du Top14, meilleur joueur international) et pourrait bien faire de même lors des prochains Oscars Midi Olympique, difficile de parler de hasard… Car si la concurrence à pratiquement tous les postes au sein du XV de France pourrait provoquer des débats enflammés, celui de demi de mêlée semble aujourd’hui le seul exempt de discussion, tout le rugby français faisant aujourd’hui les yeux doux à son plus grand phénomène…

Double champion de France et champion d’Europe avec le Stade toulousain, invaincu depuis plus d’un an en Top14 (sa dernière défaite remonte au… 20 septembre 2020 à Clermont!) Dupont a en effet mis l’Hexagone et tout le Vieux Continent à ses pieds, jouant à chaque fois un rôle incontournable de par sa capacité à bonifier tous les ballons, ou à sauver les situations les plus compromises… Une statistique l’explique mieux que mille mots: alors qu’on a vanté la capacité du Stade toulousain à réaliser son doublé en alignant deux « colonnes vertébrales » différentes selon les compétitions (Mauvaka, Kaino, Ntamack et Médard en Champions Cup; Marchand, Tolofua, Ramos et Kolbe en Top 14), les deux compositions d’équipe comportaient tout de même un joueur en commun en plein milieu de leur axe majeur. Inutile de vous préciser lequel!

De quoi évidemment donner raison à tous ceux qui estiment que, si Toulouse a perdu gros cet été avec le départ de Kolbe pour Toulon, cette perte sera bien moins difficile à digérer pour le Stade qu’aurait pu l’être celle de Dupont. Et aussi de quoi placer, au passage, le demi de mêlée en position de force dans ses négociations avec son club, à l’heure de prolonger son bail à Toulouse…

Pas indispensable, mais irremplaçable?

Le problème ? Il est que si nul n’est évidemment indispensable, Dupont n’en est pas moins devenu incontournable, au point que l’on peine à imaginer ô combien pourraient être impactés Toulouse et le XV de France par son éventuelle absence… Hors de nous l’idée de parler de malheur, bien sûr! Reste que les problèmes rencontrés au dos par Dupont lors de la dernière Coupe du monde ont laissé entendre qu’il lui faudrait composer pendant toute sa carrière avec ce talon d’Achille, et qu’Ugo Mola comme Fabien Galthié se posent depuis lors la même question. Sans pour autant en trouver la réponse…

La preuve? La saison dernière, hormis le «facile » match d’ouverture en Italie, Antoine Dupont a passé en moyenne 76 minutes par match sur le terrain, disputant même à deux reprises (Irlande puis Angleterre) l’intégralité des matchs. Au Stade toulousain? C’est à peu près la même chose puisque, sur l’ensemble des matchs de phases finales joués par les Rouge et Noir toutes compétitions confondues, Dupont a joué plus de 79 minutes par match. Irremplaçable, vous dites ? Le début de saison semble plus que jamais aller dans ce sens, en tout cas, si on s’en fie aux derniers résultats du Stade toulousain. À Montpellier par exemple, Toulouse menait 17-3 à sa sortie du terrain à la 63e, avant de concéder un 12-0 en son absence. Et à Biarritz ce week-end, le Stade se voyait mené 6-3 jusqu’à ce que Super Dupont vienne changer le cours du match en moins de 10 minutes…

Une omniprésence logique, puisqu’on parle peut-être du meilleur joueur du monde à l’heure actuelle, dont ses équipes deviennent par fatalité dépendantes. Mais qui pourrait à la longue frustrer sa concurrence et coûter cher dans l’hypothèse d’une malheureuse blessure. «Être son concurrent, forcément, c’est particulier, nous confiait en connaissance de cause Sébastien Bezy, parti depuis deux ans s’exiler à Clermont. Lors de mes dernières années au Stade, j’ai quand même eu la chance de pas mal jouer parce qu’il a été blessé, parce qu’il a beaucoup été appelé en sélection… Mais dans le cadre du XV de France où il joue pratiquement tous les matchs en entier, c’est sûr que ça doit être difficile à accepter pour les autres. D’autant plus qu’après les dernières phases finales et la tournée en Australie, les cartes semblent complètement rebattues entre Serin, Couilloud et Lucu, à l’heure de se partager le rôle de doublure de luxe du phénomène…

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Les commentaires (1)
fifilongagien Il y a 1 année Le 05/10/2021 à 14:54

quel joueur extraordinaire ...