« Il n'a aucun point faible »... Dupont vu par ses pairs

  • « Il n'a aucun point faible »... Dupont vu par ses pairs
    « Il n'a aucun point faible »... Dupont vu par ses pairs Icon Sport - Icon Sport
Publié le , mis à jour

Encensé de toutes parts, le demi de mêlée international du Stade toulousain méritait un tour d’horizon de ses adversaires, observateurs les mieux placés pour juger de ses performances du week-end. Ses matchs, son style et son ascension suscitent tout autant l’admiration.

Sébastien Bézy (Clermont) : « Il n’a aucun point faible »

 "Avec Antoine, ce qui est frappant, c’est que je n’avais jamais croisé avant de joueur comme lui, au top niveau que ce soit physiquement ou techniquement. Physiquement, à Toulouse, on a connu Byron Kelleher qui était comme lui un monstre de puissance. Mais il n’était ni aussi rapide, ni aussi endurant qu’Antoine, et n’avait techniquement pas le même jeu au pied non plus. À titre personnel, j’adore le style de jeu d’Aaron Smith, mais lui n’a pas ce côté physique qu’est capable d’avoir Antoine. Lui, il est au top, partout. Sur les tests physiques au Stade toulousain, il faisait toujours partie des premiers, que ce soit en vitesse, en cardio, en muscu… Et même s’il est très costaud, cela ne l’a pas empêché de développer une technique individuelle très fine, et un sens du jeu au-dessus de la moyenne. C’est en cela qu’il est hors normes : non seulement il n’a aucun point faible, mais il n’a pratiquement que des points forts. Physiquement, il n’est jamais fatigué et capable de produire des efforts très intenses en fin de match, de faire la différence si besoin grâce à sa puissance. S’il arrive à être aussi souvent au soutien ou à intervenir de partout en défense, aussi bien dans le premier que dans le deuxième rideau, c’est en grande partie grâce à ça. Au-delà de son sens de l’anticipation qui lui permet de sentir les coups mieux que personne, il a les capacités athlétiques pour tout faire."

 

Barnabé Couilloud (Biarritz) : « Il arrive à se défaire de situations assez improbables »

" Tout le monde le sait déjà, c’est un très bon joueur de rugby, un des meilleurs du monde, je pense et c’est une référence au poste. Il fait partie des joueurs dont beaucoup de numéros neuf s’inspirent... Il a des qualités physiques assez impressionnantes. Il arrive à se défaire de situations assez improbables, à casser beaucoup de plaquages. Il gagne systématiquement ses duels. Ça permet à son équipe d’être toujours dans l’avancée. Je trouve que c’est un joueur très intelligent. Du coup, il arrive à gérer ses efforts pour pouvoir être impactant, en ayant des courses tranchantes au bon moment.
C’est dur de trouver des points faibles à un mec comme ça, mais des fois, il tente beaucoup, il essaye de créer des décalages, de jouer ses duels et ça peut lui arriver, sur certains matchs, d’avoir quelques petits déchets. Ça peut parfois mettre son équipe dans le désordre et poser problème, même si pour le Stade toulousain, le jeu dans le désordre est plutôt une force."

 

Clovis Le Bail (Pau) : « Il est vraiment très fort en défense »

"Forcément, on regarde le jeu des autres et donc celui d’Antoine Dupont. On s’inspire toujours de ce que l’on voit de bien dans les matchs. Il est vraiment à un très haut niveau et c’est très bien pour le rugby français et pour l’ensemble des demis de mêlée français. C’est bien de pouvoir le regarder et surtout de jouer contre lui. On sait qu’autour des rucks, il peut partir à tout moment. Mais, là où il est vraiment très fort, c’est en défense. Il apporte vraiment quelque chose en plus à la défense de Toulouse. Il a son jeu, avec ses qualités propres, donc il ne faut pas chercher à l’imiter et surtout je trouve intéressant de voir qu’il existe tous les profils de numéro neuf dans le Top 14. Lui est vraiment excellent dans son profil donc je pense qu’il ne faut pas chercher à faire du Dupont. Je ne pense pas que d’autres puissent faire du Dupont. C’est son jeu."

 

Alexi Balès (Toulouse) : « Toto, c’est une machine »

"Toto, c’est un joueur tellement talentueux. La saison dernière, tout le monde a encore vu ses percées, ses actions spectaculaires qui lui ont valu le surnom de « ministre de l’intérieur ». Mais, là où il m’a vraiment impressionné au quotidien, c’est davantage sur toutes les autres tâches, ce qui se voit parfois un peu moins pour le grand public. Il possède un pied droit monstrueux mais, le truc, c’est que son pied gauche est au moins aussi monstrueux ! Il sait tout faire. En défense, il est capable de mettre des carreaux, de retourner des gros, de rattraper des coups. Avec lui, il faut regarder au-delà de sa faculté à mettre beaucoup d’essais ou d’être toujours au soutien à l’intérieur, il faut regarder plus globalement le joueur qu’il est, très fort sur les fondamentaux du poste également. Physiquement, c’est une machine. Il court à 34 km/h, pendant 80 minutes et n’a aucune difficulté à enchaîner. Quand on le côtoie, on a l’impression qu’il ne baisse jamais de rythme. C’est cet ensemble qui fait Toto et qui en fait l’un des meilleurs, ou le meilleur, à son poste aujourd’hui. Je savais, en signant au Stade toulousain, qu’il y avait Antoine et qu’il serait amené à beaucoup jouer. Il n’y a aucun souci là-dessus. Je n’ai pas les qualités de Toto mais j’ai les miennes. C’est un garçon assez simple, un peu introverti et réservé. Mais il sait parler au sein du groupe quand il le faut, même pour hausser le ton parfois. C’est facile de communiquer avec lui. Entre nous, ça se passe très bien et la concurrence est saine avec lui."

 

Maxime Machenaud (Racing 92) : « Le meilleur du monde »

Lorsqu’Antoine Dupont a fait ses grands débuts au Castres olympique, Rémi Talès (ancien demi d’ouverture du CO et du Racing 92, N.D.L.R.) m’avait dit : « Max, il y a une petite pépite qui arrive en Top 14 ! Prépare-toi ! ». Derrière ça, il avait été incroyable lors du Mondial des moins de 20 ans, où il traversait souvent le terrain tout seul. […] Aujourd’hui, Antoine Dupont est la référence en France et dans le monde, le meilleur demi de mêlée de la planète : il est capable de battre une défense sur une accélération, défend très bien et possède un excellent jeu au pied. Quand on l’affronte, on est forcément plus vigilant.

 

Paul Abadie (Brive) : « Son sens de l’anticipation semble inné »

Il y a beaucoup de choses qui le différencient des autres numéros neuf. On peut dire qu’il a révolutionné le poste notamment de par ses qualités physiques. Son sens de l’anticipation semble inné. On nous demande de le travailler notamment sur nos courses en deuxième rideau, mais lui, cela paraît naturel. Du coup, il met souvent à profit ses qualités pour finir les actions de ses partenaires. Selon moi, c’est le meilleur neuf au monde. L’affronter est un plaisir, c’est génial de se confronter aux meilleurs, pas de pression négative ni de nœud au ventre... 

 

Arthur Coville (Stade français) : « « Il a un côté surhomme »

"Antoine est un phénomène. Je suis ébahi par ses performances physiques. Il joue quasiment tous les matchs en intégralité et il est capable même en fin de match d’accélérations incroyables, laissant tout le monde derrière lui. Je ne sais pas combien d’accélération par match il réalise, mais c’est incroyable. Et en défense, je ne sais pas comment il fait pour être aussi dominateur à l’impact. Il fait reculer tous ses adversaires, gros ou petits. Il a un côté surhomme. Quand il joue, il donne le tempo à toute la ligne. De plus, il est très calme sur un terrain, j’ai l’impressionne qu’il le communique à toute l’équipe, ce qui apporte de la sérénité. Enfin, ce qui est peut-être le plus impressionnant, c’est sa régularité, sa constance, sa capacité à bonifier même le ballon le plus pourri. Franchement, il est chiant à jouer car il a ce côté imprévisible. Et pour défendre sur lui, c’est un casse-tête sans fin."

 

Rory Kockott (Castres) : « Il est injouable pour l’adversaire »

"Depuis jeune, il a toujours eu un état d’esprit fonceur pour aller très loin. Il a beaucoup travaillé mais il a un talent naturel énorme. Je crois que même s’il avait été « feignant » il aurait été au-dessus de beaucoup des numéros 9 de sa génération. Quand il était jeune et que je l’avais avec moi au CO, nous échangions beaucoup, pas seulement sur le jeu mais aussi sur la vie en général. On a beaucoup travaillé ensemble, nous partagions un peu la même vision du rugby, nous étions tournés vers un jeu d’attaque... Antoine fait tout ce que le demi de mêlée doit faire. Il est capable d’être extrêmement fort dans tous les secteurs de jeu. Il est très complet. S’il arrive à jouer à son meilleur niveau dans tous les secteurs lors du même match alors il est injouable pour l’adversaire. Ses points faibles ? Franchement, quand je vois le nombre de matchs qu’il a joués, tant en équipe de France qu’en club, je ne sais pas ce qu’il pourrait améliorer. Il doit juste se poser les bonnes questions. Où veut-il aller ? Au niveau international, on ne se souvient que des vainqueurs. Il doit avoir la Coupe du monde 2023 en France en ligne de mire."

 

Maxime Lucu (UBB) : « On ne peut lui laisser 2 mètres de répit »

 

"Au-delà de son poste de demi de mêlée, c’est le meilleur joueur du monde. Je l’ai affronté à quatre reprises l’année dernière, et c’est l’un des rares neufs à qui on ne peut laisser 2 mètres de répit. Un point faible ? Il y a quelque temps, j’aurais dit son jeu au pied… Mais il a tellement progressé dans ce secteur qu’il n’a même plus ce défaut ! Je n’ai pas son profil, mais ses courses de soutien sont inspirantes pour tous les neufs."

 

Tom Ecochard (Perpignan) : « Sa régularité est unique »

"Il a tout, c’est incroyable. Il n’en finit plus de nous impressionner. Il a une technique parfaite, il a de la longueur au pied, il est fort dans la stratégie, il a des qualités individuelles rares, il a une vitesse folle. Surtout, tout ce qu’il fait, ce n’est pas au détriment du jeu. Il ne force pas, il sait jouer juste. Tous ses choix sont bons. C’est le niveau international plus plus. Il n’a pas de défaut. C’est une vraie chance de l’avoir avec nous dans le rugby français et dans notre championnat. C’est génial de pouvoir se confronter à un tel phénomène. Même en équipe de France, c’est lui qui régule tout, notamment les sorties de camp. Le plus fort, c’est qu’il dure. Sa régularité est unique. Des joueurs exceptionnels, il y en a d’autres mais ils ont toujours un coup de mou. Lui, on l’attend toujours."

 

Tawera Kerr-Barlow (La Rochelle) : « Le numéro 9 le plus complet au monde »

 "Antoine est un joueur que j’adore regarder. En ce moment, c’est tout simplement le meilleur joueur du monde. A minima, le meilleur numéro 9 du monde. Déjà, physiquement, il a un don. Sa vitesse, sa puissance lui permettent de se sortir de toutes les situations et d’être aussi très fort défensivement. Il est également très intelligent sur un terrain. On le voit avec ses lignes de course. Tout est utile, efficace. Surtout, le plus important : il répond toujours présent dans les grands rendez-vous. Techniquement, que ce soit sa passe ou son jeu au pied, c’est du très haut niveau. Tout ça fait de lui le numéro 9 le plus complet au monde. Donc le meilleur. Dans notre milieu, il y a beaucoup de compétition mais il faut aussi savoir apprécier de regarder un autre joueur de son poste. Antoine, c’est un talent immense et une chance exceptionnelle pour le rugby français."

Cet article est réservé aux abonnés
Abonnez-vous pour en profiter
à partir de 0,99€/mois, sans engagement
  • Tous les articles en illimité sur le site et l'application
  • Le journal en version numérique dès 20h30 la veille
  • Les newsletters exclusives
Midi-Olympique.fr
Voir les commentaires
Sur le même sujet
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?