L'édito : micros ouverts

  • Romain Poite s'est illustré le week-end dernier grâce à son échange avec Arthur Joly, le pilier perpignanais.
    Romain Poite s'est illustré le week-end dernier grâce à son échange avec Arthur Joly, le pilier perpignanais. Icon Sport
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L'édito du vendredi par Léo Faure... Le précurseur en la matière est sans nul doute Nigel Owens, arbitre le plus capé de l’histoire, présent sur de multiples finales du rugby international et qui, en sus de ses talents de referee, avait su ajouter cette part de spectacle. Owens, qui passa professionnel du sifflet en 2001, usait-il déjà de son sens de la saillie verbale avant l’arrivée des micros ? Tout porte à le croire. L’art d’une (bonne) répartie n’attend pas son audience pour se faire entendre.

Toujours est-il qu’Owens, désormais retraité, aura marqué l’inconscient collectif autant par ses coups de sifflet que ses lignes de force verbales. Et qu’il a fait des petits.

C’est désormais une joyeuse habitude des milieux de semaine : au compte-gouttes, les meilleures répliques arbitrales du week-end précédent apparaissent, sur les réseaux sociaux. Cette semaine, Romain Poite à l’honneur avec son « petit coquin » adressé au pilier catalan Arthur Joly, au moment de le sanctionner d’une pénalité. Un échange amical, même drôle, qui a fait le tour des médias, y compris chez ceux qui opèrent loin des sentiers du rugby.

Par-delà la fraîcheur de ces échanges captés au micro et qui se multiplient, sur les pelouses du rugby, il y a de quoi s’enorgueillir. Les relations entre arbitres et joueurs ne doivent pas être seulement hiérarchiques, directives mais doivent également emprunter au registre fraternel. Ce qui confirme cette idée que l’arbitre fait partie du jeu et du match. Qu’il en est le 31eacteur sur la pelouse et que, à ce titre, les interactions respectueuses sont toujours d’actualité. Tant mieux.

Il est d’ailleurs important que la médiatisation mette cela en avant. Cela doit aussi participer à une éducation des publics dans le respect de « l’homme en noir ». Ici, les micros jouent un rôle important quand tout ce qui peut se dire envers un arbitre, de près ou de loin, est ancré dans un enregistrement. Ce qui préserve des débordements que peut permettre l’anonymat.

Le foot, vous dites ? Bien sûr que la comparaison vient naturellement à l’esprit. Aussi parce que le président de l’Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas, a récemment pris le rugby en exemple à ce sujet. « Il faut être transparent : la seule solution est d’avoir comme au rugby des arbitres avec micro ouvert. Tout comme lors des échanges avec le VAR. » Aulas parlait là au nom d’une injustice supposée à l’encontre de son club.

En regardant un peu plus loin, on lui glisserait bien qu’un micro sur les arbitres limiterait surtout, dans son sport, les scènes de joueurs venant s’en prendre avec virulence à l’arbitre, pour une faute sifflée ou oubliée. Avec des propos enregistrés et diffusés, tout le monde se contraindrait enfin à un soupçon de courtoisie et de bonne éducation. Ce qui paraît finalement évident, pour un sujet finalement aussi léger qu’un divertissement sportif.

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