Eric Bayle : un Top 14 « inégal selon les rencontres »

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    Eric Bayle : un Top 14 « inégal selon les rencontres » Andre Ferreira / Icon Sport - Andre Ferreira / Icon Sport
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Si le directeur de la rédaction rugby de Canl + s’avoue comblé par les excellents scores d’audiences, il reconnaît aussi que l’exposition en prime-time exige un spectacle de qualité.

Quel premier bilan tirez-vous, alors que nous en sommes au premier tiers du championnat ?
En termes d’audience, le bilan est très satisfaisant. Mieux, il va au-delà de nos espérances. Deux matchs ont déjà battu le record d’audience en phase régulière qui remontait à plus de deux ans : Toulouse - Clermont a fait 720 000 téléspectateurs et le Lyon - Toulouse a fait 700 000. Le reste fonctionne très bien, comme le samedi à 17 heures et 21 heures. À ce titre, le derby Toulouse - Castres a fait 628 000 téléspectateurs, soit le nouveau record de la case Top 14 du samedi soir. Enfin, il faut noter que les audiences sont bonnes dans le contexte d’une exposition du Top 14 qui n’a jamais été aussi forte. On aurait pu penser qu’elles auraient pu se diviser puisque l’offre est plus forte et que les gens ont davantage de choix, mais ce n’est pas le cas. Quand il n’y a qu’un match diffusé, c’est normal qu’il « surperforme ». Mais quand il y en a trois en direct sur Canal + Premium, on pourrait s’attendre à un énorme lissage des audiences. Mais non. On a de très bons résultats, surtout sur les cases du samedi après-midi et du dimanche soir. On voit d’ailleurs que cette dernière draine un nouveau public. Forcément, on souffre plus quand on tombe en concurrence avec le foot et surtout le PSG, le samedi soir.

Le Stade toulousain est-il votre locomotive d’audience ?
Incontestablement, oui. D’autant plus que les deux autres locomotives historiques d’audience, Toulon et Clermont, sont un peu dans le creux de la vague. Mais notre travail à nous, c’est aussi d’exposer les équipes qui montent, comme Lyon et Bordeaux-Bègles aujourd’hui. Ainsi que La Rochelle qui, après la saison dernière, fait partie des équipes qui montent en puissance.

Que pensez-vous du spectacle offert par ce Top 14 ?
Nous sommes sur un début de saison et, par expérience, on sait que c’est rarement le moment où l’on voit un rugby flamboyant. Les équipes sont en reprise, doivent encore assimiler les nouvelles règles, l’arbitrage est souvent plus sévère en début d’exercice… Le spectacle est donc tout à fait inégal selon les rencontres, il n’y a pas de débat là-dessus. Nous avons eu quelques matchs de très grande qualité comme Toulouse - Clermont, Pau - Bordeaux ou Lyon - Toulouse pour ne citer que ceux-ci. Ensuite, nous avons un spectacle que je qualifierais de très « Top 14 ». Notre championnat est basé sur l’enjeu et la pression. Le « spectacle » ne se limite pas au nombre d’essais marqués et la qualité du jeu. Le spectacle télévisuel, c’est comme quand on regarde un film ou une série : il y a aussi le suspense, la tension. Et c’est là le gros atout du Top 14 : on ne sait jamais qui va gagner à l’avance. Ce suspens fait que l’on va pouvoir s’accrocher à un Toulon - Brive très moyen, mais qui, jusqu’à la dernière seconde, peut basculer d’un côté ou de l’autre. Quand on regarde le Top 14, on ne regarde pas le Super Rugby. Reste donc une question philosophique : préfère-t-on regarder un match sans pression type Super Rugby qui finit sur un 45-35 ou 45-10, ou un match acharné qui va faire 22-18, et indécis jusqu’au bout. J’aimerais d’ailleurs savoir combien de matchs se sont décidés dans les deux dernières minutes…

L’équipe de Montpellier est une spécialiste du money-time…
Justement, je pensais à cette équipe. Je vois déjà trois matchs du MHR qui se sont décidés dans les dernières minutes, voire à la dernière seconde. Pour moi, cette incertitude fait partie intégrante du spectacle.

Quel regard portez-vous sur les nouvelles règles, qui ne semblent pas favoriser la marque ?
Je m’attendais à mieux des nouvelles règles, et notamment du 50-22. Elle est très intéressante, mais elle n’a pas encore bouleversé la physionomie des matchs car les équipes ne l’utilisent pas encore assez. Nous n’en sommes qu’au tiers du championnat, donc cela viendra. Ce 50-22 a tout de même déjà permis quelques beaux coups d’éclat, comme le match nul de Montpellier à Toulon, ou qui aurait pu faire basculer le Lyon - Toulouse après un superbe coup de pied d’Antoine Dupont.

Tout de même, on a la sensation que le rugby pratiqué est moins spectaculaire…
Là où je vous rejoins, c’est que cette forte exposition du rugby sur l’antenne majeure de Canal + va devoir amener une réflexion sur ce spectacle proposé. Le supporter de rugby va sans aucun doute regarder son match le samedi après-midi. Mais le simple amateur de sport qui nous regarde en « prime-time » dispose d’un grand choix de programmes, comme The Voice, ou des films très connus comme James Bond. Donc, à terme, il va falloir mener une réflexion sur la qualité du spectacle proposé pour que le rugby puisse concurrencer ces programmes et aller chercher un public plus large. Là, ce sont les présidents et les entraîneurs qui ont les clés. Et évidemment que cette conquête de nouveaux publics passera par des 44-40, moins par des 12-6. Le spectacle du Top 14 devra finir par se hisser à la hauteur de son exposition.

On a aussi le sentiment que Canal + couvre davantage l’équipe de France. Vous confirmez ?
Pas particulièrement, mais disons qu’elle s’invite dans l’actualité. Nous avons couvert la tournée des Bleus en Australie, nous avons réussi un très beau Canal Rugby Club avec Fabien Galthié car nous souhaitions marquer les deux ans avant le coup d’envoi de la Coupe du monde. Et puis, ajoutons que le fait que tous les joueurs de l’équipe de France jouent ici est un vrai atout du Top 14. Ce n’est pas le cas dans tous les championnats, ou tous les autres sports. Les Bleus sont en train de monter en puissance en vue de la tournée, nous devons donc les traiter, à l’image de Jalibert, Dupont, Ntamack ou d’autres. En parlant d’eux, on parle à la fois de l’équipe de France et de leurs clubs.

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Simon VALZER
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