XV de France - Antoine Dupont, partout, tout le temps : star médiatique, meilleur joueur et désormais capitaine

  • Antoine Dupont,  partout, tout le temps
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    Antoine Dupont, partout, tout le temps
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Unanimement considéré comme le meilleur joueur de France, d’Europe et peut-être du monde, Antoine Dupont devra désormais assumer pendant les test de novembre - et plus si affinités - le rôle de capitaine des Bleus. Une responsabilité supplémentaire pour le Toulousain, alors que certains commencent légitimement à se demander si on ne lui en demande pas un peu trop...

Fallait-il vraiment s’étonner de voir Antoine Dupont nommé capitaine de l’équipe de France ? Certainement pas. D’abord parce que, depuis le début du mandat de Fabien Galthié, le rôle de «capitaine intérimaire» pour la tournée de novembre a systématiquement été confié aux demis de mêlée, à l’image de Serin et Couilloud en 2020. Mais surtout, tout simplement, parce que le Toulousain marche sur l’eau depuis le début de l’année 2021… On n’oublie pas, en outre, que ce choix de Galthié comportait indubitablement une part de politique. D’abord vis-à-vis du capitaine «titulaire» Charles Ollivon, qui a adoubé en personne son successeur, et aurait pu se retrouver fragilisé sportivement si le brassard avait été confié à son concurrent direct au poste Anthony Jelonch. Mais aussi vis-à-vis du grand public et des médias, pour qui «Toto» Dupont va définitivement devenir le visage officiel de France 2023, à l’image d’un Michalak en 2003 ou d’un Chabal en 2007.

On en veut pour preuve sa récente apparition dans le programme généraliste «Clique» de Canal +, qui a permis à Dupont de réussir le tour de force de s’adresser à un public inhabituel, sans pour autant se dénaturer, ni se mettre à dos la frange la plus «réactionnaire» du public rugby. Un exercice tout sauf évident, lorsqu’il s’agit de maintenir en parallèle un niveau sportif suffisant pour ne pas offrir la moindre brèche à la critique… Sauf qu’à la différence de ses «prédécesseurs» Chabal ou Michalak, Dupont est pleinement légitime comme titulaire à son poste.

Voilà comment, en plus d’attirer la lumière et tous les espoirs, Antoine Dupont concentre désormais toutes les responsabilités. À son rôle éminemment stratégique de demi de mêlée, s’ajoute désormais le devoir de se comporter en chef de bande. «Si le staff m’a choisi pour prendre le poste de capitaine, c’est pour ma façon d’être et l’homme que je suis, donc je n’aurai pas à changer ma façon de fonctionner, atténuait toutefois ce dernier. Je pourrais aussi bien me concentrer sur mon jeu que ce que je faisais jusqu’à maintenant. Je ne vois pas pourquoi cela aurait de l’influence. Après, je vais rester comme je suis, je ne vais pas changer ma façon d’être.» Un discours convenu et entendu mille fois qui se heurte pourtant à un écueil, que Dupont n’a logiquement pas encore perçu. Celui qui veut que c’est le regard porté par les autres sur lui qui aura changé…

Il donne envie aux autres de le suivre…

Alors, Dupont sera-t-il d’une trempe suffisante pour répondre aux attentes extérieures ? Vaste question. Si le Bigourdan présente incontestablement la légitimité sportive pour peser auprès des arbitres dans le concert international (on se souvient l’avoir vu corriger en direct M. Barnes lors de l’Ecosse-France de 2020 dans le cadre de la Coupe d’Automne), on ignore encore si celui-ci aura la prestance du grand Charles dans le jeu d’influence face à certains monstres de ce jeu, comme le Toulonnais y était par exemple parvenu face à Alun-Wyn Jones lors du dernier Tournoi. En effet, si son relationnel avec les arbitres et sa connaissance du règlement sont loués en Top 14 (à l’image des félicitations publiques qui lui ont été adressées récemment par M. Chalon), le rugby international nécessite un supplément de charisme, que Dupont n’a pas encore prouvé.

Son style tout personnel, sans coups de gueule ni emphase, le lui permettra-t-il ? L’exemple de Thierry Dusautoir, autre taiseux notoire promu en cours d’aventure, peut nourrir l’espoir. C’est même précisément là que sa promotion peut s’avérer intéressante, à en écouter son manager en club Ugo Mola. «J’entends les gens dire qu’il n’est pas si, qu’il n’est pas ça… Mais peut-être que le rugby a juste besoin d’un porte-drapeau comme lui, qui parle sur le terrain plus que dans les médias. D’un garçon qui n’est pas dans les frasques ni dans les grandes déclarations mais qui est juste un chouette mec de 24 ans, qui donne envie aux autres de le suivre.» L’essence d’un capitaine, quoi…

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Nicolas ZANARDI
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