Financièrement, les fans pèsent toujours plus lourds

  • Les supporters comptent plus que jamais dans l’économie des clubs.
    Les supporters comptent plus que jamais dans l’économie des clubs. Franck Sanse / Icon Sport - Franck Sanse / Icon Sport
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Les huis clos et la crise du covid ont fait prendre plus que jamais conscience aux clubs de leur dépendance à leur public, au point de rechercher auprès d’eux toujours plus de leviers économique.

S’il fallait un seul exemple pour illustrer à quel point les clubs ont ressenti leur dépendance à leur public ? On jurerait qu’il a correspondu à leur absence, évidemment liée au huis clos imposée par la Covid-19. Car si l’absence de public a bien sûr perturbé les joueurs, celle-ci a surtout créé un manque à gagner énorme pour les finances des clubs, dont ceux qui fonctionnent en « économie réelle » (entendez par là sans mécène pour généreusement compenser les pertes d’exploitation) admettent sans peine qu’ils n’ont dû leur survie qu’aux très généreuses aides de l’État… À titre d’exemple, on mentionnera que le Stade toulousain (champion de France et d’Europe la saison dernière, faut-il le rappeler…) affichait un déficit d’exploitation de 8 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 21,5 millions d’euros. Soit l’équivalent des recettes de billetterie non encaissées, mais aussi de partenariats en baisse (35 %) et des recettes de la brasserie en chute libre (79 %).

Du « crowdfunding » aux projets de Socios ?

De quoi considérer plus que jamais leurs supporters comme le principal partenaire financier des clubs, pour ne pas dire leur principale vache à lait…

En effet, plus que jamais, les clubs comptent sur les efforts supplémentaires de leurs supporters pour subvenir à leurs besoins. Ces deux dernières années, par exemple, en incitant ceux qui l’avaient déjà payé de ne pas demander le remboursement de leurs abonnements. Ou alors en lançant des opérations de « crowdfunding » qui ne disaient pas vraiment leur nom, à l’image de l’Avenue des Légendes du stade Mayol, ou du Mur de Soutien du Stade toulousain.

Des premiers pas qui pourraient même se prolonger en projets à plus grande échelle, le président toulousain Didier Lacroix ayant carrément annoncé début septemble un projet de recapitalisation du club autour de ses supporters, sur le modèle des « Socios » du Barça. « On étudie la manière avec laquelle on va s’intéresser au grand public, et on est en droit de se poser la question de savoir si l’entrée de « Socios » est quelque chose qui peut être bénéfique pour notre club, disait ce dernier. Nous devons réfléchir à la gouvernance qui en découle, aux droits qui sont octroyés derrière ce statut de « Socios ». C’est dans notre réflexion. » Car les payeurs, c’est bien connu, sont les décideurs. Le prix à payer pour les clubs résidant en une pression plus intense de la vox populi…

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