XV de France - Jouer avec deux ouvreurs, pas une spécialité tricolore

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    Jouer avec deux ouvreurs, pas une spécialité tricolore Philippe Perusseau / Icon Sport
Publié le , mis à jour

Si Matthieu Jalibert et Romain Ntamack pourraient être associés dans un système de cinq-huitièmes, jouer avec deux ouvreurs n'est pas une habitude française. Plus utilisée par les Anglo-saxons par le passé cette tactique est un vrai pas dans l'inconnu. 

Pas une spécialité tricolore

Le concept de "cinq-huitième" remonte aux origines du rugby. Il a été inventé en 1903 par Jimmy Duncan, le capitaine des All Blacks. Depuis peu, les équipes avaient opté pour un système à huit avants, deux demis et quatre trois-quarts (au lieu de trois auparavant). Cardiff le tenta en premier, Adrian Stoop, capitaine des Harlequins en fut le promoteur. L’idée était de sortir un avant pour lui faire rejoindre les lignes arrières, l’idée des deux centres était née. Jimmy Duncan décida d’appeler l’ouvreur « first five eight », premier cinq-huitième, et le premier centre à son extérieur, second cinq-huitième.

L’appellation a perduré chez les All Blacks. Avec le temps, elle a introduit l’idée que le premier centre était un peu le lieutenant du numéro 10. Un joueur censé déplacer le jeu au pied, avec si possible un pied fort différent, prendre des décisions stratégiques, lancer des attaques avec précision et soulager son ouvreur. Il s’oppose aux trois-quarts centres rapides ou déménageurs qui attaquent la ligne de façon conquérante. Avec le temps, le sens du terme "cinq-huitième" a glissé, il fut "annexé" par les équipes qui jouaient avec deux ouvreurs. L’Irlande avec Tony Ward et Ollie Campbell en 82, l’Australie de 84 avec Mark Ella et Michael Lynagh puis plus près de nous avec Bernard Foley et Matt Giteau. Les Anglais l’ont beaucoup utilisé avec Jonny Wilkinson et Mike Catt entre 2003 et 2007 puis longuement avec George Ford et Owen Farrell dans les années 2010. Henry Slade a aussi participé à ce schéma. Curieusement, les All Blacks l’ont peu utilisé. Quand ils ont deux ouvreurs de talent, ils en utilisent un à l’arrière.

Une expérience peu tentée

Les Français furent un peu moins amateurs de cette pratique. Peu d’ouvreurs ont "émigré" au centre. Franck Mesnel l’a fait à partir de 1989, trois ans après ses débuts, pour jouer aux côtés des Cambérabéro, Penaud ou Deylaud. Mais son pouvoir offensif était tellement particulier qu’il n’avait pas le profil d’un vrai "cinq-huitième". Ouvreur, il jouait déjà comme un centre. Le premier exemple fort fut Thierry Lacroix (43 sélections entre 89 et 97), 14 fois ouvreur et 29 fois centre. Il fut suivi par Christophe Lamaison (37 sélections entre 1996 et 2001), 15 fois ouvreur, 22 fois centre, et par Thomas Castaignède, 22 fois ouvreur et… 22 fois centre… Mais aussi dix fois arrière. En fait les années 90 ont été la grande période de ce genre de doublons. Ensuite, l’expérience fut peu reconduite. La tentation Ntamack-Jalibert serait donc une vraie curiosité.

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