L'édito : l’an III, chapitre 2

  • Le groupe France à l'entraînement.
    Le groupe France à l'entraînement. Icon Sport - Icon Sport
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L'édito du vendredi par Léo Faure... Si l’on veut bien considérer qu’un mandat de sélectionneur, à la façon d’une olympiade, dure quatre années pleines (ce qui n’est factuellement pas totalement vrai, mais passons), c’est donc l’an III du règne de Fabien Galthié qui s’ouvrira ce samedi au Stade de France. Comprenez qu’il reste deux Tournois des 6 Nations et deux séquences d’automne avant de se lancer plein badin dans ce que le rugby français ne quitte plus du regard : la Coupe du monde 2023, ici, chez nous.

Ce qui ressemble à un mi-mandat s’apparente donc au nouveau chapitre d’une même histoire, à écrire sur les fondations de deux premières années pour le moins chaotiques. La Covid-19 a chamboulé l’agenda mondial et brisé la flèche du temps de Fabien Galthié, annulant une tournée en Argentine, réduisant à une mascarade de tournoi les test-matchs d’automne 2020 et transformant la dernière tournée australienne en une très large revue d’effectif.

Justement, c’est le point de départ de cet « an III, chapitre 2 » : la fin des revues d’effectif. Ces rotations à l’excès qui ont souvent été imposées par le texte-convention polymorphes entre LNR et FFR- et dont Galthié et ses adjoints ne veulent plus. C’était le propos du sélectionneur, début septembre sur le plateau du Canal Rugby Club. La fin des ébauches et un groupe désormais resserré, pour foncer tête baissée vers 2023. Même s’il devra, jusqu’au bout, s’adapter au gré des absences, des performances et des révélations.

Galthié calcule, théorise, planifie. À la lumière de sa démonstration télévisuelle, on peut tirer les premiers enseignements à l’instant d’affronter l’Argentine. Pour ce qui est des « ovnis » promis par le sélectionneur, Thibaud Flament prend le premier ticket. D’autres suivront, sûrement.

Ensuite ? Il y a des choix forts, dans la composition d’équipe qu’aligneront les Bleus face aux Pumas. À seulement dix-huit matchs du Mondial 2023 en France, associer Jalibert et Ntamack n’est plus un pari éphémère. On ne paye plus pour voir. C’est une franche envie, qui oblige à la projection, même si la performance automnale servira de juge de paix.

Jaminet titulaire à l’arrière, Dulin renvoyé en club ? Flament lancé, Le Roux écarté ? Dans son discours de rentrée, Galthié parlait aussi du prototype du joueur français pour 2023 : 28 ans et 50 sélections. Entre les deux critères, il y en a visiblement un qui compte plus que l’autre. Dulin et Le Roux comptaient parmi les rares joueurs de ce groupe France à plus de 30 sélections et, donc, potentiellement aux 50 requises dans deux ans. Leur âge, respectivement 31 et 32 ans, n’a en revanche pas semblé jouer pour eux, face à l’Argentine.

Qu’importe si Dulin est le seul pied gauche et long de l’arrière-garde tricolore. Qu’importe si Le Roux est le combattant le plus féroce de la traction avant des Bleus, depuis belle lurette. Qu’importe, surtout, si les deux ont toujours satisfait depuis deux ans. Ils passeront leur tour.
Leur heure est-elle passée ? Rien de définitif, bien sûr. Il y aura encore beaucoup de mouvement, des blessures, des contre-performances. Il demeure toutefois certain, si l’on poursuit le récent propos du sélectionneur, que ce premier groupe pour l’Argentine valait un peu plus qu’un simple test-match. Il tenait ici valeur de contrat de confiance. Pour l’avenir. Il valait mieux en être.

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