XV de France : Marchand-Mauvaka, les « 2 » font la paire

  • Alors qu’ils se partagent le temps de jeu en Top 14  sous le maillot de Toulouse, Julien Marchand etPeato Mauvaka vont désormais le faire avec les Bleus.
    Alors qu’ils se partagent le temps de jeu en Top 14 sous le maillot de Toulouse, Julien Marchand etPeato Mauvaka vont désormais le faire avec les Bleus. Icon Sport - Icon Sport
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Concurrents mais surtout complémenatres à Toulouse, Julien Marchand et Peato Mauvaka ont su transformer leur rivalité sportive en une association destructrice pour les adversaires des champions de France et d’Europe. à tel point que le staff du XV de France a aussi décidé de miser sur ce duo de choix.

Quelques jours avant la dernière finale de Coupe d’Europe, au moment d’évoquer l’absence de son talonneur et capitaine Julien Marchand suspendu pour ce rendez-vous majuscule, le manager du Toulousain, Ugo Mola lâchait ces mots : « Dans notre malheur, ce n’est pas le poste sur lequel nous sommes le plus inquiets puisqu’on a la chance d’avoir deux autres joueurs incroyables, celui qui est presque son remplaçant en sélection et son petit frère. » Il faisait référence à Guillaume Marchand, prêté depuis à Lyon, mais aussi et surtout à Peato Mauvaka, lequel est tellement plus qu’une simple doublure aux yeux du technicien. Pour preuve, Mola a récemment donné à son président Didier Lacroix son accord de principe pour prolonger son contrat sous plusieurs conditions, parmi lesquelles celle de sécuriser sur le long terme de nombreux cadres dont Antoine Dupont, Romain Ntamack, Julien Marchand, Thomas Ramos ou encore... Peato Mauvaka. Cela pourrait en surprendre certains au vu du pedigree de son concurrent à Ernest-Wallon et de la spécificité d’un poste où l’association de luxe ne peut exister à la façon d’un Jalibert-Ntamack (même si Mauvaka fut aligné en numéro 8 la saison passée à Pau et y avait été excellent !). Mais le Calédonien a pris du poids au Stade toulousain, au point d’être nommé parmi les vice-capitaines à l’intersaison, aux côtés notamment d’un certain Dupont. Tout ça pour mesurer combien il sait sortir de l’ombre de celui qui est considéré comme l’un des meilleurs - voire le meilleur - talonneurs du monde.

Mauvaka, au nom des finisseurs

Ces dernières semaines, même s’il est sous contrat jusqu’en 2023 avec les champions de France et d’Europe, diverses écuries du Top 14 étaient venues aux renseignements sur la situation de Peato Mauvaka pour savoir s’il était possible de le débaucher. Avec un argument (quasiment) imparable : sa « cohabitation » avec Julien Marchand le prive d’un statut plus enviable avec le XV de France. Sauf que Fabien Galthié, et ses analyses pointues de ce qu’il manque encore aux Bleus, sont passés part là. Avec une évidence : cinq des six défaites subies par ses troupes l’ont été dans les ultimes minutes. D’où la nécessité de soigner les fins de match et de renforcer le banc de touche. « Notre méthode a évolué concernant notre composition d’équipe, a expliqué le sélectionneur. Nous la débutons par nos finisseurs, pour qu’elle soit solide, notamment sur le plan émotionnel. [...] Peato a des qualités qui nous semblent importantes pour « matcher » lors des dernières minutes. Il a un très bon lancer, de l’explosivité, de la puissance en mêlée, donc il répond à cette attente-là. » Effectivement, et ce fut éloquent lors de son entrée en jeu fracassante à Lyon à la veille de l’annonce du groupe pour préparer les tests de novembre, Mauvaka possède cette faculté rare à renverser le cours d’une rencontre en sortie de banc, lui offrant de doubler Camille Chat ou Pierre Bourgarit dans la hiérarchie. C’est arrivé à maintes reprises avec son club, et la « doublette Marchand-Mauvaka » est même devenue l’une des armes de destruction massive toulousaines. Imaginez le moral des avants adverses quand, après avoir bataillé durant quarante-cinq ou cinquante minutes face à la force de pénétration et la capacité à gratter les ballons chauds de Julien Marchand, ils doivent encaisser les assauts de Peato Mauvaka. 

Quatre titularisations chacun cette saison

D’une rivalité jugée à hauts risques, les deux hommes sont parvenus à créer une émulation saine et une complémentarité bénéfique. Sorte de « gagnant-gagnant » dont William Servat, lequel a biberonné Marchand et Mauvaka dans la ville rose avant d’intégrer le staff de l’équipe nationale, veut tirer profit. Les chiffres le montrent : cette saison, ils ont chacun débuté quatre matchs de Top 14 et ont été autant de fois remplaçants. Marchand a disputé 324 minutes, Mauvaka 316. Mieux, si le premier est évidemment une référence internationale et un taulier du pack dessiné par Fabien Galthié, le deuxième a su être royal quand son compère fut éloigné des terrains. Déjà magnifique lors des phases finales de Top 14 en 2019 (ce qui lui avait permis de gagner son billet pour la Coupe du monde au Japon), il avait aussi été l’un des meilleurs Toulousains lors de la fameuse finale européenne. Ou comment le supposé duel s’est transformé en redoutable duo, jusqu’à Marcoussis...

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