Auteur d'une brillante première, Thibaud entretient la « flamme »

  • Thibaud Flament (France), n'en finit plus de gravir les échelons. Pour sa première sélection avec le XV, le deuxième ligne de Toulouse a inscrit un essai et livré une très belle copie.
    Thibaud Flament (France), n'en finit plus de gravir les échelons. Pour sa première sélection avec le XV, le deuxième ligne de Toulouse a inscrit un essai et livré une très belle copie. Icon Sport - Icon Sport
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Inconnu du grand public il y a encore un an, Thibaud Flament a réussi sa première sélection, avec un essai à la clé, prouvant qu’il avait tout du joueur moderne tant recherché. c’était face à l’Argentine, un joli clin d’œil à sa folle histoire…

Après le coup de sifflet final, Thibaud Flament est resté plusieurs minutes sur la pelouse du Stade de France à converser avec le talonneur et capitaine des Pumas Julian Montoya. Pas besoin de savoir lire sur les lèvres pour se douter de la teneur des échanges. L’Argentin devait dire au deuxième ligne français, lequel célébrait sa première sélection, qu’il était heureux pour lui mais qu’il n’avait pas imaginé le retrouver ici, et avec ce nouveau statut. Car, si les deux hommes ont partagé ce moment convivial, c’est parce qu’ils s’étaient croisés et avaient sympathisé quatre ans plus tôt, à… 11 000 kilomètres de Saint-Denis. C’était du côté de Buenos Aires, en Argentine, là où Flament — alors étudiant à la prestigieuse université anglaise de Loughborough dans un objectif sportif avant tout — avait décidé d’aller faire son année de stage. "Je parlais un peu espagnol et c’est un pays de rugby, ce qui était important pour moi, nous confiait-il récemment. Je voulais aussi vivre une aventure." Ce qui n’explique toujours pas sa rencontre avec le Puma aux 72 sélections…

Flament a atterri à Newman, le club des débuts de Montoya ! "Je jouais avec ses frères. Julian venait de temps en temps aux entraînements et nous nous entendions bien." La famille Montoya avait donc été la spectatrice privilégiée de la première ascension au haut niveau de l’actuel Toulousain puisqu’il avait débuté sa saison dans l’équipe 5 du club, avant de gravir les échelons un par un, puis de terminer avec l’équipe 1, en première division locale. L’intéressé n’avait passé qu’une année en Amérique du Sud mais le voir aujourd’hui effectuer ses débuts internationaux contre les hommes de Mario Ledesma était déjà un joli clin d’œil du destin en soi. "Jouer pour le XV de France était mon rêve, qui plus est face à l’Argentine", déclarait-il samedi soir sur le site de la FFR. Inconnu sur la grande scène, Flament était peut-être surveillé d’un peu plus près par Julian Montoya. Mais cela n’a pas suffi à freiner son irrésistible éclosion. Imaginez que Flament a découvert l’univers professionnel en Europe il y a seulement deux ans, disputant son premier match de Premiership avec les Wasps le 20 octobre 2019, trois ans après avoir migré du poste d’ouvreur à celui de deuxième ligne ! Tout est fou chez lui… Un paradoxe pour ce garçon brillant et clairvoyant, loué par l’ensemble de ses entraîneurs pour sa faculté à s’intéresser au jeu, à questionner, puis à intégrer les consignes et corrections pour le reproduire sur le terrain.

Galthié : "Une superbe course"

Thibaud Flament est une éponge, ce qui justifie avant toute autre chose l’allure à laquelle sa carrière décolle. Son arrivée à Marcoussis n’a semblé en rien le déstabiliser. Pas même le fait de doubler dans la hiérarchie les Le Roux ou Geraci pour commencer la tournée d’automne dans la peau d’un titulaire, au côté de Paul Willemse. Mais cette promotion express est aussi due à un potentiel hors normes. Après sa première apparition sous le maillot toulousain contre Agen le 28 novembre 2020, en position de flanker, plusieurs observateurs s’étaient fait la réflexion en tribune qu’ils avaient rarement vu un tel ratio puissance-vitesse chez un joueur de ce profil. Surtout, sa mobilité et sa répétition des tâches l’ont propulsé prototype du deuxième ligne moderne. Et quand vous savez que le staff du XV de France a insisté sur la nécessité de posséder des hommes du cinq de devant qui sont les premiers au soutien… Face aux Pumas, Flament a parachevé cette première réussie par un essai sur lequel il a fait l’étalage de ses qualités de déplacement en se proposant à hauteur de Matthieu Jalibert, puis en battant le dernier défenseur. "Il a eu une superbe course, est arrivé vite dans l’intervalle et marqué un essai magnifique, a apprécié Fabien Galthié. Pour sa première, il a permis de gagner le match." Et Flament de conclure : "Je ne peux être plus heureux."

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