Charvet : « Il y a eu des heures compliquées, mais on s’est toujours dit qu’on allait y arriver »

  • Malgré quelques difficultés, Denis Charvet et son staff sont parvenus à composer une équipe compétitive face aux Tonga.
    Malgré quelques difficultés, Denis Charvet et son staff sont parvenus à composer une équipe compétitive face aux Tonga. Midi Olympique - Aurélien Delandhuy
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Après un début de semaine des plus éprouvants, « la fleur » revient sur les difficultés à composer la sélection pour ce rendez-vous lyonnais, tout en ne manquant pas de rendre hommage aux acteurs du rugby français qui ont permis d’y parvenir...

Toutes les sélections des Barbarians sont compliquées. Mais on a le sentiment que dans le contexte éprouvant des dix journées consécutives disputées en Top 14, celle-ci fut plus difficile à constituer que jamais…

(Il souffle) On y est arrivé, non sans mal, parce qu’on a eu des difficultés jusqu’au bout avec les blessures. Mais on y est arrivé au beau milieu d’un calendrier de fou, avec des joueurs qui ont sacrifié leurs vacances pour venir, sans aucune obligation. Rien que pour cela, je suis heureux.

L’avenir de la sélection n’est donc pas en danger, selon vous ?

Pas du tout. Sincèrement, je suis optimiste. Le fait que Claude Atcher soit devenu notre secrétaire général nous aide bien, car nous avons pu bénéficier par son biais des structures de France 2023. La Fédération est notre partenaire et nous soutient au travers de Bernard Laporte, et les clubs nous ont aussi bien aidé, avec leurs moyens. Qu’il s’agisse d’Ugo Mola, Patrice Arlettaz, Pierre Mignoni, Christophe Urios, Ronan O’Gara, Jérémy Davidson, Jonno Gibbes ou Sébasten Piqueronies, tous les managers ont bien joué le jeu. Tout comme le BO avec Jean-Baptiste Aldigé, Bayonne avec Yannick Bru, ou les Montois qui ont été très réactifs pour libérer Léo Coly. On sent au travers de nos échanges avec eux qu’il y a toujours un respect de l’institution des Barbarians. Je veux également remercier le Lou ainsi qu’Olivier Ginon et Yann Roubert, qui nous accueillent merveilleusement.

Avez-vous essuyé des refus de la part de joueurs ou de clubs ?

Au contraire, il y a des mecs qui auraient aimé être là mais qui n’ont pas pu se libérer. Je pense à Morgan Parra, qui devait venir mais que la blessure de Sébastien Bézy a incité à renoncer, par rapport aux intérêts de son club. Il y a aussi le petit Nolan Le Garrec qui s’est blessé, à qui on adresse nos vœux de rétablissement. Je regrette enfin que Mathieu Bastareaud n’ait pas pu se libérer. On a essayé jusqu’au bout mais avec sa blessure dont il vient tout juste de revenir, c’était compliqué.

D’autant que vous avez été confrontés à quatre forfaits en début de semaine...

Lundi matin, on a passé quatre heures compliquées... Mais on ne s’est jamais démonté. Avec Xavier Gabajosa et Laurent Labit, on s’est toujours dit qu’on allait y arriver. Quand Saïd Hirèche m’a appelé lundi en pleurs pour m’annoncer qu’il était forfait, j’ai immédiatement pensé à Esteban Abadie. Son père était mon frère, je trouvais que c’était un symbole magnifique. J’ai immédiatement appelé Jérémy Davidson qui m’a dit « appelle le vite, il part à Lisbonne »

Et on l’a rattrapé par la manche… Sauf que dans la foulée, on a perdu Jordan Joseph. J’ai essayé d’appeler Damien Chouly, mais il était déjà parti au Maroc. Là, Patrice Arlettaz nous a sauvé en nous libérant Lucas Bachelier… Sébastien Piqueronies a été superbe aussi en nous libérant deux de ses piliers. Au bout du compte, même si on a eu de gros doutes, on aligne une équipe composée de joueurs dont on se dit qu’il fallait qu’ils soient là. C’est aussi ça, la magie des Baa-Baas.

Un mot sur Joe Tekori, le deuxième capitaine étranger de l’histoire des Ba-Baas après Byron Kelleher...

Quand Ugo Mola me l’a donné, c’était un formidable cadeau parce que c’est un mec qui fait l’unanimité partout où il passe. C’est un joueur rugueux, mais pas méchant, qui a pris à bras-le-corps son rôle de capitaine.

Tout de suite, il s’est investi en parlant aux avants, en reprenant la parole pendant le premier repas. On parle quand même d’un garçon qui a disputé trois Coupes du monde avec les Samoa, avec un état d’esprit formidable. Pour nous, l’avoir comme capitaine, ce n’est que du bonheur car il incarne notre esprit à merveille. Comme beaucoup, il était un Barbarian sans le savoir et aujourd’hui, on est heureux qu’il le soit réellement devenu.  C’est vraiment un spécimen.

Nicolas Zanardi
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