Woki : un pari en deuxième ligne

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Fabien Galthié a décidé de tester Cameron Woki en position de deuxième ligne, un poste qu'il n'a quasiment jamais occupé, même en club. Le sélectionneur veut aller au bout de ses intuitions.

 



 


 

C'est donc la grande innovation du XV de France qui va affronter la Géorgie. Le passage de Cameron Woki en deuxième ligne, après neuf apparitions en troisième ligne, son poste habituel en club. À l'UBB, depuis ses débuts en 2017-18, Woki n'a jamais joué dans la cage au départ d'un match. Avec les Bleus, il a « dépanné » à deux reprises en fin de partie. Contre l'Australie en juillet dernier et contre l'Argentine la semaine passée. Contre les Wallabies à Melbourne, ça a duré trois minutes, le temps pour la mêlée française de surprendre sa rivale et d'obtenir une pénalité décisive transformée par Melvin Jaminet pour une victoire historique (28-26).

Contre l'Argentine au Stade de France, il a joué onze minutes en deuxième ligne, mais il n'a pas eu de mêlées à pousser. On peut supposer que cette tentative de reconversion correspond au désir d'aligner au poste numéro 4 des joueurs qui se déplacent beaucoup, forts de leur profil longiligne avec une capacité à accélérer et à manipuler le ballon. Thibaud Flament, titulaire contre les Pumas, en est l'exemple flagrant. Le poste de deuxième ligne est souvent cité comme l'un de ceux qui ont le plus évolué depuis dix ou quinze ans . À tel point que les silhouettes des joueurs ont changé, on a parfois l'impression que les joueurs actuels sont moins massifs que ceux du passé. Il y a une part d'illusion d'optique ; car les deuxième ligne modernes dépassent largement les cent kilos de muscles. Woki flirte avec les 110. En tout cas, les sélectionneurs font un vrai pari face à un adversaire, la Georgie, réputée pour sa mêlée. Pour Cameron Woki, ce sera donc un vrai test quand il faudra pousser. Interrogé vendredi en conférence de presse, Fabien Galthié a expliqué ainsi son choix : « Il y a toujours des risques. Mais il faut aller au bout de ses intuitions. Il est notre capitaine de touche, je le rappelle. De part son physique, il a un profil hybride qui nous a fait penser qu'il pouvait jouer avec le maillot numéro 4. Il a fini à ce poste contre l'Argentine. Nous avons fait ce choix sachant qu'il y a Thibaut Flament parmi les finisseurs. Nous verrons le scénario du match, mais il pourra entrer. »

Jérôme PREVOT
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