Mathieu Acebes (USA Perpignan) : « Avoir porté le maillot des Barbarians, c’est avoir réussi sa carrière »

  • Mathieu Acebes : « Avoir porté le maillot des Barbarians, c’est avoir réussi sa carrière »
    Mathieu Acebes : « Avoir porté le maillot des Barbarians, c’est avoir réussi sa carrière » Midi Olympique/ Aurélien Delandhuy
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Pour sa première convocation avec les Baa-Baas, « la braise » s’est avéré à la hauteur du monument qu’on pourrait bientôt commencer à lui bâtir du côté de Perpignan. Passionné, passionnant, et ô combien inspirant pour ses partenaires…

Vous avez honoré votre première sélection avec les Baa-Baas, et parlé de « rêve » à ce sujet lors de votre émouvant discours d’après-match…

Oui, clairement. Bien avant d’avoir la chance d’être sélectionné, je disais toujours qu’un joueur qui avait la chance d’être sélectionné par les Barbarians était un joueur qui avait réussi sa carrière. C’était un maillot qui me tenait à cœur et je peux vous assurer que lorsque j’ai été contacté pour le porter, j’étais le plus heureux des hommes…

Après l’avoir vécu de l’intérieur, comment expliquez-vous que la magie des Barbarians puisse encore fonctionner en 2021 ?

Par la passion, tout simplement. Pourquoi les choses simples marchent, à un moment donné ? Pourquoi Léo Coly me comprend-il instantanément et me délivre instinctivement une passe au pied parfaite, lorsqu’il me voit arriver à hauteur et qu’on ne communique que par un simple regard, sans le moindre repère commun ? Pour moi, ce n’est pas de la magie. C’est juste parler le même langage, celui de la passion.

Cette expérience avec les Barbarians, l’aviez-vous fantasmée ? A-t-elle correspondu à ce que vous en attendiez ?

Je l’avais imaginée exactement comme ça, en fait. Ni plus, ni moins. Le rugby, ça reste notre passion à tous et jouer pour les Barbarians c’est renouer avec cette passion. Ça nous rappelle pourquoi, un jour, on a décidé d’enfiler des crampons, un short et d’aller se rouler dans la boue et dans le froid. Le seul enjeu ici, c’est de prendre du plaisir et de faire honneur à un maillot qui a traversé les générations. Ça vaut tout l’or du monde.

Après la rencontre, vous avez en effet insisté devant tout le groupe sur le fait que dans une carrière, l’argent ne faisait pas tout…

J’ai dit tout ça comme cela m’est passé par la tête, sans trop réfléchir, avec le cœur et sous le coup de l’émotion… Oui, j’étais ému parce qu’une semaine comme celle-ci nous rappelle pourquoi on fait tout ça, pourquoi on aime ce sport. Avec les Barbarians, on ne touche pas d’argent. Mais on touche quelque chose de bien plus inestimable et bien plus précieux à mes yeux.

Cette solidarité, cette alchimie s’est notamment manifestée lorsqu’il vous a fallu trouver les ressources pour rebondir après le forfait de Henry Chavancy, positif au covid et forfait la veille de la rencontre…

C’est vrai qu’à moins de 24 heures du match, après le test d’Henry, on ne savait même pas si on allait seulement pouvoir jouer… C’est aussi ce qui a fait la magie de ce moment : avoir été capable de sortir un match comme ça, face à une équipe internationale, après la semaine que nous avons vécue… Cela rend probablement la victoire encore plus belle.

Le forfait de Chavancy vous a d’ailleurs obligé à évoluer au poste de centre où vous avez directement affronté votre partenaire en club, Sipa Taumoepeau…

Oui… Je suis d’autant plus heureux d’avoir pu l’affronter qu’après le match, il m’a fait don de son maillot tout en sachant pertinemment que je ne pouvais pas échanger le mien avec lui. C’était un beau geste de sa part, qui m’a beaucoup touché. Je l’en remercie. Comme quoi, il n’y a pas besoin de porter le maillot des Barbarians pour en partager les valeurs. Heureusement, d’ailleurs…

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Propos recueillis à Lyon par Nicolas ZANARDI
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