Test match - France - All Blacks : Fickou en a tant rêvé

  • Gaël Fickou est un atout multicartes du XV de France.
    Gaël Fickou est un atout multicartes du XV de France. Midi Olympique - Patrick Derewiany - Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Le plus capé des Bleus, devenu homme à tout faire des lignes arrière, court après les sommets depuis huit ans déjà. Ce choc est l'occasion rêvée de s'offrir un grand soir.

Il se dégage de Gaël Fickou des paradoxes en tous genres. Sa relative jeunesse, 27 ans, dénote déjà avec sa stature de doyen du groupe France, du haut de ses 65 sélections. Sa représentation populaire, aussi, contraste avec la réalité de son jeu : on avait longtemps présenté le Varois d'origine comme un attaquant imprévisible, insaisissable ; il a évolué pour s'affirmer comme un défenseur de très haut niveau, dans sa propension à remporter les duels comme dans sa capacité à organiser un rideau défensif.

Son statut d'incontournable, d'homme de base, tranche également avec son utilisation aléatoire sur la pelouse : il a commencé l'année au poste de premier centre, a terminé le Tournoi à l'aile et s'est vu attribuer le numéro 13 aux côtés du cinq-huitième Romain Ntamack lors des deux premières levées de la tournée, le chercheur d'espaces devenant ainsi un point d'ancrage. « Il vaut mieux que Romain soit sur ses pieds et apporte sa technique, son jeu de passes, ses énormes qualités, analysait-il dans l'après-match. Lui, c’est le jeu, la vitesse, c’est mieux de le laisser debout. Et moi, je vais au contact. » Face à la Nouvelle-Zélande, nouveau changement en vue : il devrait cette fois cohabiter avec Jonathan Danty, son ex-partenaire au Stade français. Peu importe, en un sens, son placement ou ses associations. Le Racingman, un des premiers noms couchés sur la feuille de match par l'encadrement, est devenu l'homme à tout bien faire des lignes arrière du XV de France. Un atout multicartes on ne peut plus précieux de par sa fiabilité. Mais Gaël Fickou semble avoir gagné en régularité et en polyvalence ce qu'il a perdu en brillance, en éclair : l'intéressé le reconnaissait, à demi-mot, le mois dernier, dans ces mêmes colonnes : « Je suis à un niveau constant, je prends du plaisir et suis globalement compétitif. Je suis stable en club et en équipe de France. Est-ce mon meilleur rugby ? Je n’en sais rien. »

Huit ans après son premier éclair...

Plus indispensable que jamais, Gaël Fickou n'est peut-être pas pour autant au sommet de son art. Un paradoxe de plus. Si les chiffres ne disent pas tout, ils mentent rarement : depuis la Coupe du monde 2019, il a inscrit un seul essai, en Italie, en février dernier. Le Varois brille dans l'ombre. Les grands rendez-vous appartenant aux grands joueurs, le choc au sommet de samedi donne au trois-quarts l'occasion idéale de (re)montrer l'étendue de son talent. Et de marquer l'histoire des Bleus d'une pierre blanche après avoir trop longtemps broyé du noir. Gaël Fickou a connu des quatrièmes et des cinquièmes places dans le Tournoi, l'humiliation face aux Fidji, des fannys en tournée, quatre sélectionneurs, déjà... Le grand soir est peut-être enfin arrivé. Comme une récompense, après tant d'investissements. Et une promesse, surtout : « Il reste deux ans avant la Coupe du monde mais cette équipe de France a le devoir d’avancer, de gagner des titres, évoquait-il en octobre. De remporter la tournée d’automne et le Tournoi des 6 Nations. »

En termes d'accomplissements, un succès face aux Blacks se rapproche de la quête d'un trophée : « Ce genre de match, je rêvais de les jouer quand j’étais gosse. Il y a beaucoup de pression, beaucoup d’enjeux…» Gaël Fickou a déjà affronté à cinq reprises les Néo-Zélandais. La première fois, le 9 novembre 2013, pour sa deuxième sélection, il était entré en jeu à la 67e minute, au Stade de France. 120 secondes après, le centre avait offert sur un plateau l'essai de l'espoir à Brice Dulin, les Bleus mourant à sept points après une séance de mêlée à cinq mètres (19-26). Huit ans après, une sixième opportunité lui est offerte de vaincre la nation référence. Et d'offrir au Stade de France une aussi grande joie que celle vécue face au XV de la Rose, un 1er février 2014, quand il était allé inscrire une merveille d'essai au bout du suspense. Ce jour-là, la France du rugby s'était découvert un talent hors normes. Le génie ne disparaît jamais, paraît-il...

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