Test match : Peato Mauvaka, l’homme des grands rendez-vous

  • Auteur de trois essais en deux rencontres, le talonneur Peato Mauvaka est le meilleur marqueur de cette tournée.
    Auteur de trois essais en deux rencontres, le talonneur Peato Mauvaka est le meilleur marqueur de cette tournée. Photos Midi Olympique - Patrick Derewiany - Photos Midi Olympique - Patrick Derewiany
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 Toujours contraint d’évoluer dans l’ombre de Julien Marchand, que ce soit en club ou en sélection, le talonneur toulousain Peato Mauvaka est pourtant bien plus qu’une doublure.

Le monde du rugby est tombé d’accord sur une chose et c’est assez rare pour le souligner : le XV de France s’appuie sur une génération extraordinaire pour préparer la prochaine coupe du monde. Fabien Galthié n’a qu’à secouer l’arbre pour trouver des facteurs X et des Ovnis à ses pieds. Tout le monde admire le talent d’Antoine Dupont, se passionne pour la richesse tant attendue au poste d’ouvreur, vibre aux accélérations de Damian Penaud, reste incrédule devant la maturité de Melvyn Jaminet, se félicite de la mobilité de Cyril Baille et s’enthousiasme devant la robustesse des Anthony Jelonch et Grégory Alldritt. Et au milieu de cette abondance de biens, c’est pourtant le talonneur Peato Mauvaka qui est pour l’instant le meilleur marqueur de cette tournée avec trois essais en deux bouts de matchs. Car le Toulousain est un finisseur comme aime dire le sélectionneur. Un rôle qui lui colle aux crampons, puisque Mauvaka doit s’épanouir dans l’ombre de Julien Marchand, son capitaine en club et donc concurrent chez les Bleus. Remplaçant, finisseur, rien de cela ne semble pourtant approprié pour définir Peato Mauvaka. Les rois de la sémantique et les amoureux de la flèche du temps devraient rapidement organiser un « brainstorming » pour trouver un nouveau mot pour qualifier le talonneur toulousain. Il est aujourd’hui certainement un titulaire bis dans son club, même si Fabien Galthié louait ses qualités de finisseur au début de la tournée pour expliquer ce retour au second rang, passant devant Pierre Bourgarit, Gaëtan Barlot et Camille Chat : « Peato a des qualités qui nous semblent importantes pour matcher lors des dernières minutes. Il a un très bon lancer, de l’explosivité, de la puissance en mêlée.»

L'homme de la reconquête

Les trois essais inscrits par le Calédonien sont là pour témoigner de son dynamisme et de sa puissance, qui ont fait des merveilles face à l’Argentine puis la Géorgie. Des entrées en jeu qui ont porté les Bleus toujours en quête de redoutables finisseurs. Mais l’histoire a décidément tendance à bégayer pour Peato Mauvaka, dont l’ascension a été fulgurante au cours de la saison 2018-2019. Le jeune toulousain a été propulsé en première ligne par Ugo Mola, alors contraint de s’adapter après les graves blessures de Julien Marchand et Leo Ghiraldini pendant l’hiver. Mauvaka était la révélation du printemps, avec notamment des performances exceptionnelles lors des matchs à sensations fortes, que ce soit en Coupe d’Europe, avec une prestation remarquée lors de la demi-finale perdue face au Leinster à Dublin, mais aussi en championnat où il brillait jusqu’à la finale remportée face à Clermont. Et c’était encore le cas lors de la dernière finale de Coupe d’Europe remportée face à La Rochelle lors de laquelle le Stade toulousain avait dû composer avec la suspension de Julien Marchand. Mauvaka était donc titulaire lors de la reconquête du Brennus après sept ans de disette mais aussi lors du retour toulousain au sommet du rugby européen onze ans après le dernier titre. Il le sera de nouveau ce samedi pour la "finale" de cette tournée où les Bleus tenteront de décrocher le premier succès en France face aux Blacks depuis 21 ans, le premier à Paris depuis 1973 et le premier au Stade de France tout simplement où les Bleus n’ont jamais fait mieux qu’un match nul en 2002.

Au coude à coude en club

L’exploit dont rêvent les Bleus ce samedi est donc une mission qui sied à merveille à Mauvaka le titulaire. Et s’il n’a pas le même nombre de sélection que son coéquipier, seulement huit contre seize, il peut néanmoins faire valoir qu’il était présent au sein du groupe France lors de la dernière Coupe du monde, une expérience riche, même si elle ne se traduit pas en sélection comme l’a souligné Fabien Galthié au moment de débuter cette tournée. Il semble de plus en plus difficile de départager les deux hommes, notamment en club. Cette saison, ils ont chacun débuté quatre matchs de Top 14 et ont été autant de fois remplaçants. Marchand a disputé 324 minutes, Mauvaka 316. Il n’est donc plus dans l’ombre de celui qui est pourtant considéré comme un des meilleurs au monde à son poste. Et si Marchand est le capitaine des Rouge et Noir, Peato Mauvaka en est devenu un des vices-capitaines aux côtés d’Antoine Dupont. Un statut qu’il a acquis sur le terrain, en étant irréprochable notamment dans les grands rendez-vous où il a enfilé ce précieux numéro 2. Ce ne sera que la deuxième fois qu’il sera titulaire en bleu ce samedi face aux Blacks. Rien d’insurmontable pour cet homme des grands rendez-vous.

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Nicolas AUGOT
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