Rugby à VII - Joachim Trouabal (France VII) : "Depuis que j'ai 12 ans, je bats mon père à la course"

  • Joachim Trouabal (Barbarians) lors de l'InExtenso Supersevens
    Joachim Trouabal (Barbarians) lors de l'InExtenso Supersevens Icon Sport - Sandra Ruhaut
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Membre de France 7 et accessoirement fils du sprinter médaillé mondial Jean-Charles Trouabal, Joachim Trouabal, ancien de Massy et du Racing, se raconte et confie ses ambitions.

Joachim, pouvez-vous nous retracer votre parcours pour commencer ?

Je viens de la région parisienne où j'ai toujours habité. J'ai commencé le rugby il y a plus d'une dizaine d'années. J'ai débuté à Brétigny, à côté de Marcoussis, puis j'ai joué à Massy pendant cinq ans avant d'aller au Racing. J'en suis à ma troisième année avec le VII.

Le rugby a-t-il été une évidence ?

J'ai touché à beaucoup de sports. J'ai joué un an au foot en Turquie, car mon père y travaillait. J'ai longtemps pratiqué le tennis, fait du judo... Puis un pote m'avait parlé du rugby. J'y suis allé. Pour l'anecdote, j'avais arrêté après le premier entraînement. Ça me plaisait mais quand j'ai découvert les douches collectives dans le vestiaire, ça m'a freiné. Mais un peu plus tard, je me suis dit que ça valait le coup. Pendant plusieurs années, j'ai combiné rugby et tennis. J'aime le sport en général mais le rugby était celui où je m'épanouissais le plus.

Quelle a été l'influence de votre père, Jean-Charles, ancien médaillé mondial et européen en athlétisme ?

Il ne m'a jamais poussé vers l'athlé. Parmi mes quatre frères, il n'y en a qu'un qui la pratique et il y est venu sur le tard. J'étais libre de choisir. Mais il était important que l'on fasse du sport. Depuis que je suis tout petit, il m'a accompagné au rugby. Il m'a donné plein de conseils, j'ai pu en profiter. Même si les sports ne sont pas les même, ça reste du haut niveau. A partir de 14 ans, il m'a aussi initié à l'athlé. En plus d'avoir de hérité de ses qualités de vitesse, j'ai appris à courir avec lui.   

A l'époque, vous jouiez à Massy. Il devait y avoir du beau monde à vos côtés...

Oui j'ai presque passé tout mon temps avec Jordan Joseph. Il y avait aussi Alexandre Tchaptchet qui est avec moi à VII. William Iraguha était un peu plus vieux et j'ai joué quelques matchs avec Cameron Woki aussi. J'étais déjà ailier. Je n'ai toujours joué qu'à ce poste même s'il m'est arrivé de glisser en 15.

Qu'est-ce qui vous a amené à passer à VII ?

Depuis mes 15 ans, je le pratiquais. On avait une super génération. On ne perdait presque jamais, que ce soit avec Massy ou l'Ile-de-France. Ca m'avait donné le goût. J'avais été en équipe de France jeunes à VII, un peu à XV aussi. Il y avait eu deux championnats d'Europe et la médaille d'argent aux JO de la Jeunesse. C'était une expérience de fou. A côté de ça, à 18 ans, je sortais d'une année où je n'avais pas beaucoup joué en espoirs. On ne me faisait pas beaucoup confiance, l'entraîneur avait l'air de ne pas aimer mon profil. Pourtant, je marquais, je faisais de bonnes performances. Le club m'a tout de même proposé de me garder et de m'entraîner avec les pros. La proposition du 7 est venue au même moment. Et je me suis dit que c'était le meilleur moyen de me développer. 

Comment ça ?

En fait, j'ai toujours eu un objectif précis en tête : dans ma carrière, je voulais arriver à un moment où je suis à 100 % de ce que je peux donner. En termes d'appuis, de vitesse, d'explosivité. Ca me tenait vraiment à coeur. Le 7 est un bon moyen d'y arriver avec de longues périodes de préparation.

Depuis votre engagement à VII, à l'été 2019, vous n'avez pas vraiment eu l'occasion de vous exprimer...

Oui, pour l'heure, je n'ai disputé qu'une étape du circuit en Afrique du Sud (en décembre 2018). J'avais été appelé après avoir un tournoi avec France développement à Dubaï où j'avais réalisé un très bon week-end. J'étais 13e et j'avais joué cinq minutes. L'année d'après, la saison s'est arrêtée après six tournois. Moi, j'étais avec France développement et je me suis blessé avant le premier confinement. Depuis, je m'entraîne avec le groupe. Je vais enfin découvrir les World Series. J'ai vraiment hâte. Je le vois comme mon premier tournoi. 

On vous a vu à votre avantage lors de l'InExtenso Supersevens...

Oui, c'était bien, on a eu l'occasion de jouer tous ensemble avec les gars de France 7. C'était bien de retrouver un bon terrain et c'étai cool de jouer à Paris. Et puis toutes les victoires sont bonnes à prendre. Ca nous a permis de monter en puissance.

Au passage, vous vous fendez d'un essai superbe en finale sur lequel vous déposez Dan Norton, le recordman mondial d'essais... 

Je l'ai déjà beaucoup raconté celui-là (sourire). Sur le coup, je me retrouve face à Norton et il y a Afrika à côté. Je me dis que je ne vais jamais passer. Mais Norton défend différemment comme s'il était sûr que je ne le prendrai pas sur l'extérieur. Sur mon crochet intérieur, il s'arrête et j'accélère. Assez rapidement, il se rend compte qu'il ne me rattrapera pas. On s'est vraiment beaucoup amusé.

Quelle est votre vitesse de pointe ?
37, 5 km/h je crois.

Par rapport à votre père, ça donne quoi ?

Ce n'est pas comparable. Les athlètes courent sur des pistes qui renvoient l'énergie, ne se préparent que pour ça... Ils vont à plus de 40 km/h.

Vous arrive-t-il de vous mesurer à lui ?

Non, c'est fini ça. Depuis que j'ai douze ans, je cours plus vite que lui.

Pour l'heure, on vous associe beaucoup à votre père. Comment le vivez-vous ?

Je suis content et fier même. Ce n'est pas le même sport. Et puis je n'étais pas né. Je vois bien qu'il a marqué les gens de sa génération mais je n'aiu pas connu ça. Il y a encore plein de gens qui me présentent comme le fils de Jean-Charles Trouabal mais, dans le rugby, j'espère que les gens vont me connaître autrement à l'avenir.

Quelles sont vos ambitions pour cette saison ?

J’arrive au meilleur niveau personnellement. J'ai envie d'enchaîner les tournois, de m'améliorer, de multiplier les bonnes performances. Il y a des petits objectifs perso : je veux marquer à chaque match si c'est possible. A titre collectif, je veux vraiment gagner un ou plusieurs tournois. On en a parlé entre nous, il faudrait arriver à Paris en 2024 avec un vrai statut. Comme le disait Fabien Galthié, le but n'est pas de se dire que l'on va être champion mais de regarder tout le monde dans les yeux.

Participer aux JO, ce serait l'occasion de marcher dans les pas de votre père...

Oui, il y a participé en 1988 et 1992.

Sans ramener de médaille, malheureusement... Ca manque de la vitrine familiale, non ?

On ne peut pas rêver mieux, c'est sûr.

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