Christophe Urios : « Une saison en enfer »

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Christophe Urios raconte dans un ouvrage les dix-huit mois qu'il a vécus entre mars 2020 et juin 2021. Il en profite pour distiller ses conceptions du management. A mi-chemin entre le mode d'emploi et la confession.

 

Il a repris un titre d'Arthur Rimbaud, un personnage avec lequel on ne le comparerait pas  d'emblée. Christophe Urios a écrit «Une saison en enfer » avec Frédéric Rey-Millet (Editions Eyrolles). Le postulat est simple, comment Christophe Urios qu'on imagine suractif a pu vivre sous le régime du confinement, après cette date fatidique du 17 mars 2020 ? Son club, l'Union Bordeaux-Bègles, caracolait en tête du Top 14 et on lui annonça que la saison était terminée. Comment a-t-il relevé ce coup d'arrêt brutal qui lui a peut-être fait perdre une occasion unique d'amener les girondins au titre ? Comment a-t-il pu rebondir pour relancer son club vers le dernier carré du Top 14 et de la Coupe d'Europe l'année suivante ?

Christophe Urios : « Une saison en enfer »
Christophe Urios : « Une saison en enfer »

On dévore ce livre en passant des conseils pratiques du manager aux instants pris sur le vif de la vie de l'homme Christophe Urios. Comment a-t-il appris la mauvaise nouvelle  de l'arrêt du championnat ? « Je visitais le domaine du Minervois que j'achèterais deux mois plus tard. Je suis avec Joao, ouvrier agricole. Le président de l'UBB Laurent Marti m'appelle pour me dire que tout est fini... ». On visualise la scène. Puis il livre d'autres moments, tranches de vies douloureuses auxquelles il n'aurait jamais pensé être confronté. « Nous continuons la visite....  Mon portable sonne, C'est Patrick Manducher, le frère de l'ancien président du club d'Oyonnax (que C.U. a entraîné pendant huit ans, NDLR). Marc Manducher. Je connais Patrick, mais il ne m'appelle jamais... Je savais pourquoi il m'appelait. Il m'annonce le décès de son frère. »

On fréquente cet ouvrage ainsi, en passant du bréviaire aux souvenirs d'une carrière déjà bien remplie. Son mode d'emploi pour trouver le chemin de la confiance et de l'énergie positive frappe par sa précision : « Tracez quatre colonnes sur une feuille de papier. Une pour les pensées négatives, la seconde pour identifier les moments précis où le doute vous submerge , la troisième pour les succès passés, la quatrième pour les pensées positives. » On résume évidemment, mais il s'agit de mettre en place un cercle vertueux et de chercher le flow, la satisfaction non pas de l'objectif atteint mais du chemin qu'il faut parcourir. On ne résiste pas au plaisir de citer le chercheur qui a théorisé cette conception : Mihaly Csikszentmihalyi, hongrois émigré aux Etats-Unis. Presque aussi difficile à écrire que de battre Toulouse sur un terrain de rugby.

Vous découvrirez les idées et les interrogations de Christophe Urios tout au long de ces 189 pages. Les joueurs qui ont chanté dans le bus, deux heures après la défaite en demi-finale du Top 14, ce qu'il n' a pas apprécié. Trop tôt selon lui. Les progrès de leader de Jefferson Poirot ce dont il se félicite, tout comme la haine de la défaite de Matthieu Jalibert qui lui, a fait la gueule toute la soirée de la demie.

Il explique aussi la façon dont il a voulu briser la routine en quittant Castres pour Bordeaux et la surprise des joueurs tarnais quand ils ont appris la nouvelle un beau jour de 2019. « Mais qu' est ce que tu vas faire à Bordeaux ? Cette équipe n'a pas de caractère. Ils parlent beaucoup mais ne font rien... » Il leur répondit : «Raison de plus, c'est mon moteur principal, j'ai besoin de ça. » On terminera sur un intertitre fait pour interpeller : « D'où vient l'optimisme ? » On avait tant hâte de le savoir.

 

« Une saison en enfer » par Christophe Urios et Frédéric Rey-Millet, éditions Eyrolles.

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