Remi Lamerat (UBB) : « Je me suis dit, ici, il y a un coup à faire ! »

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Le trois-quarts centre international est originaire de la Gironde. Mais il a attendu ses 29 ans pour jouer avec l’UBB. Il nous livre ici son opinion sur ses retrouvailles avec le club phare du département de son enfance.

Vous avez commencé le rugby à Sainte-Foy-la-Grande, en Gironde. Quelle était votre vision du rugby bordelais quand vous étiez enfant ?

Je jouais au Stade Foyen  et quand j’étais à l’école de rugby, l’UBB n’existait pas. Il y avait deux entités distinctes, le CA Bègles-Bordeaux et le Stade Bordelais. En Gironde, il n’y avait pas réellement de club-phare à nos yeux. Attention, le CABBG et le Stade Bordelais avaient deux écoles de rugby très solides, nous entendions aussi parler de l’épopée de 1991 des Béglais, ce souvenir était fort. Mais à ce moment-là, un club était en Fédérale 1, l’autre en Pro D2 ou vice-versa. Ça faisait un peu le yo-yo. Le grand club de la région, pour nous, c’était le SU Agen, même s’il était en Lot-et-Garonne. Mais, de Sainte-Foy-la-Grande, Bordeaux et Agen étaient toutes deux à une heure de route. C’est dans les tribunes d’Armandie que j’ai vécu mes premiers matchs de haut niveau. Bordeaux et Bègles n’avaient pas le même pouvoir d’attraction.

Vous jouez à l’UBB depuis 2019. Quelle atmosphère avez-vous découvert ?

Malgré le fait qu’on soit dans une grosse métropole, malgré le fait que le club soit ambitieux, il a gardé un côté familial. On sent encore ce côté qui a survécu à la montée en première division récente, même si ça fait maintenant une dizaine d’années que ça s’est produit. Ça se ressent encore dans nos relations avec nos supporters, nos partenaires. C’est toute une atmosphère qui n’était pas jouée d’avance pour une grande ville. J’ai aussi découvert le Ceva Campus, lieu de vie au quotidien… Ça me montre que je fais partie des vieux, puisque je suis l’un des seuls à avoir connu Moga, comme un stade de match. J’ai eu la chance d’y jouer contre l’UBB au début de son histoire en Top 14. Aujourd’hui, je m’y entraîne tous les jours, c’est drôle.

Vous avez commencé votre carrière à Toulouse, un club très admiré dans la métropole voisine. Quelle comparaison faites-vous ?

Pour moi, ça renvoie à des sentiments différents. C’est trop lié à mon parcours et à mon âge. À Toulouse, je débutais, je m’entraînais avec les professionnels pour la première fois. À Bordeaux, je suis venu pour tirer mes dernières cartouches. Les deux contextes n’ont rien à voir. Mais il n’empêche que je ressens quand même des similitudes dans la culture et l’ambition du jeu pratiqué. Nous avons un président qui a joué à bon niveau. Je ressens la volonté de gagner, évidemment, mais en pratiquant un jeu assez « atypique ». C’est en tout cas quelque chose qui nous anime.

En tant qu’observateur, on a l’impression que l’UBB a su trouver très vite une grande popularité. La ressentez-vous ?

Oui, je la ressens. Mais à Bordeaux, il y a tellement de choses à faire qu’on note une différence avec ce que j’ai connu à Castres ou à Clermont, deux autres clubs et deux autres villes où j’ai évolué. Dans ces cités-là, le rugby est au centre de la vie sociale, sans faire injure aux autres activités qui y existent. À Bordeaux, ça l’est moins. En revanche, on sent que c’est l’attraction du week-end pour tous ces gens qui travaillent toute la semaine et qui pourraient très bien aller sur le Bassin d’Arcachon, dans les Pyrénées ou dans les vignes de Saint-Emilion. Mais ils préfèrent venir au stade jusqu’à dépasser les 20 000 spectateurs de moyenne, ce que je trouve incroyable. Mais pour avoir de la famille à Bordeaux depuis très longtemps, je peux dire que dans ces 20 000, je retrouve un noyau béglais éternel, qui représente la culture du rugby local.

Revenons à l’actualité. L’UBB sort de deux saisons très réussies, plus un bon départ en 2021-2022. On sent incontestablement un effet Christophe Urios, que vous aviez déjà croisé à Castres. Comment le définiriez-vous ?

C’est un vrai manager. Aujourd’hui, en France, on ne savait pas trop où placer la limite entre la fonction d’un entraîneur et d’un manager. Lui, il manage clairement avec autour de lui, des entraîneurs qui entraînent. Christophe Urios est un meneur d’hommes et on peut compter sur lui pour garder le cap. Là où il est fort, c’est quand ça va mal. Il tient la barre et quand ça tangue, il sait quoi faire et quoi dire. Il sait très bien s’entourer et au quotidien, il laisse ses adjoints animer les séances. Même si, parfois, il va intervenir sur le rugby en tant que tel. Mais sa réelle passion, c’est de comprendre les hommes et d’en tirer le meilleur.

Quel est votre meilleur souvenir depuis votre arrivée à l’UBB ?

C’est dur à dire mais le meilleur moment pour moi, ça reste ce match face à Lyon, juste avant le premier confinement. Dans un stade pas loin d’être plein à craquer, nous avons réussi à prendre le bonus à cinq minutes de la fin (N.D.L.R. : victoire 37-19 de l’UBB, le 15 février 2020). Et là, la foule s’est mise à chanter en chœur. J’étais encore sur le terrain à ce moment-là et ce fut un moment particulier, assez incroyable à vivre. Je me suis dit : « Tiens, ici, il y a un coup à faire. »  Il y a un truc spécial à Bordeaux, les gens s’identifient vraiment à cette équipe.

Vous avez souvent évoqué une reconversion dans le milieu du vin. Est-ce que le fait de venir à Bordeaux vous a donné des contacts ?

Non, ça se serait fait sans ça car je suis originaire de la région. Je ne me suis jamais caché que mon projet a fait partie du choix de revenir dans le département, mais ce n’était pas mon ambition première. C’est le côté sportif et l’envie de brandir le Brennus de Laurent Marti, que je croisais depuis longtemps, qui m’a convaincu, bien avant mon projet de reconversion.

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