Top 14 - Arthur Vincent (MHR) : « Je n'en n'avais pas fini avec Montpellier »

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Publié le , mis à jour

Gravement blessé au genou et opéré au mois d'octobre dernier, le trois-quarts centre international du MHR Arthur Vincent évoque sa longue convalescence, le choc de cette première grave blessure, la relance de l'en-but de Romain Ntamack, son envie de retrouver les Bleus et surtout sa toute récente prolongation avec son club formateur, Montpellier, au profit du Stade toulousain.

Vous venez de recevoir l'Oscar Midi Olympique. Pensiez-vous que vous auriez un jour droit à une telle soirée organisée en votre honneur ?

Non franchement, jamais ! Je suis forcément surpris, et très agréablement surpris. C'était top, et même un peu inespéré par rapport à ma blessure mais ce fut une superbe soirée et je me suis régalé.

 

Qu'est ce que représente le Midi Olympique à vos yeux ?

Le Midol, ça me parle. Quand tu grandis avec le rugby, le Midol est la référence pour les infos, les indiscrétions et tout le reste. C'est gratifiant qu'un tel journal me décerne un prix, ça fait vraiment plaisir car à mon sens, le Midol est une véritable institution dans le monde du rugby.

 

Vous vous êtes blessé début octobre, où en êtes-vous de votre rééducation ?

Je me suis blessé le 2 octobre, j'ai été opéré le 20. Nous sommes le 30, donc nous sommes à cinq semaines. L'opération s'est très bien passée. Benoit Paillaugue m'avait prévenu que les trois jours suivant l'opération allaient être très douloureux, et ils l'ont été. Il fallait passer par là mais j''ai pu réattaquer rapidement la rééducation. Cela fait maintenant deux semaines que j'ai rebasculé en club et tout se passe bien, je marche de plus en plus correctement.

 

A quand estimez-vous votre retour ?

Très vite, je me suis fait une raison sur la saison en cours. Huit mois de convalescence à compter du 20 octobre, cela nous mène au 20 juin, soit pour les phases finales. Cela me paraît délicat de rejouer cette année. L'objectif que je me suis fixé, c'est d'être remis à 100 % en juillet, pour la préparation estivale et d'enchaîner normalement. On m'a bien dit qu'il fallait que je fasse les choses correctement car je suis jeune et que je ne veux pas traîner cette blessure.

 

Les anciens vous ont briefé pour aborder cette blessure ?

Oui, j'en ai parlé avec eux, notamment Guilhem Guirado qui a connu ces expériences. Et je partage ma convalescence avec « La Paille » (Benoit Paillaugue), lui aussi blessé au genou. Il est un peu mon lièvre d'ailleurs, même si je sais que je ne le rattraperai pas. Il a été opéré avant moi et pour lui aussi les choses avancent bien. De façon globable j'ai été très bien entouré et accompagné.

 

C'est votre première grave blessure dans votre carrière ?

Aussi grave, oui. Je m'étais fait une fracture du troisième métatarse au lycée, et je l'avais très mal gérée mentalement. Je n'en n'avais que pour six semaines, mais j'avais mal vécu la frustration car j'avais eu peur pour mes sélections en équipes de France jeunes. Mine de rien, cette blessure était bien moins grave mais elle m'a servi.

 

Vous avez donc mieux vécu cette blessure ?

Il y a encore des jours où, en marchant avec les béquilles ou en allant faire mes soins je me dis : « Punaise, je me suis fait les croisés quoi... ». C'est long. Tu prends du recul, mais c'est la réalité. J'ai la chance d'être très bien entouré. Par ma famille, mes meilleurs amis et mes coéquipiers. Ils m'ont beaucoup aidé.

 

On vous voit toujours hyperactif sur un terrain, débordant d'énergie et d'un coup, plus rien...

Tant que cela n'arrive pas, on en prend pas la mesure. En vous en parlant, les mots de Jeff Poirot me reviennent : dans un reportage, il disait que quand t'es jeune, tu te crois indestructible. Et c'est vrai. T'es en pleine bourre, tu enchaînes et d'un coup, stop. La blessure te fait réaliser que tu peux casser. C'est dur mais c'est la réalité.

 

Cette blessure vous a privé de la tournée de Novembre à laquelle vous auriez pu participer, comment l'avez vous vécue ?

Je l'ai vécue de mon canapé ! C'est vrai que ce fut des moments très particuliers... Bon après, je n'aurais peut-être pas été pris non plus, et ça, on ne le saura jamais... Je l'ai surtout ressenti au moment des Marseillaise, ou lors du dernier test contre les Blacks au moment du haka. C'est le match qui faisait rêver. Ces moments, il faut les vivre et les évacuer. Mais j'étais à fond derrière eux, j'étais le premier supporter des Bleus. Ce qu'ils ont fait, c'est vraiment génial...

 

Cela vous donne encore plus l'envie d'y retourner ?

Ça donne envie à tout le monde ! Ce groupe est capable de transmettre des émotions folles et quand t'es sur son canapé tu n'as qu'une envie, c'est d'aller les rejoindre !

 

Avez-vous été surpris de cette relance de l'en-but de Romain Ntamack contre la Nouvelle-Zélande ?

Tout le monde a été surpris de sa relance. Même moi je ne sais pas ce que j'aurais fait à sa place, j'aurais peut-être aplati, ou tapé... Mais pour bien connaître Romain, cette relance ne m'a pas étonnée venant de lui. C'est l'expression de son talent, c'est du Romain tout craché. C'est la classe. Il fait partie des joueurs qui ont un talent fou et qui le démontrent, comme « Jalib' » (Matthieu Jalibert, ndlr.) par exemple. D'ailleurs je pense que Matthieu aurait fait la même.

 

Fulgence Ouedraogo a récemment été honoré parce qu'il est devenu, avec 332 rencontres, le joueur qui a disputé le plus grand nombre de matchs avec le MHR. Qu'est ce que cela vous évoque ?

Ca laisse rêveur... il ne va pas aimer que je dise ça mais quand j'étais gamin, j'ai grandi avec le Montpellier de « Fufu », de Picamoles, de François Trinh-Duc... Ces mecs là me faisaient rêver. Il fait partie des joueurs emblématiques. C'est un exemple, et cela donne aussi des idées, forcément... Cela montre aussi que le club est attaché à son identité.

 

Vous venez de choisir de prolonger votre contrat avec Montpellier plutôt que de rejoindre le Stade toulousain. Quelles raisons ont guidé votre choix ?

J'avais essayé d'anticiper cette décision pour ne pas me retrouver au pied du mur sans avoir encore fait mon choix. J'avais donc rencontré la direction, le président et Philippe avant la tournée d'Australie pour parler du projet et j'ai trouvé que celui-ci me correspondait. Depuis la saison dernière, j'ai l'impression qu'il s'est créé quelque chose dans ce groupe. Il faut rester prudent, tout va très vite en Top 14, mais on a une bonne dynamique. Je vois d'autres signaux positifs aussi, notamment au niveau des affluences au stade. On nous reproche souvent d'avoir peu de supporters, ce qui n'est pas complètement faux mais depuis plusieurs mois le stade est bien rempli. Il faut que cela continue. J'avais envie de faire partie de ça. Et puis la blessure à joué un rôle aussi...

 

C'est à dire ? Vous ne pouviez pas partir là-dessus ?

Je me revois sous la douche, juste après ma blessure. A cette période, je me posais plein de questions. Je me suis dis : « Alors c'est ça, ça y est ? C'est terminé ? Je ne remettrai plus le maillot du club ? » A l'instant T, ce n'était pas possible. Après, je ne voulais pas non plus que cette blessure dicte tout non plus. Je voulais prendre le temps, réfléchir à tout ça. Et in fine, je ne me voyais pas partir de cette manière.

 

Pas de regret concernant cette opportunité de rejoindre le Stade toulousain, qui rafle les titres ?

J'ai été très indécis c'est vrai. Mais une fois que je prends une décision, je m'y tiens à 100 % et je suis super content de prolonger avec mon club formateur. Je n'en avais pas fini avec ce club, qui me ressemble et qui m'offre un équilibre qui m'est d'autant plus précieux que je suis blessé. Pas de regret donc, et je n'en aurai pas.

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