Pro D2 - Bayonne : Maxime Delonca, l’universel

  • À 33 ans, en fin de contrat avec l’Aviron, Maxime Delonca vit ses dernières émotions, et ne sait pas de quoi demain sera fait.
    À 33 ans, en fin de contrat avec l’Aviron, Maxime Delonca vit ses dernières émotions, et ne sait pas de quoi demain sera fait. Icon Sport - Icon Sport
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Maxime Delonca est l’un des cadres de l’Aviron bayonnais. Yannick Bru lui a d'ailleurs confié le capitanat la semaine dernière. Un ancien dont l’expérience du jeu et de la vie est fondamentale.

Maxime Delonca le sait et ne s’en cache pas. À 33 ans, en fin de contrat avec l’Aviron, il vit ses dernières émotions et ne sait pas de quoi demain sera fait. En tant que joueur de rugby car le futur en dehors des terrains, il l’a déjà imaginé. Certainement, il quittera les pelouses. Cela ne l’embarrasse pas. Au contraire. Tout au long de sa longue carrière, il a toujours été en prise avec la vraie vie, sans paillettes. Celle où il faut se lever de bonne heure et aller affronter les tourmentes. C’est d’ailleurs son tempérament sur le terrain.

Le Catalan qui a débuté à Argelès-sur-Mer ne déçoit jamais, se livre toujours jusqu’à user ses dernières forces. « J’ai passé treize ans de ma vie à travailler tout en étant joueur pro. C’est dû à mon éducation. J’ai été élevé à la dure avec mon frère par mes grands-parents parce que mes parents travaillaient énormément. On en était très heureux. Je ne les remercie jamais assez », insiste-t-il. Une carrière pro amorcée à Perpignan en 2006 après avoir été repéré en équipe de France des moins de 18 ans. Il quittera sa Catalogne en 2014 sur un dernier rendez-vous de l’Usap en Top 14, à Clermont, en tant que remplaçant… en deuxième ligne.

Il se retrouvera la saison suivante à Dax, en Pro D2, les quelques remous avec son club l’ayant contraint à s’en éloigner. « C’est le meilleur choix de ma vie, assure Maxime Delonca. J’y ai passé quatre années extraordinaires. À part la première… » où cela coinçait avec Richard Dourthe, le manager. « J’avais failli arrêter le rugby à ce moment-là, continue-t-il. Heureusement, l’année d’après, j’ai rencontré Patrick Furet, un mec que je respecterai à vie, et Raph Saint-André. Ce sont eux qui ont lancé véritablement ma carrière. J’étais épanoui. »

Lorsque Dax est descendu en Fédérale, en 2018, une épreuve pour lui, le Catalan rejoindra Bayonne. Sans renier ses Landes d’adoption. « Je vis toujours à Dax. Avec ma femme, on y est très bien. Mes enfants sont heureux. Les gens sont formidables. J’ai beaucoup d’affection pour les dirigeants. C’est un club que je porte en haute estime. »

Une histoire de relations humaines, comme aujourd’hui au Pays basque où il a été choisi pour faire partie du projet bâti par Yannick Bru dès son arrivée. « Quand un homme comme lui t’appelle… C’est quelqu’un de très professionnel. C’est un grand manager. Même si ça n’a pas été toujours tout rose, c’est quelqu’un que j’apprécie énormément et que j’estimerai à vie. Il m’a fait connaître des choses que jamais je ne pensais vivre. Il m’a fait confiance. » Au point de lui avoir confié les galons de capitaine à Bourg-en-Bresse, la semaine dernière, « une fierté ! »

Un nouveau projet

C’est avec lui également qu’il éprouvera sa joie de rugbyman la plus intense, sa plus forte peine aussi. « La plus belle n’est pas forcément le titre de champion de France de Pro D2. C’est, d’une, l’année qu’on a passée, et, deux, notre arrivée au Hameau où j’ai vu mon père et mon frère en larmes fendre la foule pour m’embrasser. Ça a été, oui, le moment le plus fort de ma carrière. Pas forcément le match… Et le plus dur, c’est toute l’année dernière. J’estime que l’Aviron n’aurait jamais dû redescendre. Ce n’est pas possible. Mais ce n’est pas forcément le match de Biarritz qui me marque le plus. Ça été très dur. Et aussi de s’en relever. Aujourd’hui je suis passé à autre chose. »

Et peut-être à son avenir proche s’il ne rechausse plus les crampons. Après avoir repris ses études il y a deux ans, il vient de passer une licence en commerce. Qui pourrait déboucher sur un nouveau projet. « Je voudrais reprendre le Fair Play, le restaurant qui jouxte le stade de Dax. Il est à l’abandon depuis trois ans. » Une enseigne qui lui va bien. Car il faut l’être en Pro D2. « Ça ferraille dans cette division, justifie-t-il. Je comprends que les supporters ne soient pas contents parfois, mais tant qu’on gagne et qu’on reste en haut du tableau, ça me va. La saison est longue. » La quête du haut de tableau continue face à Montauban. Retour aux vicissitudes.

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Edmond Lataillade
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