L'enseignement de Pro D2 : Nevers a un train d’enfer

  • Les Neversois peuvent savourer leur succès net sans bavure face à de bien pâles Agenais. La semaine prochaine, face à Carcassonne, lesBourguigons auront l’occasion de s’installer durablement en haut de classement.  Photo archives Icon Sport
    Les Neversois peuvent savourer leur succès net sans bavure face à de bien pâles Agenais. La semaine prochaine, face à Carcassonne, lesBourguigons auront l’occasion de s’installer durablement en haut de classement. Photo archives Icon Sport Icon Sport - Icon Sport
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Collés en milieu de classement il y a trois semaines, les Neversois ont réagi en enchaînant trois victoires nettes qui éclaircissent la voie vers les phases finales.

C’était le 19 novembre. Nevers rentrait de Sapiac la mine en berne après une vilaine défaite (33-17) en ouverture du troisième volet de ce polyptyque qui rythme le Pro D2. Un « marathon au sprint », comme le décrit le manager Xavier Péméja, dans lequel, après onze journées, les Neversois voyaient le groupe de tête s’échapper et les poursuivants être assez près de leur dossard pour en déchiffrer les plus petits caractères. Était-ce la lecture du classement, le nom du club en face de la septième place ? La peur de revivre une saison sans phases finales ? Le voyage à vide de trop après les non-matchs à Béziers et Mont-de-Marsan ? Quelque chose a changé, depuis ce 19 novembre : une victoire record face à Bourg-en-Bresse, balayé 52-13, un aller-retour appliqué à Rouen (23-10, à deux doigts du bonus offensif) et, vendredi soir, un troisième succès d’affilée enjolivé du bonus face à un SU Agen qui avait (trop) affiché ses prétentions avant de monter dans la Nièvre.

En raflant quatorze points sur quinze possibles, l’USON a logiquement fait un bond au classement, en cinquième position, et revenant à un point de Colomiers (4e). Même si les trois victoires consécutives (l’ordinaire pour Mont-de-Marsan ou Oyonnax, une première pour le club cette saison) ont été acquises face à des adversaires moins bien classés, la forme impressionne. « C’est une équipe très costaude, très en place. Une de celles qui nous ont le plus remués », constate, dans une grimace, Raphaël Lagarde, l’ouvreur agenais, après avoir « pris un bon match dans la gueule ».

Calendrier dantesque en janvier

Journée après journée, les hommes de Xavier Péméja passent à l’enduit les fissures dans le tableau. L’animation offensive, qui donnait de la bande, s’est refait une santé avec, à la clef, des guirlandes d’essais de trois-quarts et du mouvement à foison. Les ballons portés, qui faisaient l’estampille de l’USON comme le « nœud vert » sur les faïences de Nevers, sont redevenus un atout capital et un indicateur d’usure de la puissance adverse. La défense, trop longtemps inconstante, est désormais féroce et (presque) intraitable, avec trois essais seulement concédés sur les trois derniers matchs.

En fin de première période, face à Agen, à quatorze contre quinze, la résistance des Neversois a fait rugir à l’envi le Pré-Fleuri. « Cette solidarité sur les ballons portés, cette envie de se serrer, de ne pas se lâcher, c’est fort, souriait Péméja. C’est l’image que l’on doit renvoyer, cette solidarité. Elle rend fier tout le monde, la ville, la Nièvre, la région. »

La belle série ne fait pas tourner les têtes. Celles-ci sont déjà concentrées sur le prochain match, à Carcassonne, qui avait fait vivre aux Neversois un supplice, en mars dernier, avec un 59-5 sans équivalent dans la jeune histoire du club en Pro D2. Un cauchemar que ni les joueurs ni le staff ne veulent revivre avant la trêve de fin d’année. La belle santé actuelle des Audois, victorieux à Narbonne et toujours en lice pour les phases finales, ne risque pas d’inciter à l’insouciance.

Au-delà de la plaie d’ego à cicatriser, les Nivernais ont une autre bonne raison d’aller arracher une quatrième victoire d’affilée dans le brasero d’Albert-Domec : une place bien au chaud dans le wagon de première classe, avant de penser aux rigueurs de janvier. Déplacement à Vannes, réception du Stade montois, voyage à Oyonnax et visite de Bayonne, le menu est gargantuesque. « Nous aurons un mois de janvier terrible, souffle le manager. Si on s’en sort bien, on pourra penser à la qualification. »

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Sébastien CHABARD
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