L'UBB est tombée dans les mâchoires du piège classique

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    L'UBB est tombée dans les mâchoires du piège classique Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Les Bordelais ont loupé leur entrée en scène. leicester a joué son jeu, sans la moindre surprise avec force coups de pied tactique. L’UBB n’a pas su bousculer l’ordre du leader du championnat d’Angleterre.

Les Bordelais l’avaient pourtant vu venir, mais ils n’ont pas pu l’éviter. Le piège de Leicester s’est refermé sur eux pour plomber leur entrée sur la scène européenne. Le staff de l’UBB avait identifié que le leader du championnat anglais usait et abusait du jeu au pied. Et George Ford et ses hommes n’ont pas voulu le décevoir. Sans surprise donc, les Tigres ont imposé une magistrale leçon de « ping-pong rugby » dont ils sont globalement sortis vainqueurs. C’est sans doute la marque des équipes dominatrices que de faire triompher leurs points forts, quoiqu’il arrive.

George Ford impeccable

L’UBB a tenté de relever le gant, en relançant très peu de ballons et bottant dans le champ profond, mais au final, Leicester a gagné la bataille de l’occupation. Et George Ford a fait comprendre au public girondin pourquoi il comptait (à 28 ans) 76 sélections pour le XV de la Rose. Il n’est pas très rapide, ni très puissant, mais il maîtrise les bases du poste, c’est indéniable. Pour jouer l’occupation, c’est un as. Bordeaux a perdu là-dessus sans aucun doute, même si l’UBB n’a pas été surclassée, loin de là. L’essai de Dubié, en première main après mêlée, a fait se lever le stade, Leicester n’a marqué qu’une fois (joliment, c’est vrai) et les Girondins ont eu au moins deux belles occasions. Ah si François Trinh-Duc avait joué classiquement sur sa droite (après un beau renversement de Paiva) au lieu de jouer au pied dans l’en-but (mais c’était peu avant l’essai de Dubié) ; et si une percée de Picamoles ne s’était pas terminée par une mésentente avec Lucu (à l’heure de jeu). L’UBB a aussi fini la partie sur une balle de match, un groupé pénétrant, et deux ou trois rucks près de la ligne que M. Brace conclut par une sanction assez sévère à leur endroit.

Tout ça pour dire que la partie aurait très bien pu basculer dans l’autre sens. Une autre tactique aurait-elle changé les choses ? « On peut toujours imaginer après la rencontre, qu’on aurait dû jouer comme ci ou comme ça. Mais moi je pense qu’on a très bien joué l’occupation » diagnostiquait Christophe Urios. Bordeaux a été dans le match jusqu’au bout. Pour le manager bordelais, l’explication de la défaite était finalement ailleurs : « Il nous a manqué des joueurs, un match complet. Cette rencontre fut à l’image de notre semaine de travail qui ne fut pas bonne. On s’est entraîné dans de mauvaises conditions. » C’est exact, la première mi-temps de l’UBB fut décevante, au-delà de la question de l’occupation. « C’est difficile, vous savez de jouer contre des équipes de ce niveau en jouant 45 minutes. En première mi-temps, on a trop subi. Nous avons été pris par la vitesse et la fraîcheur physique des Anglais. Nos avants notamment, ont été pris là-dessus. »

Les relances ? Un leurre

Pour éviter de reculer sur les coups de pied diaboliques de George Ford et de ses lieutenants, la meilleure solution était sans doute de tarir la source et la priver de munitions favorables, dans le combat par exemple, ou en conquête. Le débat sur le manque de relances était un leurre selon Christophe Urios : « Quand on affronte une équipe qui joue beaucoup au pied, il faut l’accepter, et faire en sorte de gagner la bataille de l’occupation. Alors oui, on aurait pu contre-attaquer, mais on ne l‘a pas fait… Et on a bien fait. Je n’ai pas de regrets, on s’est battus, mais trop de joueurs n’ont pas joué à leur niveau. »

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