Toulouse-Wasps, un classique dépoussiéré

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    Toulouse-Wasps, un classique dépoussiéré Icon Sport
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Affiche traditionnelle de la Coupe d'Europe, le choc de dimanche n'a jamais paru aussi désequilibré sur le papier entre un Stade en pleine confiance et des Anglais sans certitudes. Mais attention au réveil du ténor.

Toulouse-Wasps : sur le papier, l'affiche brille. La confrontation convoque des souvenirs chez toutes les générations de spectateurs de la Coupe d'Europe, depuis la débâcle stadiste de 1996 (77-7) aux prouesses de Kolbe à Coventry (16-24) en décembre 2018 en passant évidemment par l'inoubliable finale de Twickenham remportée par les Londoniens, en 2004 (20-27). Au milieu des années 2000, les deux rivaux se partageaient les titres : la bande à Novès avait été sacrée en 2003 et 2005 quand Lawrence Dallaglio et ses partenaires s'étaient hissés sur le toit de l'Europe en 2004 et 2007.

La légende de la compétition s'est nourrie de cette émulation. Ugo Mola l'avait d'ailleurs spontanément évoqué avant le lever de rideau de cette édition et à l'heure de se projeter sur le défi, ultime et inédit, proposé à ses protégés : le doublé. "Les équipes qui ont excellé dans cette compétition ont plutôt eu tendance à enchaîner les performances. Il y a eu la période Munster, la période Leinster, la période Toulon, la période Saracens et il s'avère qu'il n'y a pas vraiment eu de période Stade toulousain, même si le club a disputé trois finales en 2003, 2004 et 2005, dont deux gagnées. Et une perdue sur un petit pont dont quelqu'un de mon staff pourrait venir parler à ma place (sourires)." Clément Poitrenaud, héros malheureux de Twickenham, a dû rire jaune en entendant les propos du manager.

Plus de quinze ans après, le délai de prescription est passé. Et les temps ont bien changé depuis. Délocalisés de Londres à Coventry en 2014, les Wasps ont perdu de leur superbe au fil des années : ils n'ont plus atteint le stade des quarts de finale depuis 2017. Sur le papier - avec Umaga, Robson, Launchbury, Hougaard, Fifita, Gopperth ou encore Fekitoa - comme dans les esprits, les Guêpes n'en restent pas moins un adversaire de prestige. À leur différence, le Stade toulousain, quintuple vainqueur de l'épreuve, a su se réinventer au fil des époques pour retrouver les sommets. À l’heure actuelle, il est même considéré comme le principal candidat à sa succession.

"Une équipe très étonnante"

Après le retour à Cardiff, là où ils avaient soulevé leur première Coupe, les Rouge et Noir retrouvent un autre rival historique, ce dimanche. Là encore, si le parfum devrait suffire à enivrer les romantiques, la confrontation entre les deux écuries n'a jamais paru aussi déséquilibrée. Le Stade toulousain, vainqueur de dix de ses treize matchs cette saison et fort de son armada d'internationaux, possède tous les atouts pour confirmer son statut de ténor en empochant un deuxième succès consécutif ; de leur côté, les Wasps, neuvièmes de Premiership, écrasés par le Munster en supériorité numérique la semaine dernière et privés de vingt-cinq joueurs (au point de laisser craindre, un temps, un forfait), se présenteront sans certitudes sur la pelouse d'Ernest-Wallon. Joe Launchbury et ses partenaires en sont pleinement conscients : un succès dans la Ville rose ce dimanche serait un des plus grands exploits de leur histoire européenne. Le plus inattendu en tout cas. Pour l'heure, en dix duels, les deux formations l'ont emporté à quatre reprises chacunes pour deux matchs nuls. 

Dès le coup de sifflet final de la victoire à Cardiff, samedi dernier, Ugo Mola avait tenu à prévenir ses troupes et les milliers de supporters : sous-estimer l'orgueil d'un grand club peut avoir de graves conséquences. "C'est une équipe qui peut être très étonnante au regard de ses résultats sur les deux dernières saisons. Elle est capable de battre n'importe qui, même des grosses écuries comme Exeter, Leicester ou les Saracens, et, derrière, de s'effondrer contre des équipes plus modestes ou moins ambitieuses. Ce qui est sûr, c'est que l'on aura des Wasps de haut niveau, nous sommes prévenus. Il y aura un stade plein à Ernest-Wallon, j'espère que l'on pourra montrer un chouette visage." Les spectateurs rouge et noir, si friands de ces affiches, n'attendent que ça. Mais eux, les premiers, le savent : les rencontres entre Toulouse et les Wasps se déroulent rarement comme prévu.

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