L'Europe dans le brouillard sanitaire, la Champions Cup a-t-elle encore un sens ?

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Publié le , mis à jour

Déjà plombée depuis la première journée par une vague de rencontres remportées sur tapis vert, ce deuxième week-end de Coupe d’Europe fut le théâtre d’un grand n’importe quoi. Autant dire que l’intérêt de ces Coupes d’Europe qui ne passionnaient déjà que moyennement les clubs français vient d’en prendre un coup…

Et soudain, tout s’accéléra. Il était 14h15 lorsque, vendredi, un communiqué de l’EPCR annonça sans préavis le report de 7 rencontres (Champions Cup et Challenge confondus) : Bath-Stade rochelais, Sale-Clermont, Scarlets-UBB, Toulouse-Wasps, Paris-Bristol, Worcester-Biarritz et London Irish-Brive. D’autant plus surprenant qu’à midi le même jour, « seulement » trois forfaits pour cause de Covid avaient été recensés (les Saracens à Pau, le Leinster à Montpellier et les Ospreys au Racing) et que le reste de la journée semblait devoir se dérouler normalement…
Un « joli merdier » ainsi que nous le suggéra dans un merveilleux sens de la synthèse un président de club français, qui eut pour conséquence de voir certaines rencontres se dérouler malgré tout, dans la mesure où celles-ci pouvaient permettre d’éviter les mesures d’exception brutalement décidées par le gouvernement français jeudi soir. « À partir de samedi matin 0 heure, les clubs français ne pouvaient plus voyager vers le Royaume-Uni et les clubs du Royaume-Uni ne pouvaient plus voyager vers la France, résumait le directeur de l’EPCR Anthony Lepage. Entre l’annonce du gouvernement français jeudi et le départ des premiers clubs vendredi après-midi, le délai pour revoir les protocoles et obtenir des dérogations pour ces équipes qui voyagent dans le cadre d’un protocole strict de bulle sanitaire était trop court. Malgré tous les efforts de la LNR, de l’EPCR et des différents services du gouvernement, l’EPCR, au moment des premiers départs, ne pouvait pas garantir les conditions de voyages des clubs ainsi que celles des arbitres. Nous avons dû nous résoudre à repousser les matchs concernés. »

Vrai… En partie. La réalité est que les équipes pouvaient toujours se déplacer après le samedi, mais que les membres des délégations devaient fournir avant leur vol retour un test PCR négatif, quelques heures après en avoir fourni un premier pour embarquer à l’aller.

Un risque que les clubs n’ont tout simplement pas souhaité prendre puisque dans le cas (tout à fait possible) qu’un cas se déclare en l’espace de 24 heures, le malheureux aurait été obligé de s’isoler 10 jours à l’hôtel, et donc de passer les fêtes de Noël loin de sa famille. Le genre de malheur qu’on ne souhaite à personne, bien entendu, qui fut le principal argument obligeant l’EPCR à annoncer le report des matchs du week-end entre Français et Britanniques.

Revol : « Il aurait été plus logique de reporter toute la journée »

Le hic ? Il est double, en réalité. D’abord parce qu’on ne saurait parler de réelle équité sportive, ainsi que le déplorait le président de Castres Pierre-Yves Revol. « Pour la compétition, son organisation, sa médiatisation, que signifie cette journée dont plusieurs matchs ont déjà été gagnés sur tapis vert, et plusieurs autres sont reportés ? Le report de toute la journée aurait été plus logique, compréhensible et clair. J’ajoute que sur le plan sanitaire, la situation en Irlande aujourd’hui ne diffère pas vraiment de celle de la Grande-Bretagne. Donc la différence de traitement se fait sur des considérations politiques et administratives et non pas sanitaires, ce qui est difficile à comprendre. »

D’autant plus qu’en l’état actuel des choses, le principal intérêt de la nouvelle formule 2021-2022, à savoir les huitièmes de finale en matchs aller-retour, a pris du plomb dans l’aile. La journée reportée devrait se tenir le week-end du 9 avril, initialement prévu pour les huitièmes de finale aller, afin de jouer des 8es de finales secs sur le terrain des mieux classés (à la date originalement prévue pour les matchs retours, le week-end du 16 avril). En espérant, évidemment, que la pandémie ne s’amplifiera pas au point d’empêcher le déroulement des journées 3 et 4, les 15 et 22 janvier. Ce qui s’apparente en l’état actuel des choses à un vœu pieux…

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