Édito - Gang de neufs, Serin revient dans la danse

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L'édito du vendredi par Léo Faure... On oublie, trop vite, le confort dans lequel le rugby français s’est désormais installé. On parle ici du XV de France et plus exactement de ce vivier semblant infini, dans lequel il puise désormais. Il n’y a pas si longtemps — une poignée d’années — le Graal du maillot bleu pouvait encore se toucher par défaut. Faute de mieux.

Ce n’est ni une blague, ni une emphase. À maintes reprises, avec les trois sélectionneurs ayant précédé Fabien Galthié à la présidence du XV de France, on put avoir cette conversation ubuesque : « tu as sélectionné X ? Tu le penses prêt pour le haut niveau ? Tu ne penses pas qu’il soit trop tendre, âgé ou limité ? ». Réponse des intéressés, tous à l’identique : « J’espère. Il fait de bons matchs en club. Et, en même temps, j’ai qui d’autre à disposition ? »

Ce dépit a vécu. Cette politique du moindre mal sommeille enfin. Merci bien. Une sélection se mérite à nouveau pleinement, d’autant que la concurrence est désormais terrible, à tous les postes. Et plus encore à celui de numéro 9.

Un poste qui s’est densifié à une vitesse ahurissante. Le talent de Dupont a éclaté à la face du monde et ne fait plus aucun débat. Pour l’accompagner, le rugby français a connu l’avènement tardif de Maxime Lucu, l’éclosion programmée de Baptiste Couilloud, l’arrivée fracassante du jeune Nolan Le Garrec. Un peu plus loin, Sébastien Bézy prend de l’épaisseur à Clermont et Clovis Le Bail a aussi été appelé par Fabien Galthié. Dernière pépite à l’arrivage : Baptiste Jauneau, qui fait ses débuts à l’ASM, prend les pas de Le Garrec avec un surclassement de deux ans chez les juniors bleus. Un petit phénomène déjà annoncé, dont tout le rugby français voulait s’attacher les services.

Baptiste Serin, qui nous accorde un long entretien (ci-contre), a, lui aussi, été l’enfant génial du rugby français au milieu des années 2010. Il était le capitaine de l’équipe de France U20 quand elle décrocha, en 2014, son premier (et seul) Grand Chelem dans le Tournoi des 6 nations junior. Il en était le joyau, celui qui était déjà régulier des feuilles de match en Top 14 avec l’UBB et qui, dès 2016, était une première fois convoqué avec le XV de France. Le vrai, le grand. Et tant d’espoirs à porter sur ses frêles épaules : une qualité de passe jugée rare, une poigne précoce pour piloter sans trembler son paquet d’avants, un jeu au pied déjà de haut niveau et la promesse, derrière ce visage juvénile, d’un avenir bleu meilleur.

Pour être franc, quand on le vit s’imposer si vite en patron, dès les entraînements lors de l’anonyme tournée des Bleus en 2016 à Tucuman (Argentine), les rares observateurs présents se disaient que Serin venait de signer pour 10 ans en Bleu. La suite fut plus sinueuse.

Avec des chances disparates, ils seront nombreux sur la ligne de départ pour 2023. Et Serin a observé cela depuis son canapé. Blessé et opéré d’une épaule, il a pu voir la concurrence ajourer partout autour de lui. Jusqu’à, parfois, le dépasser.
Si les absents ont toujours tort, Serin est désormais de retour. Aux affaires toulonnaises, tout d’abord. C’est par la montée en puissance du RCT que passera son renouveau bleu. Mais le garçon n’a pas que du talent : il a aussi du caractère. Il faudra compter avec lui.

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