Le doublé toulousain, les JO, le derby basque... L’année 2021 dans le rétro (1/2)

  • Les Toulousains d’Ugo Mola sont parvenus à réaliser le doublé en 2021.
    Les Toulousains d’Ugo Mola sont parvenus à réaliser le doublé en 2021. Icon Sport - Icon Sport
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Pour conclure 2021 et débuter 2022, nous vous proposons un petit florilège des plus grands moments de l'année du rugby français. Voici la première partie.

Le doublé de Toulouse

C’est la quête suprême. Réaliser le doublé Top 14 et Coupe d’Europe est un rêve pour tous les clubs qui se transforme très souvent en cauchemar. Seul, le RC Toulon avait touché ce Graal lors de la saison 2014, porté par ses galactiques venus de tous les horizons avec Jonny Wilkinson, Matt Giteau, Bakkies Botha, Carl Hayman, Frédéric Michalak, Ali Williams pour ne citer qu’eux. Le Stade toulousain avait aussi réalisé un doublé, le premier de l’histoire en 1996, mais le format de la compétition européenne n’avait rien à voir avec notamment une finale qui s’était disputée au mois de janvier. Autant dire que les hommes de Guy Novès n’avaient pas eu à escalader deux cols hors catégorie dans la même étape.

Les Toulousains d’Ugo Mola y sont parvenus en 2021, un exploit d’autant plus remarquable que la cette saison interminable avait débuté par la phase finale de Coupe d’Europe de la saison précédente. « Je ne sais pas si c’est historique », analysait Ugo Mola au lendemain de la victoire en finale du Top 14 face au Stade rochelais. « Mais preuve que ce n’est pas impossible (sourire). Sérieusement, mener les deux compétitions de front, avec ce rythme et huit matchs de phase finale sur la saison, c’est colossal. »

Le Stade toulousain a dû composer avec un calendrier diabolique à partir du mois d’avril, avec des matchs éliminatoires remportés sur la pelouse du Munster et de Clermont, alors que les internationaux revenaient à peine du Tournoi des 6 Nations. « Il y a une différence majeure entre les deux titres, expliquait Mola. Il nous semblait que celui européen était préparé, dans le sens où l’échéance était identifiée par le groupe qui avait tellement envie d’exister dans cette compétition. Comme souvent l’appétit vient en mangeant. Il restait ensuite deux journées de championnat pour assurer une première place. Puis tu n’es plus qu’à deux victoires de quelque chose d’incroyable. »

Avec notamment une demi-finale dantesque face à Bordeaux-Bègles pour poursuivre la route jusqu’au Stade de France et ce doublé tant attendu du côté de Toulouse, qui a basculé dans la folie une semaine plus tard au moment de conserver le bouclier de Brennus.

JO : l’argent fait le bonheur

Elles portaient sur leurs épaules tous les espoirs du rugby français lors des jeux Olympiques de Tokyo. Les filles de David Courteix étaient en mission et s’étaient promis d’accrocher une médaille après la désillusion de Rio quatre plus tôt, coupées dans leur élan par le Canada en quart de finale. C’est d’ailleurs cette même équipe canadienne que les Françaises pulvérisaient dès la phase de poule (31-0) pour s’offrir un sans-faute et rejoindre le tableau final.

Les Bleues ont ensuite dominé la Chine en quart de finale avant le rendez-vous capital des demi-finales face à la Grande-Bretagne, équipe toujours au rendez-vous lors des jeux puisqu’elle regroupe les meilleures joueuses des îles britanniques. Un combat épique finalement remporté sur le score de 26 à 19 au terme d’un match au final haletant mais la qualification des Bleues pour la finale était logique tant elles avaient livré un match de rêve. On pouvait alors rêver d’un nouvel exploit en finale face aux invincibles Néo-Zélandaises, qui avaient néanmoins dû batailler jusqu’en prolongation en demi-finale.

La France se contentait d’une magnifique médaille d’argent après une défaite rageante en raison d’un arbitrage tatillon. L’aventure japonaise est tout de même un succès pour les Bleues qui apportent au rugby français sa première médaille (rugby à VII) et le titre de meilleure joueuse du monde décerné à Anne-Cécile Ciofani vient renforcer l’idée que cette équipe de France ne cesse de progresser.

L’incroyable derby basque

Il était 20h17, le 12 juin dernier, lorsque Steffon Armitage mit fin à un match rentré tout droit dans la légende du rugby basque. La rencontre avait démarré depuis plus de 2h30 et l’Anglais, au terme d’une invraisemblable séance de tirs au but, envoyait le Biarritz olympique en Top 14.

Six mois après, il ne se passe pas une semaine sans qu’au détour d’Aguiléra ou sur les bords des terrains basques, on entende parler de ce match d’accession. Ce jour-là, pendant cent minutes, le BO et l’Aviron proposèrent une lutte acharnée, un vrai combat de gladiateurs sous une grosse chaleur et dans un stade Aguiléra bruyant comme il l’a rarement été. 3-3 à la fin du temps réglementaire, 6-6 après les prolongations, les deux équipes n’avaient pas su se départager dans le jeu.

Le sport, vecteur de surprises

Dans la mort subite des tirs au but, le malheureux Aymeric Luc, meilleur Bayonnais de la saison, rata sa tentative, Steffon Armitage non. « Les joueurs se souviendront toute leur vie de ce match. Ce n’était pas un derby classique », affirma au lendemain de la rencontre le pilier gauche Yvan Watremez. « C’est l’une des plus belles promotions pour notre sport, souligna le président Jean-Baptiste Aldigé quelques heures après le match. Il n’y avait rien de policé, d’organisé, de prévu, de maîtrisé. Pour moi, c’est un chef-d’œuvre. La vie mérite d’être vécue pour des moments comme ça. J’espère qu’on en aura d’autres, mais on a mis le curseur assez haut. » Si on ignore ce que l’avenir nous réserve, il paraît peu probable de revivre un tel scénario, dans les années à venir. Mais le sport nous réserve parfois des surprises.

Par Pablo ORDAS

Bordeaux gagne en phase finale

L’Union Bordeaux-Bègles a signé la saison la plus aboutie de son histoire la saison dernière, avec trois demi-finales disputées. Un bilan encore jamais atteint par le club girondin, qui semble avoir enfin acquis la maturité pour se qualifier pour les phases finales. Un parcours que savourait le manager Christophe Urios, même si l’on imagine que son dénouement laisse un goût amer (demi-finale de Top 14 perdue de peu contre le Stade toulousain, futur double champion, avec un carton rouge donné à Seuteni) : « C’est vrai, j’ai adoré la saison dernière. J’ai adoré le « voyage » de cette saison. Mais on veut rêver plus fort, être ambitieux et construire un défi où tout le monde se retrouve avec le retour définitif, je l’espère, du public dans les stades. »

Urios et ses hommes ont tenu parole. À l’heure où nous écrivons ces lignes, l’UBB est leader du championnat et remplit son prestigieux stade de Chaban-Delmas à chaque sortie. Pour sa quatrième saison en Gironde, le boss de l’UBB veut désormais franchir un nouveau palier, et remporter un titre. 

Collazo, le dernier tango

Ceux qui défendent Patrice Collazo louent son autorité naturelle, sa passion dévorante, le feu sacré qui le consumme nuit et jour. Ceux qui ne l’aiment pas lui reprochent de ne sourire que lorsqu’il se brûle ou de s’être évertué, au fil des trois saisons qu’il aura vécues à Toulon, à faire évoluer des joueurs hors du poste auquel ils avaient été formés. Dans le petit monde du rugby, « Coco » ne laisse ainsi personne indifférent et son curieux départ de Toulon, un club auquel il était lié jusqu’en 2025, a fait l’effet d’un petit séisme.

« Curieux départ », dit-on ? Oui, parce que Patrice Collazo posa lui-même son constat d’échec à son président, Bernard Lemaître, avant de quitter de son propre chef le RCT avant qu’il ne coule, moyennant néanmoins quelques juteuses indemnités. Sur le strict bilan comptable, lorsque l’ancien pilar de Gloucester ou du Racing quitta ses fonctions de directeur sportif fin octobre, le grand Toulon se traînait à la treizième place du championnat et jouait mal. Dans les faits, le RCT pleurait aussi l’absence d’une bonne dizaine de titulaires, qu’ils se nomment Serin, Parisse, Ollivon, Kolbe ou Etzebeth.

In fine, l’histoire retiendra que le passage de Patrice Collazo dans le Var fut un échec. Avec un peu de recul, on se rappellera de notre côté qu’il fut probablement le seul manager du Top 14 à s’être appuyé si longtemps sur une équipe en friches, une équipe à des années lumières de celle qu’il avait souhaité bâtir...

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