Clermont et le retour de Don Camillo

  • Camille Lopez (Clermont).
    Camille Lopez (Clermont). Icon sport. - Icon sport.
Publié le , mis à jour

Les mots d’amour ne sont pas voués qu’à se sussurrer à l’oreille. Mais peuvent être aussi gueulés, hurlés, beuglés. On en eut la preuve lorsqu’à vingt minutes de la fin du match, Camille Lopez entra sur la pelouse à la place de JJ Hanrahan, sous une clameur qui prouve bien que la décision de départ du Mauléonnais a été aussi bien comprise qu’acceptée par ses supporters. Mais surtout lorsqu’après son drop de la 68e, un cri sortit des tripes de son troisième ligne Judicaël Cancoriet, de l’aveu même de l’intéressé. "J’étais tellement heureux et soulagé quand il a passé son drop que je lui i hurlé "Camille, je t’aime !", c’est venu du fond du cœur, rigolait le numéro 8 de fortune. Je ne sais pas s’il m’a entendu…" "Oui, je l’ai entendu, en plus, souriait sagement le héros du jour. Je me suis dit : "ils sont fous, ces mecs…" Mais ce soulagement est peut-être aussi lié à l’intensité que nos avant ont mis dans le combat, qui a été phénomènale. Moi, je n’ai pas fait grand-chose, j’ai juste joué vingt minute et il s’agissait juste de faire des choses simples pour gagner. Le gros du travail, c’est nos avants qui l’ont fait."

Certes. Mais c’est aussi Camille Lopez qui l’a parfaitement conclu, avec la sérénité de ses 28 sélections et le calme de ses 33 ans, à moins que ce ne soit l’inverse. Parfait, en tout cas, dans ce rôle de "finisseur" comme le veut le terme à la mode, mais qui prend tout son sens dans la bouche de l’ancien ouvreur tricolore. "Cette option du drop, ce n’est pas quelque chose que j’ai fait d’instinct, au contraire. Avant mon entrée, je m’étais dit que cela pouvait être un coup gagnant, à condition de le faire au bon moment. Ce n’était pas de l’improvisation, comme on pourrait le croire."

Tout sauf de l’improvisation

Comme sa diagonale de génie n’en fut pas une non plus, juste sur le renvoi son drop, qui fut toute proche d’aboutir à un essai de 80 mètres de Penaud. "ça, c’est carrément quelque chose que nos entraîneurs avaient décelé avant le match : souvent, après les renvois tapés par son équipe, Mathis Lebel décroche dans le troisième rideau et laisse Pita Ahki défendre seul à l’extérieur. c’était le moment de le faire, ça pouvait être un coup gagnant. Toute la semaine, on s’était dit qu’il fallait attaquer Toulouse, ne pas êre frileux, alors j’ai tenté le coup. Ça n’a pas été loin de marcher…" Seul un retour d’outre-tombe de Ntamack devant Penaud, puis un pied trainard de Barraque sur ce même Ntamack au sol empêchant les Auvergnats de conclure ce temps fort.

Tout près aussi de la boulette…

Le hic ? Il est que lorsque tout vous réussit, on peut parfois en faire trop… Héros du match, Camille Lopez fut tout proche d’en devenir le zéro, une longue passe dans ses 22 mètres se voyant toute proche d’être interceptée par Mallia pour ce qui aurait été un coup fatal. "Je vois le défenseur qui me presse, alors je décide m’allonger ma passe, mais Mallia m’était caché par un coéquipier. Je ne l’ai vu arriver qu’au dernier moment, lorsque le ballon est parti. J’ai craint le pire mais heureusement, il a commis un en-avant… Pour une fois, on avait la baraka. Un peu comme sur cette dernière séquence de jeu au près que je commande à 1’10’’ de la fin, sur laquelle l’arbitre nous sanctionne un peu sévèrement à vingt secondes de la fin… Là encore, j’ai craint le pire et le scénario catastrophe, mais finalement ça s’est pour une fois bien terminé." À la grâce d’un Lopez qui, à l’instar de son écrin du Michelin, avait retrouvé la superbe de la grande époque.

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Nicolas ZANARDI
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