Joueurs non-vaccinés, bientôt non-payés

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    Joueurs non-vaccinés, bientôt non-payés Icon Sport
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Si l’obligation du passe chez les professionnels ne permettra pas pour autant leur licenciement, la loi devrait bientôt permettre aux clubs d’interdire aux joueurs non-vaccinés l’accès au stade, et surtout de suspendre leurs rémunérations.

Ils se nomment, pour les plus connus, Waisea, Matsushima ou Moala. Des stars de ce jeu qui sont devenues bien malgré eux des emblèmes des "antivax" du rugby professionnel français, qui se comptaient moins d’une trentaine en début de semaine, mais qui n’en risquent pas moins de poser très vite un problème à leurs employeurs lorsque le passe vaccinal sera définitivement voté. La position de la Ministre des Sports Roxana Maracineanu est claire, qui veut que les sportifs professionnels se soumettent aux mêmes lois que le commun des mortels en matière de passe vaccinal. Autrement dit, même les plus grandes stars de ce jeu ne pourront plus continuer à pratiquer leur métier en France s’ils refusent de passer par la case vaccination, ce qui crée nécessairement des interrogations.

« Moi-même, je ne sais pas ce qui va se passer concernant Waisea, soufflait Gonzalo Quesada samedi soir en conférence de presse lorsqu’il fut invité à commenter l’avenir de son trois-quarts fidjien, auteur d’un doublé. On attend de savoir de plus amples informations. » Des informations sur lesquelles Alain Carré, représentant l’UPCR chargé de ces négociations, a bien voulu lever le voile ce dimanche. « La première chose que le passe vaccinal va impliquer, c’est une prise de conscience pour tous ceux qui refusaient la vaccination pour des raisons éthiques qu’il faut absolument le faire. Jusqu’à maintenant on a essayé de leur expliquer, de leur démontrer qu’ils perturbaient le groupe et leur environnement rugbystiques. En tant que président, on a assez d’autres choses à régler qu’être toujours sur le dos de ces gars-là. Ça posait des soucis au quotidien pour leur test journalier, trouver où ils allaient le faire, comment le faire, ça créait des retards aux entraînements le matin… On ne pouvait plus continuer comme ça. C’est pourquoi je suis très content que tous ces arguments aient réussi à convaincre mon seul joueur réfractaire à se faire vacciner la semaine dernière. »

Un no man’s land juridique ?

À charge aux présidents, donc, de convaincre leurs joueurs. Mais si ceux-ci devaient, une fois de plus, refuser ? Cette fois, la sentence ne sera pas la même… « D’après mes conseils, la loi interdit de licencier un joueur s’il ne veut pas se faire vacciner. En revanche, on pourra tout à fait le renvoyer chez lui, sans solde, et lui refuser l’accès au stade. Ce serait malheureux d’en arriver là, mais ça devient une obligation pour les clubs. »

Une situation ubuesque, qui serait pour tout dire un no man’s land juridique, ouvert à toutes les interprétations et autres formes de procès. « On peut le dire comme ça, c’est pour ça que je suis égoïstement très heureux que mon joueur ait accepté de se faire vacciner, prolonge Carré. Au tout départ, d’autres joueurs étaient un peu réfractaires mais en discutant avec eux, on a réussi à les faire changer d’avis. Mais aujourd’hui, il faut qu’ils y passent, il n’y a pas de débat, ne serait-ce que parce que financièrement, la situation ne sera pas tenable pour eux. »

D’autant moins que les joueurs non-payés ne pourront pas avoir droit aux aides de l’État comme les Assedic, faute d’avoir été licenciés. Une attaque au portefeuille qui pourrait d’autant plus les inciter à se vacciner, à moins que ceux-ci disposent de suffisamment de ressources financières pour tenir six mois avant de s’engager dans un autre club, en espérant qu’à cette date le passe sanitaire ne sera plus obligatoire. Une solution extrême, d’autant plus improbable qu’elle implique non seulement de grosses économies, mais surtout un pari sur l’avenir à hauts risques...

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