L’année ou jamais pour les Bleus

  • L'édito d'Emmanuel Massicard : l’année ou jamais pour les Bleus
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L'édito du lundi par Emmanuel Massicard... Difficile d’y échapper, manière de bien débuter : bonne année à tous. Santé, bonheur et des troisièmes mi-temps à la diable ! Pour se faire, suivons l’incantation de l’ami Marcel Rufo, « Omicron, s’il te plaît : deviens banal ! »

Rien de plus à ajouter, sinon la nécessité de plaquer la nouvelle déferlante. Manière de retrouver la vie d’avant, d’en finir avec ces jauges/restrictions qui lézardent l’écosystème de nos clubs et les privent de leur raison d’être. Car sans monde (dans les tribunes) ni convivialité (réceptifs et autres buvettes), le rugby est bien morne. Vidé de ses ressources financières autant que de sa vitalité ou de sa capacité à tisser des liens, au cœur de la société.

Tournons vite la page. Passons au meilleur de cette année 2022, soit la dernière séance avant la Coupe du monde 2023 qui, au cas où cela vous aurait échappé, se jouera en France. Chez nous. Cela ressemble à l’occase du siècle, au regard du potentiel démentiel qui affiche désormais ses ambitions au grand jour. En Bleu comme en clubs.
Même Fabien Galthié ne se cache plus pour rêver. Cette semaine, le sélectionneur aux mots comptés a ainsi fait sa rentrée médiatique avec un message dénué d’ambiguïté : « Nous sommes ambitieux pour le Tournoi. Nous voulons et nous souhaitons gagner. » Et d’ajouter : « Nous allons nous en donner les moyens. » On s’en serait douté…

Gagner, mais quoi ? La prochaine rencontre face à l’Italie ? Non. Galthié parle d’un titre. Qui lui fait encore défaut. Qui pèsera plus lourd que tous les ratios positifs de victoires et autres succès lâchés dans les derniers instants des matchs, sur des coups du sort. Qui permettra de construire un palmarès et une réputation, de tracer l’ébauche d’un parcours de champion du monde.

N’y lisez pas l’aveu d’une ambition incontrôlée. L’ancien demi de mêlée est un pragmatique qui connaît son terrain de jeu comme sa poche. L’histoire et les trophées Webb-Ellis ont ainsi régulièrement préféré tendre leurs bras à ceux qui avaient déjà gagné des compétitions majeures dans les deux ans précédant la Coupe du monde. Ce fut entre autres le cas de l’Angleterre (Tournois 2000 et 2001, Grand Chelem 2003), des Blacks (Tri-Nations 2010 et Championship 2014) ou de l’Afrique du Sud (Championship 2019). Alors oui, les Bleus doivent gagner et le plus vite sera le mieux. Sachant que le Tournoi 2023 ressemblera à un parcours du combattant, avec des déplacements en Irlande et en Angleterre.

Gagner, mais comment ? En formant au plus vite possible l’ossature d’une équipe qui, à force de matchs, deviendra expérimentée. C’est le pari de Galthié qui dès sa nomination a fixé la jauge : 28 ans et 40 sélections en moyenne. Sauf que les mois passent et le sélectionneur n’a toujours pas fermé son groupe. Au contraire : cette semaine, il a annoncé suivre le potentiel d’une dizaine de nouveaux joueurs.

C’est là autant par force qu’opportunisme : les talents se libèrent de toutes parts et ce « nouveau » rugby colle toujours mieux à la jeunesse - d’un point de vue physique, principalement. Alors, pourquoi s’en priver ? Pourquoi ne pas tenter une ultime ouverture, un dernier tour de table avant d’avoir à choisir ? Ici, le témoignage de l’Histoire est largement moins rassurant : la Nouvelle-Zélande a ainsi tout cassé de ses structures en 2018, après trois années de records… Trop tard sur le chemin du Mondial japonais, où ils se sont arrêtés en demi-finale.

Les Bleus n’en sont évidemment pas là, eux qui s’appuient sur une colonne vertébrale désormais solide et référentielle. Pour autant, ils devront confirmer et gagner dans les semaines à venir. Manière de valider les choix du sélectionneur. C’est l’année ou jamais.

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