Stassen brise le silence au sujet de sa suspension : « Je ne suis pas un dopé. Je suis innocent »

  • « Je n'ai pas triché, je ne suis pas un dopé et je le prouverai » : l'ancien flanker du Stade français Hendré Stassen clame son innocence
    « Je n'ai pas triché, je ne suis pas un dopé et je le prouverai » : l'ancien flanker du Stade français Hendré Stassen clame son innocence Icon Sport - Icon Sport
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Contrôlé positif à la testostérone par l'Agence Française de Lutte contre le Dopage le 19 mai 2019, l'ancien flanker du Stade français Hendre Stassen, qui avait jusqu'à cette date impressionné le petit monde du Top 14, a ensuite été suspendu quatre ans. Logiquement licencié par le Stade français dans la foulée de cette décision, il ne pourra reprendre le rugby qu'en juillet 2023. Pourtant, si les faits jouent contre lui, Stassen continue de clamer son innocence.

Il y a deux ans, vous étiez licencié par le Stade français après qu'un contrôle anti-dopage ait révélé un excès de testostérone dans votre organisme. Que faîtes-vous, désormais ?

Je suis rentré chez moi, à Boksburg, une petite ville située près de Pretoria. J'ai repris mes études puis intégré l'entreprise de mon père.

Avez-vous le droit de jouer au rugby ?

Je ne suis pas autorisé à jouer au rugby. Ma suspension court jusqu'en juillet 2023. (…) Je peux jouer au rugby sur la plage, dans le jardin avec des potes mais dès lors qu'il y a une quelconque compétition, je n'ai pas le droit d'y participer.

Continuez-vous à vous entraîner ?

Tous les jours, oui. Je fais d'ailleurs le même poids qu'au jour où j'ai quitté le Stade français. Mon but, c'est de redevenir pro dès juillet 2023 et d'intégrer, dans la foulée, le squad des Springboks pour la Coupe du monde en France. C'est ce rêve là qui me fait tenir.

Y croyez-vous vraiment ? Ne pensez-vous pas que les clubs intéressés par votre profil craindront nécessairement que votre passé ne ternisse leur image ?

Pour tout vous dire, je reste en contacts avec beaucoup de coachs du rugby pro. Ils sont d'ailleurs nombreux à me demander quand se termine ma suspension. (…) Des clubs anglais, japonais ainsi que des franchises sud-africaines s'intéressent à moi. Un jour, ça s'ouvrira.

Le Stade français n'a eu d'autre choix que de vous licencier après le contrôle positif révélé par l'Agence Française de Lutte contre le Dopage. Comment l'avez-vous vécu ?

Aussi mal que vous pouvez l'imaginer... Mais j'aurais simplement préféré ne pas apprendre mon licenciement dans les journaux, voilà tout.

Que s'est-il passé au jour de mai 2019 où vous avez été testé positif ? Quelle est votre version des faits ?

Ce 19 mai 2019, on jouait contre Montpellier. A la quinzième minute, je me suis blessé aux cotes. J'ai quitté le terrain, on m'a administré des anti-inflamatoires mais la douleur était trop forte : j'ai alors été remplacé.

Alors ?

Après ça, je suis allé me doucher puis le team manager du club est venu me voir en me disant : « On va passer au contrôle anti-dopage, Hendre ». Je l'ai suivi, me suis présenté au docteur en charge. Là, on m'a donne un flacon, j'ai uriné dedans sans que personne ne me regarde et j'ai laissé le pot dans la pièce, sans surveillance. C'était mon premier contrôle anti-dopage en France et j'ai trouvé le protocole un peu léger, par rapport à ce que j'avais connu en Afrique du Sud... Deux mois plus tard, je recevais un email m'annonçant que j'étais positif. J'étais sous le choc.

Pourquoi ?

Je suis innocent et le clamerai toujours ! Je vais continuer à me battre pour laver mon nom !

Vous avez procédé à deux tests, sur un échantillon A puis un échantillon B. Les deux se sont avérés positifs et le Conseil d'Etat a aussi rejeté votre première demande de réhabilitation. Votre quête semble difficile...

Je ne suis pas un dopé, je le jure ! Trois semaines avant ce contrôle positif (le 23 avril 2019), le Stade français m'avait fait un contrôle sanguin et il n'y avait rien de particulier dans mon corps ! Rien ! Mais enfin, comment voulez-vous que moi, qui ne pouvais même pas commander un hamburger à Paris sans faire une faute de français, puisse trouver dans un pays qui n'est pas le mien de tels produits interdits ? Comment est-ce possible ? Comment ? Il y avait à peine sept mois que j'étais en France ! (il marque une pause, reprend) Généralement, quand vous avez un contrôle positif, on vous signale le nom du produit incriminé : nandrolone, stanozolol, stéroïdes ou que sais-je encore...

Et là ?

Aucun produit interdit n'est mentionné dans les résultats de mes analyses ! Aucun ! Il est juste spécifié que j'ai un taux de testostérone anormalement élevé !

Vous auriez pu commander un produit illégal par internet..

Mais enfin ! J'ai donné tous mes relevés bancaires à la justice pour prouver que je n'avais rien fait de tel !

Vous dîtes donc que vous êtes innocent.

Oui, je le dis depuis le premier jour. En deux ans, j'ai investi plus de 300 000 euros dans des cabinets d'avocats pour défendre ma version des faits. Un avocat à Paris, un autre en Suisse et un dernier en Afrique du Sud iront au bout pour prouver mon innocence. J'ai même testé avec des experts du monde entier tous les compléments alimentaires que je prenais à l'époque : ils étaient tous clean, des documents que je tiens à votre dispotition le prouvent. Vraiment, je suis dans l'incompréhension la plus totale.

Mais comment expliquez-vous, dès lors, que votre taux de testostérone ait été si élevé ?

Le jour du contrôle, mon taux de testostérone a été contrôlé à 94 alors qu'il devrait approcher les 12. Or, pour atteindre un tel degré, j'aurais dû prendre des produits spécifiques pendant douze mois avant le test ! C'est impossible ! Je vous rappelle que trois semaines avant, un test sanguin réalisé au Stade français prouvait que j'étais clean ! Je vous ai envoyé les résultats ! (des documents issus d'un laboratoire de Boulogne-Billancourt attestent en effet que le 23 avril 2019, soit trois semaines avant le contrôle anti-dopage, son niveau de testostérone n'avait rien d'anormal, N.D.L.R.) Quelques semaines après mon licenciement, le professeur Pascal Kintz, expert en toxicologie, a examiné à Strasbourg un échantillon capillaire et a spécifié que tout était clean ! (le document édité par le professeur Kintz en novembre 2019 atteste que l'échantillon capillaire prélevé par huissier de justice cuvre la date du contrôle réalisé par l'AFLD, N.D.L.R.).

Etes-vous confiant ?

Oui. Nous avons fait appel de la décision du Conseil d'Etat (février 2020) et serons entendu je l'espère en 2022 à Paris. Je n'ai aucun regret. Je n'ai pas triché et le prouverai. Et puis, je n'ai que 24 ans. Je jouerai à nouveau au rugby professionnel, un jour.

Comprenez-vous que beaucoup de gens, en France, auront néanmoins du mal à vous croire ?

Les gens me jugent depuis mes 17 ans. Les gens voient rarement le soleil qu'il y a en chacun de nous. Mais j'y suis habitué. (il marque une pause) Je me bats tous les jours depuis deux ans pour être réhabilité. Il n'y a pas un jour où ce combat est relégué au second pan de ma vie. Croyez-vous que j'aurais autant lutté, si j'avais été coupable ?

Regrettez-vous quoi que ce soit ?

Je ne m'excuse pas auprès des gens qui m'aiment pour mes actes. Parce que je n'ai rien fait de mal. Je m'excuse juste d'être resté silencieux deux ans durant.
 

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