Clermont, une question d’honneur avant tout pour espérer une qualification

  • Le demi d’ouverture Camille Lopez regrette la tournure que prend la Coupe d’Europe.
    Le demi d’ouverture Camille Lopez regrette la tournure que prend la Coupe d’Europe. Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany - Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Les Clermontois reçoivent Sale avec un impératif de victoire. Pour espérer se qualifier. Et pour éviter de subir l’affront d’une cinquième défaite de suite à la maison dans l’épreuve.

Quelle crédibilité accorder à une Coupe d’Europe se jouant autant sur la pelouse que sur tapis vert ? Les points du match nul accordés pour les matchs reportés étaient-ils la moins mauvaise solution ? L’épreuve pourra-t-elle aller à son terme dans des conditions convenables ? Tant de questions se posent sur cette Champions Cup et sa raison d’être. Camille Lopez a clairement son mot à dire sur le sujet : « Je ne sais pas si ça rime à quelque chose de faire cette compétition, déplorait, mercredi, l’ouvreur. Il y en a qui gagnent sur tapis vert et qui ont cinq points, d’autres qui ont des matchs nuls et deux points. Pour les prochains matchs, je crois que c’est zéro point. On entend tout et n’importe quoi. Il n’y a aucune équité dans tout ça. Nous, on n’est pas décideurs, on attend, on s’entraîne, on se prépare comme si l’on devait jouer. » Comment pourrait-on ne pas acquiescer devant sa prise de position, honnête et lucide ?

Mais peu importe le contexte, aussi flou soit-il, l’ASM se retrouve avec un match à disputer ce dimanche. Avec un objectif clair et net : l’emporter face à Sale. Au-delà de la comptabilité et des projections en tous genres, il en va tout bonnement de l’honneur du club. Depuis septembre 2020, les Jaunards se sont inclinés à chacun de leurs rendez-vous européens à domicile : face au Racing 92 (27-36), au Munster (31-39), contre Toulouse (12-21) puis devant l’Ulster (23-29), en décembre. Quatre revers consécutifs comme une anomalie historique au regard des habitudes locales : sur les trente-sept précédentes réceptions, Morgan Parra et compagnie l’avaient emporté à trente-cinq reprises. « L’Ulster est une très bonne équipe, c’est vrai, mais ce n’est pas une excuse. Nous sommes l’ASM et nous devons gagner à la maison », avait d’ailleurs rétorqué JJ Hanrahan après le faux pas initial. Face au dixième de Premiership, une contre-performance serait vécue comme un désaveu encore plus terrible. Et une preuve supplémentaire du déclassement clermontois.

« C’est beaucoup moins motivant »

Si le prestige de cette édition 2021-2022 est largement écorné, les Auvergnats se doivent tout de même d’y figurer honnêtement. En atteignant, envers et contre tout, le stade des matchs à élimination directe. Un minimum syndical. Or, si la saison devait s’arrêter aujourd’hui, l’ASM ne serait qualifiée pour aucune phase finale. Septième du Top 14 et neuvième de sa poule de Champions Cup, elle échouerait sur toute la ligne. Une sentence logique, en un sens : depuis l’été dernier, elle a plus perdu qu’elle n’a gagné, avec sept succès pour huit revers. Une frustration, doublement teintée d’incompréhension et d’impatience, commence à gagner les rangs, à commencer par Jono Gibbes. Le discours du manager a résonné fortement, samedi dernier, dans l’antre du Racing 92 où les Auvergnats ont pourtant glané un précieux bonus défensif : « Je ne sais pas quel match vous avez regardé mais, pour moi, il y a zéro satisfaction […] Je ne dirais pas que c’est la pire performance de la saison mais on rate une opportunité, c’est frustrant. »

En attendant de forcer son destin en Top 14, l’ASM se voit offrir l’opportunité de rectifier le cap en Coupe d’Europe. Avec le point du bonus défensif arraché face à l’Ulster et les deux unités ajoutés sur tapis vert, les Auvergnats gardent leur destin en mains. Un premier succès dimanche consoliderait leurs chances. Et raviverait un tant soit peu une flamme bien timide : « Aujourd’hui, la Coupe d’Europe telle qu’elle est, est beaucoup moins motivante, souffle Camille Lopez. Je ne vais pas vous mentir. Quand je suis arrivé ici, il y a huit ans, l’ASM avait une culture incroyable de cette compétition. Ça m’avait marqué. » Rien qu’au nom de cet héritage et en souvenir de cette belle époque, l’effort en vaut la peine.

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Vincent Bissonnet
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