L’Europe de Salomon

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    L’Europe de Salomon PA Images / Icon Sport
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L'édito du vendredi par Léo Faure... Au sujet des rencontres européennes qui n’avaient pas pu se dérouler avant Noël, la décision attendue, en calque de ce qui s’était fait la saison passée, devait revêtir deux aspects. Au choix : un report des sept rencontres, pour se jouer vraisemblablement début avril, sur les dates initialement préemptées pour les huitièmes de finale allers ; ou une défaite sur tapis vert, pure et simple.

Chacun dans sa posture opportuniste, les Français défendaient le premier cas de figure, les Anglais le second. Les Celtes, eux, toujours dans cette logique opportuniste, combattaient l’idée d’une disparition du premier match de phase finale, qui équivalait à une perte sèche en droits télés.

Pris entre trois feux nourris, le board de l’EPCR qui préside aux Coupes d’Europe a donc décidé de ne pas vraiment décider. Une politique du moins pire, qui n’épouse pas tous les attributs autoritaires d’une bonne gouvernance. Jugement de Salomon, on tranche l’enfant en deux parts égales : match nul pour tout le monde. Satisfaction pour personne si ce n’est les Celtes, pourtant peu concernés par ces rencontres.

Si le procédé a le mérite diplomatique d’éviter de choisir clairement un camp, il semble surtout ne faire que des perdants. Les Anglais, bien sûr, plutôt spectateurs des annulations de décembre et indirectement sanctionnés. Les Français aussi, qui avaient certes refusé de traverser la Manche avant Noël au regard des impositions sanitaires. Mais qui, d’un point de vue sportif, avaient nettement mieux à espérer que les deux points d’un match nul.

C’est moindre mal pour Toulouse et La Rochelle, les deux derniers finalistes de la compétition, dont les victoires à la première journée et le calendrier des rencontres à venir laissent entrevoir de belles chances de qualification. L’affaire est nettement plus compliquée pour Bordeaux et Clermont, qui avaient plié d’entrée à domicile et se devaient d’aller chercher les points d’une victoire à l’extérieur (aux Scarlets et à Sale). Ce qui ne sera pas le cas, sans même avoir pu tenter leur chance. Les deux clubs, ambitieux sur la scène européenne, se trouvent de facto en ballottage défavorable.

C’est enfin quasi éliminatoire pour le Stade français, qui voit une rencontre à domicile lui échapper sur tapis vert, après la rouste inaugurale du côté de Galway. En Challenge, Biarritz et Brive connaissent le même sort. Sans qu’on y trouve plus de logique judiciaire.

L’EPCR, qui régit les compétitions européennes, a ici appliqué le fameux « quoiqu’il en coûte » cher, très cher au gouvernement français. Il faut finir la compétition, quoi qu’il en coûte. Et tant pis pour l’idéal d’équité sportive. La Coupe d’Europe est faussée, certes. Mais la Coupe d’Europe se poursuit. Vive la Coupe d’Europe. Qu’elle tâche, pour l’avenir et sa crédibilité, d’anticiper des scénarios de repli. Plutôt que de gérer l’urgence, chaque année.

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