Boucherie continentale

  • James Lowe dépose, encore, la défense montpelliéraine.
    James Lowe dépose, encore, la défense montpelliéraine. PA Images / Icon Sport - PA Images / Icon Sport
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Surtout, ne riez pas. Les Montpelliérains ont pris une fessée magistrale ce dimanche de Coupe d’Europe à Dublin, face au Leinster. 89 à 7. 13 essais encaissés contre 1 seul inscrit en 80 minutes d’un calvaire sans fin. Record absolu de la plus grosse défaite européenne d’un club français et humiliation totale, pour le quatrième du Top 14 qui aura bien du mal à expliquer l’impossible. Malgré le Covid et une pluie d’absences justifiées, sur le papier.

L’armada relancée par Philippe Saint-André devra également laver son linge sale en famille, si elle entend rebondir en championnat. Ce ne sera pas du luxe - et encore moins évident - pour ceux qui auront eu l’impression d’avoir servi de chair à canon, sacrifiés sur l’autel de leur jeunesse ou de la pandémie.

Ne condamnez pas les humiliés du jour. Il serait trop facile, injuste et profondément malhonnête de tenir les Bévia et autres Foursans-Bourdette comme uniques responsables de la déroute. Après tout, le MHR vient juste d’encaisser 131 points en deux matchs (contre Exeter et le Leinster), pour 13 points marqués. Et s’il est encore en course pour la qualification, c’est au prix d’une victoire sans gloire, remportée sur tapis vert mi-décembre quand les Leinstermen étaient eux-mêmes décimés par le Covid.

Invraisemblable et pourtant… vrai. Si, par la force des choses ou par conviction (on vous laisse choisir la bonne réponse), Montpellier a tiré un trait sur la Champions Cup, il n’en reste pas moins qualifiable à ce jour, au mépris du mérite et de toute logique sportive. Désolé d’avoir à l’écrire. Il jouera son avenir le week-end prochain en recevant Exeter, en comptant sur un faux-pas de Clermont pour se tirer d’affaire. Suspens garanti. Insoutenable.

Voilà ici toute la magie d’une compétition bricolée à la hâte pour sauver les apparences. Avec une formule sans queue ni tête qui convoque vingt-quatre équipes, pour lesquelles les huit premiers de notre Top 14 sont invités et où seize candidats seront qualifiés pour la phase finale. N’en jetez plus, la coupe est pleine. Vous ne rêvez pas, le tableau est aussi glorieux qu’une école des fans !

En fait, tout semble écrit pour servir la seule et unique phase éliminatoire prévue au printemps. Soit l’ultime rendez-vous qui, malgré ses matchs aller-retour en huitièmes de finale, conserve l’image et le parfum d’une compétition d’élite internationale.

Une illusion ? Possible, au regard de la mascarade actuelle, avec des effectifs décimés par le variant « Omicron » et avec une direction européenne plombée par les intérêts divergents entre Celtes, Anglais et Français. Il faudra pourtant faire avec, dans l’intérêt du rugby professionnel tout entier. En espérant que les compétitions européennes puissent se mettre à nu avant de se réformer. Et de trouver la bonne carburation. En espérant aussi qu’aucun autre de nos clubs n’ait à vivre, demain, le calvaire du MHR.

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