Toulouse a perdu le rythme

  • Romain Ntamack (Toulouse), face aux Wasps.
    Romain Ntamack (Toulouse), face aux Wasps. PA Images / Icon Sport - PA Images / Icon Sport
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Le Stade toulousain a marqué à la première et à la dernière minute de ce match. Le problème, ce fut entre les deux. Comment a-t-il pu perdre à Coventry ? Il était dominateur en mêlée, sur ballons portés, a franchi à de multiples reprises et fut même en supériorité numérique quarante minutes environ. Certes, le champion d’Europe n’a pas livré sa meilleure partition, loin de là. Mais combien de fois lui est-il arrivé d’être moins fringant pour se montrer plus pragmatique et rafler la mise ? C’est la force de ce collectif : même prenable, il sait crucifier son adversaire dès qu’il baisse la garde. Voilà qui s’appelle la maîtrise.

Samedi, les Rouge et Noir en ont cruellement manqué, au grand dam du manager Ugo Mola : "On a eu beaucoup d’opportunités mais peu de réalisme, au contraire des Wasps. "Breaker" autant à ce niveau, c’est rare. Mais nous sommes tombés dans le panneau et n’avons pas su trouver la bonne mesure."

Le flanker François Cros allait dans le même sens : "On a eu des occasions, des "breaks" francs mais on n’arrivait pas à passer la ligne. C’est rageant. On ne peut pas se saborder sur des mauvaises passes ou des pertes de balle au contact. On n’est pas assez tueurs." Un comble pour les Toulousains, tant c’était leur qualité première en début d’exercice quand, derrière une préparation estivale raccourcie, ils se savaient moins en place offensivement et avaient insisté sur les fondamentaux avec succès. Franchement, il y a un paquet de rendez-vous qu’ils ont remportés avec trois ou quatre fois moins de situations favorables qu’en Angleterre.

Mola : "Des choses m’ont dérangé"

Victime des reports en cascade depuis un mois (dans une période qu’il avait ciblée), Toulouse craignait de manquer de rythme. L’explication est-elle là ? "Je l’aimerais, répondait Mola. Mais l’énergie était du côté des Wasps. J’espère sincèrement que c’est une histoire de rythme mais il y a quand même des choses qui m’ont fortement dérangé. On va regarder à tête reposée pour éviter de trop s’agacer." En creusant un peu, Mola a lâché ce morceau : "J’ai vu un état d’esprit porté sur le jeu, c’est sûr. Mais, à chaque décision arbitrale, tout le monde levait les bras. ça, ce n’est pas nous. On doit se reconcentrer sur l’essentiel et remettre les choses dans l’ordre." Ses hommes n’ont pas toujours compris pourquoi ils n’étaient pas davantage récompensés en conquête, mais ce comportement pointé du doigt vient aussi dans un contexte où les joueurs ont l’impression que tout tourne en leur défaveur. "Il y a eu pas mal de frustration mais il faut qu’on reste à notre place et qu’on arrête d’arbitrer, recadrait Cros. Qu’on arrête surtout de se mettre les arbitres à dos avec des comportements comme ça. Ça ne nous aide en aucun cas." Les Toulousains n’ont d’autre choix que de retrouver cette sérénité et cette lucidité qui furent leur marque de fabrique. Mola de conclure : "C’est souvent une histoire de dynamique collective. La meilleure manière de se remettre la tête en place, c’est de jouer au rugby et d’enchaîner. En disputant deux matchs en six semaines, on sent qu’il nous manque ce lien collectif très important. Il faut vite le retrouver. Après un début de saison maîtrisé de la tête et des épaules, on balbutie aujourd’hui notre rugby. On doit se remettre au boulot pour éviter d’être encore l’équipe qui n’a pas les bons rebonds. Ils sont pour les bonnes équipes." Toulouse a prouvé qu’elle en était une grande.

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