Dans le combat au sol, le roi est Rochelais

  • Jonathan Danty (de dos) freine la progression de l’Écossais Jack Dempsey. Les Rochelais ont brillé pour "pourrir" les ballons adverses, notamment sur les phases de jeu au sol. Photo Icon Sport
    Jonathan Danty (de dos) freine la progression de l’Écossais Jack Dempsey. Les Rochelais ont brillé pour "pourrir" les ballons adverses, notamment sur les phases de jeu au sol. Photo Icon Sport
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Dominateurs dans le jeu au sol, les Rochelais se sont notamment appuyés sur l’expertise de Jonathan Danty dans ce secteur pour étouffer les Glasgow Warriors et décrocher un huitième de finale retour à Deflandre…

Le postulat de départ est le suivant : les Glasgow Warriors, lestés d’une grosse dizaine d’internationaux, n’ont rien – mais alors rien !- d’un aimable sparring-partner. La défense écossaise, rapide, ultra-agressive et remarquablement bien organisée, est d’ailleurs une équation à multiples inconnues : posez la question à Grégory Alldritt, secoué plusieurs fois au Scotstoun Stadium, il confirmera probablement…

Pour faire sauter le verrou de l’équipe d’Ali Price, le manager rochelais Ronan O’Gara et son bras droit en Charente-Maritime Donnacha Ryan avaient tablé sur un plan à trois temps. Afin de fixer au mieux le rideau britannique, les avants rochelais ont d’abord multiplié les charges dans le jeu au près, où la puissance des gros de l’Atlantique fit, comme souvent, de sérieux dégâts. Ici, on soulignera que le talonneur Pierre Bourgarit, boudé par le staff des Bleus pour supposément manquer de sang-froid dans le "money time" des très grands matchs, fit merveille, renversant les Écossais à de nombreuses reprises et marquant même un essai, en début de deuxième période et après s’être débarrassé à l’impact de plusieurs adversaires. Dans le jeu de quilles qu’imposa, et remporta, le Stade rochelais samedi soir, le flanker Paul Boudehent et le deuxième-ligne Rémi Picquette, ce Skelton du Ch’Nord, eurent aussi une indéniable influence. Pour les Rochelais, il était visiblement si important de regrouper les

"Scots" autour des zones de ruck que Tawera Kerr-Barlow n’eut de cesse de manœuvrer et porter la balle derrière les mêlées ouvertes, empêchant les défenseurs des Warriors d’anticiper, récupérer des turn-overs et déclencher ces contre-attaques sur lesquelles ils sont habituellement si percutants.

Ce poison qu’est Danty…

Si les coéquipiers de Romain Sazy firent mal à l’actuel quatrième de la United Rainbow Championship, ils le doivent aussi à l’énergie et la précision qu’ils placèrent dans la guerre du sol. Redoutés en championnat dans ce secteur de jeu, les Rochelais furent outre-Manche largement fidèles à leur réputation, pourrissant la vie des attaquants britanniques, pénalisés une bonne dizaine de fois pour n’avoir su, ou pu, libérer leurs ballons dans le bon tempo. Au cœur des rucks, le trois-quarts centre rochelais Jonathan Danty, en forme internationale au meilleur des moments, prouva qu’il n’avait probablement aucun équivalent sur le Vieux Continent dans ce rôle de gratteur : dérobant deux ballons aux attaquants écossais, également à l’origine d’un remarquable contre-ruck, "Fatou" fut imité par Pierre Bourgarit, Dany Priso et Facundo Bosch, pour un total de six pénalités glanées : celles-ci se transformèrent en points, via la botte de Pierre Popelin, ou en pénaltouche.

Alerte sur la ligne de front ?

Aussi déterminés les avants du Stade rochelais furent-ils au long de ce dernier round de la phase préliminaire, on n’omettra pas néanmoins que pour l’une des premières fois cette saison, ils trouvèrent à qui parler dans le combat collectif. Samedi soir, les gonzes du technicien anglais Danny Wilson furent majoritairement dominateurs en mêlée fermée, où la puissance du droitier Zac Fagerson fit des ravages, et sur les mauls pénétrants, un exercice où les gros du 17 se sont samedi soir montrés moins souverains qu’à l’habitude. À quel point Reda Wardi et Will Skelton ont-ils alors manqué, sur la ligne de front ? Difficile à dire. Toujours est-il que dans le combat collectif, le Stade rochelais devra élever le ton le week-end prochain, face à Montpellier…

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Marc DUZAN
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