L'édito du lundi : "Politique européenne"

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Publié le , mis à jour

L'édito du lundi par Emmanuel Massicard... Avec un peu d’humour teinté d’ironie, on pourrait commencer la semaine en félicitant les Toulousains (et Bordelais), pour leur qualification sans même jouer ce week-end.

Surtout, leur dire qu’au pays où se plaindre de la surcharge des calendriers est un sport national, il n’y a finalement pas de mal à ménager les joueurs. Encore moins à s’inviter pour la phase finale en n’ayant disputé que deux « petits » matchs ; quand Castres est éliminé en ayant joué à fond ses quatre rencontres ; quand Paris, Montpellier, La Rochelle, Clermont et le Racing s’en sortent eux après trois sorties…

Mais ne comptez pas sur nous pour jeter de l’huile sur le feu. On peut défendre l’art de la caricature et avoir en même temps une pensée pour Didier Lacroix et ses Toulousains, frappés de toutes parts dès lors qu’ils doivent évoluer à domicile ces dernières semaines. Omicron ne leur épargne rien. Matchs remis ou annulés, ils comptent quatre rendez-vous ratés devant leur public, pour autant de recettes perdues ou reportées. De quoi devenir paranoïaque. De quoi voir le mal partout et des complots à chaque coin de stade.

Après ça, vous irez, vous, féliciter le président et sa troupe pour leur belle efficacité. Bravo, pour la qualif’! Nous préférons retenir l’issue finalement heureuse -sauf pour le CO, qui méritait mieux- et imaginer le soulagement dans les bureaux de l’EPCR à la lecture des résultats qui ont donc ménagé les nerfs de Lacroix.

L’instance organisatrice des Coupes d’Europe doit penser qu’avec toutes ces qualifications tricolores, la colère venue de l’Hexagone a des chances de retomber aussi vite qu’elle est montée. Imaginez donc : les Français frondeurs, qui militaient pour le report de la 2e journée avec la suppression des huitièmes de finale en format « aller-retour », auront au moins une affiche 4 étoiles à jouer à domicile en avril prochain. Alors que s’ils avaient obtenu gain de cause, ils se seraient déplacés en masse pour décrocher une hypothétique qualification.

Sportivement, la chose est entendue : les chocs à venir entre le Stade français et le Racing, Bordeaux et La Rochelle, Toulouse et l’Ulster, Clermont et Leicester ou Montpellier et les Harlequins feront certainement oublier la crise hivernale. Mais permettez-nous de douter d’un retour au calme plat. C’est que l’épisode a ravivé de vieilles tensions. Et remis sur le gril la question de la gouvernance, au cœur d’une instance historiquement divisée entre le pouvoir des Celtes, Anglais et Français.

Chacun y milite pour son propre camp et tente d’imposer la suprématie de ses règlements, à l’image de Didier Lacroix qui, vendredi au plus fort de sa colère, rappela la soumission des clubs français au protocole médical du Top 14, même pour les matchs européens.

Il avait raison. Mais oublia de considérer la souveraineté de l’instance, dont une commission eut à valider la rencontre des Rouge et Noir face à l’avalanche de cas positifs au Covid. C’est alors que Toulouse n’a pas recueilli la majorité, comme le Leinster quelques semaines auparavant. Et c’est alors que les Anglais ont voté contre les Français.

Cherchez donc à qui profite le crime. En rugby comme ailleurs, tout est politique. Notre Europe n’est pas différente des autres et elle souffre de maux à la modernité cynique.

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