La technique : quand le Racing 92 joue en sol majeur face à Toulouse

  • Le Racing a dominé le Stade toulousain dans le jeu au sol, une des clés du match.
    Le Racing a dominé le Stade toulousain dans le jeu au sol, une des clés du match. Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Si les Racingmen ont réussi à faire chuter le champion de France pour la première fois de la saison à domicile, c’est en grande partie grâce à leur performance majuscule dans le jeu au sol.

Nous n’avons pas eu le loisir de les croiser après la rencontre pour leur poser directement la question, mais l’on gage que Bernard Le Roux et Wenceslas Lauret ont dû se régaler samedi soir, sur la pelouse d’Ernest-Wallon. Non pas qu’ils aient vécu le meilleur match de leur carrière… Entre le brouillard, le froid et le rythme haché par les innombrables mauvaises passes et autres en-avant en tous genres, ce Toulouse - Racing 92 ne laissera pas un souvenir impérissable dans les mémoires.

Non, en revanche, les deux hommes - ainsi que leurs coéquipiers du pack - ont dû prendre un sacré pied à dominer de la sorte le champion de France et d’Europe en titre dans le secteur du jeu au sol. D’autant que cette fois - et aux exceptions notables des absences notables de Julien Marchand et Peato Mauvaka qui sont, convenons-en, deux des meilleurs gratteurs du Stade toulousain - le manager Ugo Mola disposait d’un pack de qualité, avec les Baille, Faumuina, Rory Arnold, Placines, Miquel et Tolofua sans oublier Richie Arnold, Cros et Jelonch sur le banc. Mais qu’importe.

L’armada francilienne avait choisi son plan de bataille au moment de poser le pied en Haute-Garonne : leur salut - et accessoirement leur troisième victoire à l’extérieur en Top 14 passerait par le jeu au sol - : « Nous avions ciblé le secteur du jeu au sol, de même que celui de la conquête », confirmait le talonneur international du Racing Camille Chat.

« L’objectif était de ralentir les sorties de balles toulousaines pour les empêcher d’imposer leur rythme, ainsi que de mettre Antoine Dupont et Romain Ntamack sous pression », complétait le Tricolore. Ce que Chat ne dit pas, c’est que cette idée était certainement venue du match aller, disputé le 31 octobre dernier, que les Racingmen avaient remporté 27 à 18 en chipant pas moins de neuf ballons aux Toulousains dans les rucks. À l’issue de la rencontre, l’entraîneur des avants toulousains Jean Bouilhou ne pouvait que constater les dégâts : « Je ne sais pas combien on en a perdu ce soir, mais cela nous empêche vraiment d’avoir de la continuité dans notre jeu. »

 

Le jeu au sol, le grand chantier de Toulouse

Comme nous le disions précédemment, Bernard Le Roux et Wenceslas Lauret ont été les fossoyeurs du Stade toulousain. Rapides et agressifs, les deux hommes n’ont pas fait que semer la zizanie dans les rucks. Ils ont appuyé là où le Stade toulousain a mal depuis quelques mois : « Ce n’était pas un problème d’engagement. Mais depuis le début de l’année, on donne le ton d’une équipe un peu faible dans ce secteur, et je crois que les arbitres le savent, analysait Jean Bouilhou. Donc quand ils arrivent dans une situation de 50/50, cela joue contre nous à l’image de deux ou trois décisions qui ont joué en notre défaveur alors qu’en regardant bien les images, cela n’aurait pas été le cas. Mais c’est de notre faute, car on ne donne pas une bonne image sur ce secteur. C’est un gros point noir et cela s’est vu ce soir. »

Ce n’est pas la première fois que cela arrive. L’année dernière, on se souvient que le MHR avait fait très mal aux Toulousains dans ce secteur à Ernest-Wallon. Cette année, cela s’est reproduit à plusieurs reprises, et le problème est de toute évidence pris à bras-le-corps par le staff, comme le confirmait Antoine Miquel : « C’était bizarre, car j’ai trouvé que nous étions beaucoup dans les zones de rucks. C’était le fil rouge de la semaine, car on savait qu’ils allaient venir au contest. On y allait donc à deux, trois, voire quatre et malgré cela, j’ai l’impression que l’on contrôlait mal le ballon puisque les Racingmen arrivaient à contre-rucker. J’ai le souvenir d’une action où l’on vient déblayer avec "Sele" Tolofua : on sort tous les deux l’adversaire, mais aucun d’entre nous ne reste sur le ballon. Donc on fait un bon nettoyage, mais si personne ne garde le ballon on le perd. » Les problèmes sont identifiés, il faut maintenant y remédier.

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Simon VALZER
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