Un XV du chardon, toujours ardent !

  • Edinburgh, Scotland, 20th November 2021. Stuart Hogg of Scotland scores his sides 2nd try to become Scotland’s record try scorer during the Autumn Nation Series match at Murrayfield Stadium, Edinburgh. Picture credit should read: Neil Hanna / Sportimage - Photo by Icon sport - Murrayfield - Edimbourg (Ecosse)
    Edinburgh, Scotland, 20th November 2021. Stuart Hogg of Scotland scores his sides 2nd try to become Scotland’s record try scorer during the Autumn Nation Series match at Murrayfield Stadium, Edinburgh. Picture credit should read: Neil Hanna / Sportimage - Photo by Icon sport - Murrayfield - Edimbourg (Ecosse) Spi / Icon Sport - Spi / Icon Sport
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Les Ecossais sortent d’une très bonne année 2021. Avec peu, ils sont habitués à faire beaucoup, c’est leur ADN. Et si Russell est bien inspiré, tout est possible.

Difficile de ne pas apprécier ce que représente cette équipe d’Ecosse. En 2021, elle a quand même gagné en France et en Angleterre la même année. Elle a fini le Tournoi avec trois succès. À l’automne, elle a envoyé un contingent de huit joueurs chez les Lions. À l’automne, elle a gagné deux tests sur trois, contre le Japon et l’Australie. Pas si mal quand on y réfléchit bien. Si l’on se souvient des années 2000 quand on se demandait si le XV du Chardon avait le niveau du Tournoi, on ne peut qu’applaudir. On remarque aussi que les deux franchises écossaises Edimbourg et Glasgow brillent en Ligue Celte et en Coupe d’Europe. On n’ose pas dire que tout baigne pour le rugby écossais, mais on a envie de lui décerner l’ordre international du mérite. L’Écosse est la nation qui compte le moins de licenciés de la compétition, moins de 50 000, soit cinq fois moins qu’en France.
Mais évidemment, la courbe des résultats d’une nation ne relève pas de l’arithmétique. L’Écosse a su maintenir une certaine flamme, grâce à la culture d’une formation de haut niveau, quelques entraîneurs de qualité comme Greg Townsend, le sélectionneur francophone actuel.

Et puis, elle ne se gêne pas pour naturaliser illico presto des talents formés à l’étranger. L’exemple récent le plus frappant, c’est cet ailier Duhan van der Meerwe, né et éduqué en Afrique du Sud, passé par la France avant de mettre le cap sur l’Ecosse en 2017 à 22 ans. Il a attendu les trois ans de résidence réglementaires pour avoir le droit d’enfiler la tenue bleu nuit et d’y empiler les essais, neuf en treize matchs et de se retrouver en tournée dans son pays natal avec le maillot des Lions.

Il y a d’autres cas de ces soldats immigrés, pas assez bons ou chanceux pour s’imposer chez eux, mais assez forts pour renforcer le noyau des Ecossais de souche. Car il en reste évidemment, souvent formés dans les clubs historiques des Borders comme le brillant Stuart Hogg, de Melrose tout comme le pilier Rory Sutherland lui aussi retenu parmi les Lions.
 

Le cas Russell

Alors, les Ecossais seraient partants pour rééditer l’opération de 2021, un Tournoi à trois victoires, plus, ce serait un véritable exploit. Le XV du Chardon n’a réussi que trois Grands chelems dans sa longue histoire (1925, 1984, 1990). Il n’a plus gagné le Tournoi depuis 1999. On a coutume de dire que l’Ecosse manque de joueurs très puissants, avant, on expliquait qu’elle n’avait pas une grosse mêlée. Il y a toujours quelque chose qui cloche, même si ce n’est qu’un grain de sable, c’est aussi à ça qu’on reconnaît les petites nations. Enfin, il est difficile de parler de l’Ecosse sans évoquer le cas Finn Russel. Le demi d’ouverture émigré au Racing a quelque chose de génial, mais aussi de déconcertant.

La pression ne semble pas avoir de prise sur lui, il tente et réussit les gestes les plus spectaculaires, mais commet aussi des bourdes les plus fâcheuses. Il est celui qui pourrait offrir un succès face aux All Blacks mais aussi celui qui pourrait causer une défaite face à l’Italie. Mais on n’imagine pas le sélectionneur se passer de lui, il n’a pas assez de réserves, même si Adam Hastings est un élément prometteur. D’ailleurs quand Russell et son sélectionneur Greg Townsend sont entrés en conflit, on a bien senti que le rabibochage devenait une cause nationale, l’Ecosse avait trop à perdre. Mais on sent bien que cette équipe et son écosystème particulier n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise.

 

Hogg, une décennie de brio

L’arrière exilé à Exeter a fait ses débuts en 2012, son instinct offensif est sans égal.

Il va fêter ses dix ans de présence en équipe nationale. L’arrière Stuart Hogg est depuis longtemps une figure du rugby écossais, sans doute l’un des attaquants les plus doués de toute l’histoire du XV du Chardon. Il compte 88 sélections pour 159 points marqués. Il a aussi participé à trois tournées des Lions (mais avec seulement deux tests joués à cause de deux blessures).

En novembre dernier, il est devenu le meilleur marqueur d’essais de l’histoire de la sélection avec 25 réalisations. C’est dire s’il appartient déjà à la légende à l’instar d’Andy Irvine et d’Adam Hastings, les arrières les plus connus du pays. Il dégage une impression de facilité assez déconcertante par la soudaineté de ses démarrages, par sa lecture du jeu et par une assurance assez bluffante. Depuis qu’il a atteint sa plénitude, on sent qu’il a donné une confiance terrible à ses partenaires. Avec un joueur comme lui, n’importe quel ballon peut se transformer en lingot d’or.

Stuart Hogg est un homme des Borders. Il est né à Melrose, mais il a d’abord joué à Hawick comme son père et son frère. Puis il a découvert le professionnalisme avec la franchise de Glasgow. A 24 ans, il avait déjà disputé cent matchs sous ces couleurs, et glané un titre majeur : la victoire en Ligue Celte en 2015. En 2019, il a mis le cap au sud pour rejoindre Exeter, club anglais majeur sans doute mieux armé financièrement. Sous ces latitudes très méridionales pour lui, il a empoché une Coupe d’Europe, et un titre de champion d’Angleterre en 2020. Son palmarès commence à prendre de l’ampleur. Il lui manque un vrai exploit avec la sélection : une victoire dans le Tournoi par exemple.

 

Encore un peu de rab pour la famille Gray ?

Ce texte est marqué par la nostalgie. Reverra-t-on les frères Gray sous le maillot écossais ? Depuis plus de dix ans, la famille est représentée en sélection. D’abord par Richie depuis 2010, ensuite par son cadet Jonny qui l’a rejoint dans le gotha à partir de 2013. Les deux ont réussi à former la deuxième ligne de leur équipe nationale, phénomène très rare. Mais depuis le Tournoi 2021, on ne les a plus vus. Ça nous a fait drôle de voir le XV du Chardon sans eux en novembre.

Richie Gray (Écosse).
Richie Gray (Écosse). PA Images / Icon Sport - PA Images / Icon Sport

Mobile et adroit, Richie, n’a que 32 ans, mais il est plutôt sur le déclin et on sent bien que Greg Townsend ne lui fait plus une entière confiance. Depuis 2017, ses apparitions se sont faites rares. Mais ça ne l’a pas empêché d’être sacré champion de France avec Toulouse en 2019, avant de revenir à Glasgow. Jonny semblait encore au sommet de son art, celui d’un ferrailleur hors pair en 2020 et au début 2021, une vraie machine à plaquer. Il exerce désormais ses talents sous le maillot d’Exeter en Angleterre. Mais il a manqué la tournée des Lions, simple choix du sélectionneur. Un coup dur sans doute. À l’automne, il a dû se faire opérer d’une épaule et l’équipe a bien joué sans lui. On verra si Townsend prolonge le bail de cette famille comblée par les dieux avec le XV du Chardon. 

Midi-Olympique.fr
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