Papé : « Ce XV de France semble à l’abri du type d’accident survenu en 2013 »

  • Le deuxième ligne était de la défaite en 2013 à Rome. Il est convaincu que les temps ont changé. Et il explique pourquoi.
    Le deuxième ligne était de la défaite en 2013 à Rome. Il est convaincu que les temps ont changé. Et il explique pourquoi. Dave Winter / Icon Sport - Dave Winter / Icon Sport
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Le deuxième ligne était de la défaite en 2013 à Rome. Il est convaincu que les temps ont changé. Et il explique pourquoi.

Le XV de France, dont vous étiez le capitaine, s’est incliné en Italie lors du Tournoi 2013. Quel souvenir en gardez-vous ?

Et c’était déjà le match d’ouverture ! Nous sortions d’une tournée de novembre (2012) où nous avions gagné nos trois matchs, notamment contre l’Australie et l’Argentine. Peut-être la tournée la plus accomplie de l’ère Saint-André. C’était l’émergence de Maxime Machenaud, de Wesley Fofana et quelques autres. C’était aussi le retour du grand Frédéric Michalak. Bref, avec le recul, nous avions probablement abordé cette rencontre avec un peu trop de certitudes. Or, c’était la deuxième saison de Jacques Brunel à la tête de la sélection italienne et il avait fait énormément progresser cette équipe qui comptait de belles individualités comme Sergio Parisse ou encore Castrogiovanni. Les italiens avaient été bien plus consistants que nous sur cette rencontre, bien mieux organisés sur l’animation des cellules offensives et défensives. Ce que Jacques maîtrisait parfaitement.

N’aviez-vous pas été prévenu du piège ?

(Il souffle longuement) C’est facile à dire presque dix ans après… La semaine avait pourtant été studieuse. Mais peut-être que nous avions trop préparé le match face au pays de Galles qui venait juste après cette rencontre. En tant que capitaine, je n’avais peut-être pas suffisamment mis en scène ce premier match qui devait être le socle de notre réussite.

Comment aviez-vous encaissé les critiques ?

Je me souviens surtout que je m’étais blessé au dos sur cette rencontre et que j’avais passé trois mois à l’infirmerie. La double peine ! Je retiens aussi que les Italiens sont capables de nous mettre régulièrement de bonnes piqûres de rappel. Pour eux, jouer le XV de France, c’est jouer les All Blacks. C’est ce qui les rend dangereux.

Encore aujourd’hui ?

Peut-être pas…

Pourquoi ?

La nouvelle génération de joueurs français a bénéficié ces dernières années d’un gros travail de la DTN, notamment Didier Retière et Sébastien Piqueronies. Depuis qu’ils sont gamins, ces jeunes baignent dans la culture « équipe de France », ils sont imprégnés de cet esprit bleu. On leur a appris à gagner les matchs, quels qu’ils soient. Et puis, jamais un sélectionneur français n’a eu autant de moyens matériels et financiers, autant de temps, pour entraîner le XV de France. Le staff de Galthié travaille avec 42 joueurs en permanence et peut compter sur un vivier de 70 mecs quasiment de même niveau. La concurrence en équipe de France n’a jamais été aussi forte. Quand un mec enfile le maillot pour jouer, il sait qu’il y en a quatre ou cinq qui attendent à l’entrée du stade pour lui prendre sa place. À part peut-être Antoine Dupont qui survole tout, il n’y a pas un joueur installé. À notre époque, nous n’avions pas cette concurrence. Ni ce vécu commun. Je me souviens encore du Tournoi 2004 où Stephane Glas, qui n’avait pas mis les pieds en équipe de France depuis deux ou trois ans, était arrivé le jeudi soir pour remplacer Aurélien Rougerie blessé. Et le lendemain, il était avec nous dans l’avion pour le pays de Galles, sans aucun entraînement. Roule ma poule... Aujourd’hui, il y a un confort de travail que nous n’avions pas par le passé. Et c’est ce qui met, me semble-t-il, le XV de France à l’abri du type d’accident survenu en 2013, ou encore deux ans plus tôt en 2011.

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