Dupont-Ntamack, tout en sobriété

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    Dupont-Ntamack. Midi Olympique. - Patrick Derewiany.
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Parfois déficiente dans la conduite du jeu, et surtout dans l’occupation au pied, la charnière du XV de France n’a pas livré sa meilleure prestation sur la scène internationale. Mais les deux Toulousains ont pourtant su, comme à leur habitude, être décisifs…

Si la victoire fut au rendez-vous et si "le contrat a été rempli" comme Antoine Dupont l’expliquait après le coup de sifflet final, tout n’a pas été rose ce dimanche pour l’ouverture de ce Tournoi, et le capitaine le reconnaissait lui-même. Dans la conduite du jeu notamment, le XV de France n’a pas toujours été inspiré et n’a pas pu mettre la pression sur l’Italie comme il l’aurait souhaité. Forcément, le demi de mêlée du Stade toulousain sait qu’il a une part de responsabilité, lui qui est au cœur de l’animation des Bleus. En manque logique de repères derrière deux mois marqués par une blessure au genou et les incessants reports de match en club, comme l’indiquait le directeur de la performance Thibault Giroud la semaine dernière, le meilleur joueur du monde n’a - dans un premier temps - pas été le poison qu’il est habituellement en apportant ce danger permanent autour des rucks pour mettre ensuite ses partenaires dans un fauteuil.

Aussi, la charnière 100 % toulousaine, qu’il forme avec son compère Romain Ntamack, n’a pas toujours été précise dans son jeu au pied, lequel fut souvent trop long, ne permettant pas aux Français d’arriver à la réception à temps pour placer les Italiens dans la difficulté. "Je partage cette analyse, avouait même Dupont. D’autant que, la plupart du temps, ce sont mes jeux au pied qui étaient trop longs et pas forcément bien tapés. Sur les coups d’envoi adverses aussi, on a eu du mal à trouver la longueur nécessaire sur nos sorties en touche. C’est un secteur à améliorer."

Et d’ajouter, dans un registre encore plus personnel : "Un peu à l’image de l’équipe, j’ai commis pas mal de maladresses et de mauvais choix." Globalement, dans l’occupation, les Bleus ont été plutôt déficients, s’en remettant à plusieurs reprises au pied droit énorme de Melvyn Jaminet pour faire reculer leurs adversaires et investir le camp transalpin dans le deuxième acte.

Dupont : "J’ai retrouvé du rythme et des sensations"

En ce sens, la gestion de la paire Dupont-Ntamack, huilée à Ernest-Wallon et éclatante face aux All Blacks en novembre, n’a pas été parfaite. Oui mais voilà, le talent reste le talent… Et si des joueurs n’en manquent pas, ce sont bien ceux-là. Chacun à leur manière, et s’ils n’ont clairement pas signé leur meilleure prestation sous le maillot de l’équipe de France, Dupont et Ntamack sont tout de même parvenus à être décisifs. L’ouvreur, d’abord, à la grâce d’une intervention géniale sur le premier essai de Gabin Villière avant la pause. Placé dans le dos de Jonathan Danty, il a réalisé une merveille de passe sur un pas, créant un décalage que les Italiens n’ont jamais pu rattraper. Un geste effectué avec une fluidité et une aisance dont lui seul a le secret.

Un geste, surtout, qui a fait basculer définitivement la rencontre. Excellent en défense (avec dix plaquages réussis et aucun raté), il a même failli offrir un autre essai, à Damian Penaud cette fois, d’une passe au pied délicieuse. En clair, dans les instants qui comptent, il a toutefois répondu présent. Et, pour revenir à cette fameuse action de fin de première mi-temps, il ne faut pas oublier que l’essai est venu d’une décision pour le moins audacieuse d’Antoine Dupont, soutenu par les autres leaders de jeu. Alors que les arrêts de jeu débutaient, que le score était ultra-serré et que son équipe bénéficiait d’une pénalité en bonne position, le capitaine a préféré ne pas prendre les points. "Ce n’était pas une stratégie préétablie mais un ressenti des joueurs sur le terrain à ce moment du match, commentait-il. On a pris nos responsabilités."

Un pari payant pour Dupont, qui prouve combien il est entré dans ce costume de patron qui lui sied à ravir, en l’absence de Charles Ollivon. Au-delà, et malgré une performance moins aboutie qu’en novembre, Dupont a montré qu’il avait des qualités uniques deux minutes avant de céder sa place. À la 68e minute, il était au soutien de Damian Penaud pour amener de la continuité au large avant de fixer et envoyer l’ailier clermontois inscrire l’essai du bonus offensif. Une séquence évidemment rassurante sur l’état de forme de Dupont, capable d’une telle course après l’heure de jeu. "J’ai pu retrouver un peu de rythme et des sensations, se félicitait-il ainsi après la rencontre. Je n’ai pas d’inquiétude pour la suite." Les observateurs des Bleus non plus.

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