Le Chardon a fané la Rose

  • Les Écossais ont remporté la Calcutta Cup et prouvent, s’il besoin était, qu’ils seront de sérieux concurrents dans cette édition 2022 du Tournoi.
    Les Écossais ont remporté la Calcutta Cup et prouvent, s’il besoin était, qu’ils seront de sérieux concurrents dans cette édition 2022 du Tournoi. ActionPlus / Icon Sport - ActionPlus / Icon Sport
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Longtemps dominés, les Écossais ont laissé passer l’orage pendant près d’une heure à Murrayfield. Mais une erreur de Luke Cowan-Dickie leur a permis d’inverser la tendance pour s’offrir la Calcutta Cup.

Une erreur, et tout bascule. Samedi, les Anglais ont déjà hypothéqué leurs chances de victoire dans le Tournoi des 6 Nations. Les Écossais, eux, ont démontré qu’ils pourraient bien être les poils à gratter de la compétition. Pourtant, dans l’enceinte de Murrayfield, les hommes d’Eddie Jones ont longtemps dominé. Rendez vous compte: Ben Youngs et les siens ont bouclé le premier acte avec près de 75% d’occupation, et plus de 60% de possession. Mais dominer n’est pas gagner. Et ça, le Chardon l’a bien compris.

Même acculés en première mi-temps, les locaux s’en remettent encore et encore à la botte longue distance de leur capitaine, Stuart Hogg, histoire de se donner de l’air. Plutôt disciplinés, bien organisés sur la largeur, ils profitent en plus du cruel manque de réalisme anglais, empêchant ces derniers de faire la course en tête. Lors des 40 premières minutes, les hommes en blanc n’auront en effet mené que durant deux petites minutes. La faute notamment à une merveille d’essai inscrit par le jeune demi de mêlée Ben White (18e), entré pour remplacer un Ali Price commotionné. Ironie du sort, White est en fait un ancien international… des moins de 20 ans anglais ! Le réalisme, lui, est bien écossais.

Ensuite ? Les soldats de Gregor Townsend font le dos rond. Contrariés sur chaque ballon, ils frôlent la correctionnelle à plusieurs reprises, comme à la 23e, lorsque la flèche Joe Marchant réalise un énorme effort pour aller contrer dans le camp adverse un jeu au pied de Hogg, lequel avait déjà été perturbé quelques minutes auparavant.

66e minute, la bascule

Au fil du combat, c’est alors un duel de buteurs qui se dessine. Précis, Finn Russell est opposé à Marcus Smith, jeune prodige des Harlequins à qui Jones a confié les clés du camion en ce début de Tournoi. L’opposition tourne à l’avantage de ce dernier, lorsqu’à l’heure de jeu… Patatra ! Le momentum, le tournant, la bascule, appelez-ça comme vous voulez, mais le XV de la Rose se casse la figure dans un Murrayfield transformé en fournaise.

Après avoir laissé les Anglais s’épuiser sur sa défense, le XV du Chardon les fait disjoncter. À la 66e, Russell adresse une transversale à destination de Graham. Or, un Anglais se transforme en volleyeur et éjecte volontairement la gonfle en touche, tapant le ballon des deux mains. La bourde est signée Luke Cowan-Dickie. Dix minutes au frigo, et surtout, essai de pénalité (17-17). "Nous ne blâmons pas Luke, l’arbitre a décidé que c’était un carton jaune, nous devions faire avec", déclarait à l’issue de la rencontre le sélectionneur anglais, qui regrettait plutôt le manque de précision de son équipe.

Sur Twitter, le talon d’Exeter a en tout cas tenu à s’excuser pour son geste, conscient que sans cela, les Anglais auraient probablement tenu le coup : "Je veux juste m’excuser auprès de tous les supporters pour ce qui s’est passé. Je me suis laissé aller et je vous ai laissé tomber."

Une erreur et tout bascule, donc. Bien loin de subir comme en première période, les partenaires de l’homme du match Matt Fagerson sont galvanisés. "Superbe tout au long du match", selon Townsend, Finn Russell renvoie les Anglais dans les cordes grâce à sa patte magique. Et à huit minutes du terme, c’est lui qui inscrit la pénalité de la gagne… Pour le plus grand bonheur du Chardon et de son sélectionneur : "Notre caractère est excellent. Nous étions menés et nous sommes revenus. Nous avons joué l’un de nos meilleurs rugbys dans ces 15 dernières minutes." Le Chardon a piqué, la Rose a fané.

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Dorian VIDAL
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