Cretin : « Le statut de favori ? Nous ne sommes pas fous »

  • Dylan Cretin plaqué par un joueur italien lors de la rencontre France-Italie au Tournoi des Six Nations 2022
    Dylan Cretin plaqué par un joueur italien lors de la rencontre France-Italie au Tournoi des Six Nations 2022 Icon Sport - Icon Sport
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Malgré une victoire parfois laborieuse dans sa construction, le XV de France a assumé son statut de favori. Une étiquette que ses adversaires lui ont collée en amont de cette première journée. Le troisième ligne international revient ici sur ce match inaugural du Tournoi et se projette sur la rencontre à venir contre l’Irlande.

 

Quelle analyse faites-vous de cette première victoire dans le Tournoi des 6 Nations ?

En raison des difficultés rencontrées en première période et des conditions climatiques qui n’étaient pas évidentes, nous avons dû réduire un peu notre jeu. Mais globalement, nous sommes satisfaits de la prestation globale de l’équipe qui a su garder son calme, rester sereine pour bien construire ce succès au fur et à mesure du match. L’objectif était de gagner, de marquer le point de bonus offensif et de soigner le goal-average. Mission accomplie.

La force de ce XV de France ne réside-t-il pas dans cette faculté à conserver cette sérénité quel que soit le contexte ?

J’en suis convaincu. Par le passé, nous nous serions probablement affolés à la vue du début de match. Au final, tout le monde a gardé son calme, est resté focus sur les consignes de jeu pour retourner dans leur camp, pour marquer ces cinq essais. À aucun moment, l’équipe ne s’est laissée déstabiliser. Tant mieux surtout que cette formation italienne était venue à Paris avec des ambitions. Elle nous a quand même posé de sérieux problèmes. C’était un rude combat. Vraiment. Mais on a su construire notre victoire.

Justement, comment jugez-vous votre performance à titre personnel ?

Ça a tapé fort ! Vraiment très fort. Mais je me suis plutôt senti bien. Après deux semaines de préparation, pas toujours simples, j’étais heureux de retrouver le terrain, de retrouver le Tournoi des 6 Nations. Surtout devant du public.

Vos statistiques témoignent d’une grande activité, mais aussi d’une difficulté à répondre présent dans la densité physique. Est-ce votre sentiment ?

Les Italiens avaient vraiment densifié la zone autour des rucks. Et, à cause des conditions météorologiques, nous avons eu pas mal de difficultés à nous faire des passes devant la défense. Conséquence : nous étions vraiment attendus dans cette zone. Et c’était vraiment compliqué d’avancer ou de gagner la ligne d’avantage.

Comment vous êtes-vous organisés dans le secteur de la touche avec Cameron Woki ?

Ce n’est pas bien compliqué. Cameron a géré les touches offensives et de mon côté je me suis chargé de l’organisation défensive. Chacun ses responsabilités et ça a plutôt bien marché.

On vous a vu voler un lancer italien avec une belle prise de balle à deux mains…

Ça, c’est plaisant ! Je revois très bien cette touche. C’est le fruit d’un gros travail à la vidéo. C’est un peu comme un bon « contest ». C’est une munition de moins pour l’adversaire, une de plus pour notre attaque.

Votre titularisation n’était pas forcément attendue. Comment l’avez-vous accueillie ?

Cela fait deux ans que je suis avec l’équipe de France. Que je joue ou non, j’essaie de tout donner à chaque fois. Que ce soit à l’entraînement ou en match. Mon objectif est simple : être dans l’équipe à chaque rencontre. J’y suis, tant mieux. Je n’y suis pas, tant pis. Je ne me prends pas la tête avec ça. Mais je me remets en cause. J’essaie de travailler plus, de travailler mieux. Et quand j’y suis, j’essaie d’y rester en réalisant la meilleure performance possible. Mais franchement, aucune prise de tête. Je ne veux pas me faire une entorse du cerveau. Ma solution, c’est le travail.

Dylan Cretin saute en touche pour capter un lancer français face à l'Italie
Dylan Cretin saute en touche pour capter un lancer français face à l'Italie Icon Sport - Icon Sport

Le staff technique vous a-t-il donné une raison particulière pour expliquer votre titularisation contre l’Italie alors que vous n’aviez plus commencé une rencontre depuis la tournée en Australie en juillet 2021 ?

Non, aucune. Mais ça n’était pas nécessaire non plus (rires).

Le fait de ne pas avoir commencé une seule rencontre lors de la tournée de novembre vous a-t-il poussé à vous interroger sur les raisons ?

Non, comme je l’ai déjà dit, je ne me prends pas la tête avec ça. Quand on m’a prévenu que je ne jouerai pas les deux premiers matchs, je ne me suis pas renfermé. Au contraire. J’ai profité de cette période-là pour bien travailler, mieux me préparer et aider l’équipe dans ses objectifs. Et puis, j’étais persuadé que mon tour viendrait. Résultat : le staff m’a fait confiance pour affronter les Blacks. Même si je n’ai pas commencé la rencontre, j’ai pu participer à cette formidable victoire. Comme quoi, tout peut aller très vite en équipe de France. Dans un sens, comme dans l’autre.

Vous êtes-vous déjà penché sur la performance irlandaise lors de cette première journée du Tournoi ?

Nous avons regardé le match des Irlandais contre les Gallois. À tout dire, nous n’avons pas été vraiment surpris de les voir à ce niveau-là. Ça fait un an que cette équipe n’a plus perdu un match, presque deux ans qu’elle produit un très beau rugby. Je trouve les Irlandais beaucoup plus joueurs qu’il y a quelques années. C’est ce qui en fait d’ailleurs une équipe redoutable. Ça annonce un beau combat pour samedi prochain. Et je peux vous dire que tout le monde est très excité par ce match.

Est-ce déjà une finale avant l’heure ?

On a appris par le passé que le Tournoi ne se gagne pas face à une seule équipe. Il se remporte sur la durée des cinq rendez-vous. Jusqu’à la fin, il peut y avoir des surprises. Pour nous, cette rencontre face à l’Irlande, ce ne sera que le dernier match du bloc avant la coupure. Rien d’autre.

Ce statut de favori que tous les observateurs et tous vos adversaires vous ont collé est-il difficile à porter ?

Nous ne sommes pas fous : on sait très bien que, venant de nos adversaires, c’est une façon de s’ôter de la pression et de la rejeter sur nous. C’est de la communication. Ni plus, ni moins. Je peux vous garantir que même si les Irlandais ou les Anglais ont dit que nous étions les favoris ou la meilleure équipe, ils vont tous venir au Stade de France pour nous battre. Personne ne nous fera de cadeau. Nous sommes assez lucides sur nos forces et on veut rester focaliser uniquement sur notre équipe.

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