Stuart Lancaster : « J’ai beaucoup d’admiration pour Alldritt »

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L’ancien sélectionneur du XV de la Rose jusqu’en 2015, est, depuis plusieurs années, le patron sportif du Leinster. Il décrypte pour nous le choc de ce week-end...

Quelle opinion avez-vous de cette équipe de France ?
Depuis deux ans, elle a réalisé d’incroyables progrès dans différents secteurs. Déjà, la défense est bien plus agressive et organisée qu’elle ne l’était avant l’arrivée de Shaun Edwards, notamment autour des rucks. Ensuite, l’attaque est plus rationnelle quand elle s’appuyait auparavant sur le seul instinct des joueurs. Mais ce qui me frappe le plus, chez les Français, c’est leur dimension physique : désormais, ils rivalisent, attaquent et agressent pendant quatre-vingts minutes. On l’a d’ailleurs constaté face à la Nouvelle-Zélande, sur ce match où les Bleus avaient fini bien plus forts que les All Blacks. Et ce n’est pas donné à tout le monde, de battre une équipe néo-zélandaise qui venait de perdre six jours plus tôt (contre l’Irlande)…

Quels sont selon vous les joueurs clés de l’équipe de France ?
J’ai beaucoup d’admiration pour Grégory Alldritt. Il est non seulement très puissant, mais aussi très intelligent dans ses courses et toujours en recherche d’un soutien dans l’axe. […] La connexion entre Antoine Dupont et Romain Ntamack, partenaires à Toulouse, est également très intéressante pour un coach.

Quelle pourrait être la voie à suivre pour vaincre l’Irlande, samedi après-midi ?
Difficile à dire… La nouvelle dimension des Irlandais en attaque offre une autre problématique à la défense de l’équipe de France : comme nous aimons le faire au Leinster, les Diables Verts aiment porter le ballon, user, ronger l’adversaire jusqu’à la dernière minute. Samedi, les Français n’auront donc le droit au moindre relâchement et Shaun Edwards le sait forcément…

Quoi d’autre ?
Le triangle du fond des Français (Damian Penaud, Melvyn Jaminet et Gabin Villière) devra être au sommet de sa forme. La défense sous les ballons hauts est souvent déterminante, face à des joueurs comme Joey Carbery ou Conor Murray, lorsque celui-ci entrera en jeu.

À qui pensez-vous ?
Gary Ringrose (trois-quarts centre), Hugo Keenan (arrière) ou Andrew Conway (ailier) sont tous de formidables attaquants. Si les Français se concentrent trop sur Joey Carbery, ceux-ci exploiteront les espaces, sur les extérieurs…

Vous êtres le coach de Hugo Keenan au Leinster. Que pouvez-vous nous dire à son propos ?
Il a réalisé d’incroyables progrès ces derniers mois et surtout, a su prendre la place de Rob Kearney (l’arrière historique du Leinster et des Diables Verts) en équipe nationale. Il n’a pas eu peur de prendre des responsabilités. Il est rapide, technique, audacieux, talentueux…

On dit aussi beaucoup de bien de vos deux piliers, Andrew Porter et Tadhg Furlong…
Ils sont mobiles, très intéressants balle en mains et font leur partie du boulot en conquête directe. Ils sont en quelque sorte les fondations de cette équipe irlandaise.

Comment expliquez-vous qu’un petit pays comme l’Irlande produise autant de bons joueurs ?
Il y a beaucoup d’excellents coachs en Irlande. Je pense à Stephen Larkham et Johann Van Graan au Munster, Andy Friend au Connacht, Andy Farrell, Simon Easterby, Mike Catt en équipe nationale… En Irlande, le rugby scolaire regorge aussi de très grands techniciens. Le fait que les provinces irlandaises soient si liées à la fédération optimise aussi le système de formation de l’île. La réussite actuelle est tout sauf un accident.

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