La chronique de Richard Dourthe: "Tao, ce boucher..."

  • Romain Taofifenua a fait d'énormes dégâts sur les zones de ruck, face à l'Irlande.
    Romain Taofifenua a fait d'énormes dégâts sur les zones de ruck, face à l'Irlande. Icon Sport - Icon Sport
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Dans sa chronique, l'ancien international Richard Dourthe (31 sélections) décrypte la performance des Tricolores et s'attarde en partie sur l'apport du banc de touche, à l'heure de jeu. 

Quelle équipe est au niveau de cette équipe de France lorsqu'elle joue ainsi ? Quel adversaire peut la regarder dans les yeux quand elle signe une première mi-temps pareille ? Les Irlandais, on les a rongés, étouffés, étranglés ! Pendant trente minutes, on n'a pas vu la troisième nation mondiale. Rien, nada, oualou ! C'est bon, hein ? C'est si bon que depuis samedi, je me repasse même en boucle cette rencontre, la cinquième victoire consécutive de la troupe à Galthié, depuis l'automne. Je revois Grégory Alldritt, d'abord : lui a été piqué dans son orgueil en novembre ; il avait perdu sa place de titulaire, accusait le coup, regardait passer le train d'ener imposé par ses concurrents. Aujourd'hui, c'est lui qui pique tout le monde. Quelle performance, le Gersois ! En l'observant depuis les tribunes, j'ai toujours l'impression qu'il manque d'explosivité ou de vitesse mais c'est un tank, une montagne : il avance avec trois défenseurs sur le dos, les mecs rebondissent sur lui comme des mouches et tout ça pendant quatre-vingt minutes, s'il vous plaît...

Chez les Bleus, le numéro 8 rochelais est entouré de leaders de jeu, tels Romain Ntamack, Antoine Dupont ou Gaël Fickou, mais il est aussi escorté par de formidables leaders de combat, qu'ils se nomment Anthony Jelonch, Julien Marchand, Cyril Baille, Paul Willemse ou derrière, ce dingue de Gabin Villière. En clair, il aurait fallu aux Irlandais bien plus que ça pour réduire au silence le Stade de France et son équipe. Il aurait fallu aux Celtes un surplus d'imagination et quinze autres gonzes sur le banc de touche, pour répondre à la dimension physique qu'ont déployée les Bleus à Saint-Denis. Ceux-ci ont d'ailleurs gagné à vingt-trois, s'appuyant sur des remplaçants déchaînés : Thibaut Flament, Peato Mauvaka et surtout Romain Taofifenua ont fait des dégâts énormes à leur entrée sur le terrain et à ce jeu-là, Tao est un vrai boucher...

Je concluerai ces quelques lignes en disant que ce qui me rassure le plus, chez cette équipe de France, est qu'elle semble encore en avoir sous la pédale. Et si les Irlandais étaient au maximum de leurs possibilités samedi soir, les Français, eux, se sont laissés gagner par la facilité en deuxième période, ont quelques temps vécu sur leur nuage et se sont reposés sur le coup de pompe incroyable de Melvyn Jaminet . Ceci dit, il faut avouer que disposer d'un tel buteur est un luxe, un confort inroyable : dès que tu entres dans les cinquante mètres et que l'adversaire se met à la faute, tu sais que tu viens de marquer trois points. Et puisque je vois certains pisse-vinaigre critiquer sa performance dans le jeu aérien, je retiens, en tant qu'ancien arrière, qu'un dernier rempart doit aussi être protégé par ses coéquipiers sous les ballons hauts et qu'en la matière, il ne le fut pas vraiment contre l'Irlande. Alors ? Quand je vous dit que la marge de progression de cette équipe est encore énorme ?

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