Enfoncé dans la crise, où va Toulon ?

  • Toulon traverse une zone de turbulences
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Publié le , mis à jour

Provisoirement treizième du Top 14, confronté aux départs de plusieurs cadres et au courroux de ses supporters, Toulon traverse une zone de turbulences. Trois jours après l'annonce du retour de Pierre Mignoni, un succès contre l'Usap, ce samedi, viendrait apporter une accalmie des plus précieuses.

La météo est décidément capricieuse ces temps-ci sur la rade. Ce samedi, comme depuis le début de la semaine, le vent soufflera fort sur la côte méditerranéenne. Lundi, l’entraînement public programmé à La Seyne-sur-Mer avait dû être annulé in extremis, en raison de fortes pluies. La veille, le dimanche, la tempête avait grondé. Et la grêle était même tombée sur les Fadas, Mordus et autres Z’Acrau : en quelques heures, les amoureux du RCT avaient dû essuyer l’annonce du départ de Louis Carbonel, l’officialisation du retour au pays d’Eben Etzebeth ainsi que les interrogations autour du devenir de Jean-Baptiste Gros et Waisea Nayacalevu.

Pendant des années, les supporters toulonnais ont rendu envieux la France du rugby avec des stars et des titres à la pelle. Ils inspirent actuellement plus la compassion qu’autre chose. Imaginez donc. Sur le terrain, leur ambitieux RCT, avec son budget estimé à 32 millions d’euros, se retrouve à batailler pour le maintien au milieu du BO, de l’Usap et de Brive ; du côté du vestiaire, la fuite des talents internationaux et locaux n’en finit plus d’interroger sur le projet à court terme ; hors champ, la non-prolongation du contrat de Volkswagen, partenaire historique, vient noircir encore plus le tableau. Où va le RCT ? La question brûle toutes les lèvres, de Mayol au Mourillon : son banc de touche est un des plus instables du championnat, son effectif paraît plus hétérogène que jamais et la balance des arrivées et des départs en vue de la saison prochaine est largement déficitaire jusqu’à présent. De manière globale, le projet souffre de ses incohérences : les dirigeants disent vouloir miser sur la formation mais le club est à la traîne en la matière ; le « star-system » est prétendument terminé mais la tirelire a été cassée comme jamais pour attirer Cheslin Kolbe... sans retour sur investissement pour l’heure. On pouvait aimer ou pas Mourad Boudjellal mais sa politique avait le mérite de la clarté, sans même parler d’efficacité. Son successeur, plein de bonnes intentions, cherche encore son modèle gagnant. Peut-être l’a-t-il trouvé avec la nomination de Pierre Mignoni, nouveau maître d’œuvre du chantier, de retour à la maison pour reprendre le fils d’une histoire qui aurait sûrement dû ne jamais s’interrompre.

Mini-championnat pour le maintien

Mais revenons au terrain, puisque tout part de là, rappelons-le. Sportivement, les Rouge et Noir, treizièmes provisoirement, vont rapidement voir leur horizon se dégager… ou s’obscurcir. En deux semaines, ils vont affronter ce qui se trouve être leurs trois concurrents directs du moment, en fond de tableau : Perpignan à Mayol puis Brive au Stadium et Biarritz à Aguilera. Après cette trilogie du maintien, et avant de disputer leurs deux matchs en retard à Montpellier et contre La Rochelle, Baptiste Serin et ses partenaires seront fixés sur leur situation : s’offriront-ils une fin de saison relativement sereine, leur permettant de jouer un titre européen avec l’esprit libre, ou bien devront-ils lutter jusqu’au bout pour rester dans l’élite ?

Un autre facteur rend l’équation encore plus complexe : les quotas Jiff, pour lesquels Toulon est aussi en queue de peloton (15,8 de moyenne pour 16 attendus) avec le risque de se voir pénalisé en points à l’arrivée. Les quatre points arrachés face à Bordeaux-Bègles (21-18), samedi dernier, ont provisoirement rassuré les supporters et relancé la machine. Sous l’impulsion des Isa, Serin, Parisse et Etzebeth, le RCT a retrouvé quelques certitudes à défaut de sérénité. La fin de match houleuse contre les Girondins, marquée par l’exclusion de Rayan Rebbadj, a rappelé à tout le monde à quel point les Varois restent perfectibles, fragiles. Collectivement, le potentiel de l’effectif est loin de donner sa pleine mesure. Voir une équipe composée de Serin, Carbonel, Wainiqolo, Luc ou encore Kolbe pointer au dernier rang des attaques de l’élite - avec seulement 1,3 essai et 17 points par rencontre - tient de l’aberration. La victoire obtenue face au leader girondin peut-elle avoir provoqué le déclic tant attendu et lancer une montée en puissance ?

Les adeptes de Mayol veulent y croire et attendent une prestation aboutie face à l’Usap. Elle permettrait de s’extraire de la zone rouge et de dépasser l’adversaire du jour. Trois jours après l’annonce tant attendue du retour de « Pierrot» Mignoni sur la rade, Cheslin Kolbe et ses partenaires se doivent de respecter cette obligation de résultat. Car aussi déterminé et avisé soit l’ancien demi de mêlée et futur directeur sportif, l’espoir et la révolte sont censés venir du terrain, avant toute chose.

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