Grenoble, le sale air de la peur

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Enfin conscients d’être mêlés à la lutte pour le maintien en raison de leur catastrophique bilan au stade des Alpes, les Grenoblois disputeront face à Aurillac un match sous une immense pression, sous peine de sombrer dans la zone rouge…

Oubliez, enterrez pour de bon l’idée d’un Grenoble favori désigné par les entraîneurs de Pro D2, candidat naturel au Top 14. Car après un exercice 2020-2021 déjà marqué du sceau de l’irrégularité, les Alpins ont fini par sombrer plus bas encore, aux portes de la zone de relégation à dix journées de la fin du championnat. Un crève-cœur pour leurs plus fervents supporters, qu’il s’agit toutefois d’affronter en face. "Aujourd’hui, il n’est pas l’heure de se mentir, et le fait que nous soyons engagés dans la lutte pour le maintien est une évidence, convient le président du club Nicolas Cuynat. Mais il faut toujours voir le côté optimiste des choses et je suis persuadé que pour notre jeune groupe, relever ce challenge dans la difficulté peut être extrêmement formateur et une énorme expérience pour l’avenir." "Avant de chercher à positiver cette situation, la première étape, c’est d’abord de l’accepter et on a beaucoup travaillé là-dessus, tempère le manager Fabien Gengenbacher. Quand on est focalisé sur un objectif et que celui-ci change en cours de saison, ce n’est pas facile de l’accepter pour s’y conditionner, mais nous n’avons malheureusement pas le choix." "Oui, cette fois c’est ancré et bien ancré dans les têtes, même si on a pu croire un instant qu’on allait y échapper, admettait le troisième ligne Antonin Berruyer. Le truc, c’est qu’on s’est finalement vite rendu compte que Bayonne avait été quelque part le match rêvé, où nous avons évolué en surrégime. On a été capable de faire un exploit, c’était bien, mais voilà… Personne ne s’attendait à pareil scénario, on en parlait quelquefois sans trop y croire, mais là ça y est, on ne peut pas se cacher la vérité."

Départs subis et victoires mensongères

Faut-il en déduire que, ces derniers mois, le club alpin s’est laissé griser par son présumé statut, refusant d’admettre la réalité de son niveau en face ? C’est malheureusement une évidence, quand bien même le FCG peut avancer certaines circonstances atténuantes pour expliquer sa chute. "Je ne veux pas revenir sur tous les incidents qui ont pollué notre début de saison, mais ils ont été nombreux, pointe Cuynat. À la fin de l’été, nous avons enregistré les départs de joueurs sur lesquels Fabien Gengenbacher comptait beaucoup, comme Jérôme Rey, Leva Fifita ou Deon Fourie, que nous avons dû remplacer dans l’urgence, sans oublier la grave blessure de Jean-Charles Orioli… Tout cela fait que nous n’avons jamais pu jouer avec l’ossature que nous espérions lorsque nous préparions cette saison." Un constat lucide, prolongé par Gengenbacher. "Il faut bien admettre que certaines de nos victoires étaient quelque peu mensongères, comme notre dernier succès à Bayonne. Parfois, quand on gagne, on oublie de se demander pourquoi… Le problème est qu’après chacun de nos bons résultats depuis le début de la saison, nous n’avons jamais réussi à enchaîner, signe que nous n’avons pas forcément grandi. Sauf qu’on est aujourd’hui dans une situation où l’on ne peut plus se permettre de ne pas être constant dans notre investissement, ce que l’on a cherché à faire comprendre aux joueurs pour qu’ils se focalisent désormais sur le maintien."

Un défi pour la jeunesse

Un objectif pour lequel les Isérois ont au moins le mérite d’afficher une belle unité dans les discours, qu’il s’agit désormais de traduire en actes. "J’ai confiance, jure le président Nicolas Cuynat. Je l’ai dit et je le répète haut et fort : cette saison est un pari, et un pari que nous allons gagner. Peut-être avons-nous affiché un projet de jeu qui était peut-être un peu trop ambitieux par rapport à la réalité de l’effectif, mais tout cela a maintenant été régulé. On ne s’attendait pas vraiment à ce type de saison et on repartira de plus loin la saison prochaine, mais s’il le faut, on passera par là. Pour notre ville, pour notre territoire, nos partenaires ou nos supporters, nous devons juste aller chercher ce maintien, le plus rapidement possible." "On a déjà joué le maintien au niveau au-dessus, mais quand on lutte en Top 14 pour ne pas descendre en Pro D2, les enjeux ne sont pas les mêmes, jure Berruyer. La pression d’une descente en Nationale, c’est la remise en cause du statut professionnel du club. Tu te retrouves à jouer avec les contrats de tes coéquipiers et ceux des employés du club… La pression est d’autant plus forte, mais je veux en voir le côté positif. Pour notre équipe qui est très jeune, ça ne peut être qu’une expérience très forte pour l’avenir. Nous sommes nombreux à être issus de la formation du FCG, et je suis convaincu que c’est une chance dans notre nouvel objectif, car on n’a forcément pas les mêmes accroches que des joueurs qui ne sont là que depuis deux, trois ans. On va jouer pour l’avenir de notre club, et ça doit nous donner ce supplément d’âme pour atteindre nos objectifs."

Celui de rester en Pro D2, donc, qui passera par retrouver une certaine sérénité à domicile, où les Grenoblois enchaînent les revers depuis le début de la saison (16 points marqués seulement, pire bilan devant Narbonne). "Désormais, toutes les équipes viennent à Grenoble pour prendre des points et c’est logique au vu de nos résultats cette saison, grince Gengenbacher. Cela peut s’expliquer en partie par le fait que nous n’avons pas pu faire la moindre mise en place au stade des Alpes depuis trois mois, ça n’aide pas exactement à se sentir chez soi et à s’approprier les lieux… Il y a surtout le fait que nous sommes incontestablement plus inhibés à domicile, mais il ne faut pas se leurrer : dans la lutte pour le maintien, les matchs à l’extérieur vont désormais être soumis à autant de pression que ceux à la maison." Autant dire que si le FCG souhaite se donner un peu d’oxygène alors qu’il commence à respirer le sale air de la peur, son salut passera forcément par des rendez-vous comme celui de ce vendredi soir au stade des Alpes…

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