XV de France - Uini Atonio vu par Patrice Collazo : « À La Rochelle, c’est lui le vrai capitaine »

  • Patrice Collazo avait repéré Uini Atonio au début des années 2010 et l’a entraîné pendant sept ans. Personne d’autre ne connaît mieux le phénomène.
    Patrice Collazo avait repéré Uini Atonio au début des années 2010 et l’a entraîné pendant sept ans. Personne d’autre ne connaît mieux le phénomène. Icon Sport - Icon Sport
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Patrice Collazo avait repéré Uini Atonio au début des années 2010 et l’a entraîné pendant sept ans. Personne d’autre ne connaît mieux le phénomène.

Sa forme du moment

« Je ne suis pas du tout surpris par ses récentes performances. Lui le premier ne connaît pas la marge de progression qui lui reste. Je suis convaincu qu’il peut aller encore plus haut. Il va encore franchir des paliers s’il s’en donne les moyens. Il a eu un passage à vide qui n’a pas duré bien longtemps. Il a eu tendance à jouer sur ses qualités mais il a pris conscience de ce qu’il devait faire pour passer un cap ».

Ce qui le rend si fort

« Il est beaucoup plus régulier en mêlée. Désormais, il prend autant de plaisir à pousser qu’à réaliser une passe sur un pas. C’est une nouveauté pour lui. Il s’est façonné au fil des saisons avec La Rochelle. Avant, il se contentait de faire peser sa masse. Maintenant, il s’intéresse à la technique, il a de la maîtrise… Et puis, il faut dire qu’il a soit Skelton soit Willemse derrière lui… Ça vous fait un axe droit à près de 300 kg. De manière globale, il a pleinement pris la mesure de son impact physique. Ça s’est vu face à l’Italie et l’Irlande, notamment, où il a asséné deux énormes tampons sur le haut du corps. Il a cette capacité rare à marquer l’adversaire. Il le fait autant défensivement qu’en attaque dorénavant. Pour le reste, vous pouvez le faire jouer dans tous les registres étant donné qu’il a la technique d’un trois-quarts. C’est tout ça qui fait sa force et le rend atypique ».

Sa mentalité

« Il a besoin d’être challengé. Son plus gros ennemi, c’est lui-même. Comme il a beaucoup de facilités, il peut s’installer dans une certaine forme de confort. Mais au pied du mur, il sait se remettre en question. Il tourne tout en dérision mais je peux vous garantir que c’est un sacré compétiteur. Il a aussi besoin de voir qu’il compte dans un système. Et c’est mieux s’il a un lien avec la personne qui l’accompagne. Si vous l’impliquez, il vous le rendra largement. À côté de ça, dans sa tête, il a encore 20 ans. Je l’ai connu quand il avait 19 ans… Cet enthousiasme est un gros avantage. Ça se voit, il rigole de tout. Il est porté par cette jeunesse qu’il garde en lui-même s’il est désormais papa de deux enfants. Il continue de jouer pour son plaisir ».

Son statut

« J’avais arrêté le calcul à 35 mais il ne doit plus être loin des 50 sélections (41, N.D.L.R.). Ce qui est remarquable, c’est qu’il a de la longévité sur ses deux carrières, en sélection et en club. Cette performance est très dure à réaliser. Il a toujours donné la priorité au Stade rochelais. Il a une grosse culture club. Il tourne à 20 ou 25 matchs par saison, c’est colossal. Il n’est presque jamais blessé. Il y a très peu de joueurs qui ont cette capacité à enchaîner les performances comme lui. À La Rochelle, c’est lui le vrai capitaine. Il a une vraie maturité dans le discours. Et il génère de la confiance dans ce qu’il apporte physiquement ».

L’avenir

« Il a tout pour être un joueur majeur de la prochaine Coupe du monde. Il coche toutes les cases du haut niveau. Il y a beaucoup de très bons piliers en France actuellement. Mais s’il décide que ça doit être lui, Uini Atonio a toutes les chances d’y arriver ».

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